122 000 joueurs simultanés sur trois plateformes, puis 233 000 en moins de deux semaines. Ce bond spectaculaire ne concerne pas le dernier AAA sorti en fanfare, mais un jeu de 2018 : Assassin’s Creed Odyssey. Derrière ce retour inattendu, un film sorti le 17 juillet 2026 : The Odyssey, le péplum à grand spectacle qui a électrisé les box-offices et, par ricochet, rempli les serveurs d’Ubisoft.
Ce phénomène dépasse le simple effet de mode. Il révèle quelque chose de plus profond sur la manière dont un jeu vidéo peut traverser les années et retrouver une seconde vie grâce à une œuvre culturelle sans lien direct avec lui. Décryptons pourquoi Odyssey coche toutes les cases pour ce genre de résurrection.
Un bond de 90 % en dix jours : les chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Les données publiées par Alinea Analytics sont sans ambiguïté. Sur les dix jours suivant la sortie du film, la base de joueurs actifs d’Assassin’s Creed Odyssey a progressé de 90 % toutes plateformes confondues. Mais le détail par système est encore plus éloquent :
| Plateforme | Joueurs avant | Joueurs après | Progression |
|---|---|---|---|
| Xbox | 36 000 | 84 000 | +134 % |
| PlayStation | Données partielles | Hausse confirmée | +94 % |
| Steam | Données partielles | Hausse confirmée | +26 % |
La domination de Xbox s’explique logiquement. Odyssey figure dans le catalogue Xbox Game Pass et dans Ubisoft+, ce qui abaisse considérablement la barrière à l’entrée. Pas besoin d’acheter le jeu : il suffit d’avoir un abonnement actif pour se lancer. Cette accessibilité a clairement démultiplié l’effet de curiosité généré par le film.
Sur PC via Steam, la progression plus modeste (26 %) reflète un public souvent plus ciblé, moins susceptible de plonger dans un titre de huit ans simplement parce qu’un film partage un nom avec lui. Cela dit, même 26 % de croissance pour un jeu sorti en 2018, c’est franchement remarquable.
Pourquoi Odyssey et pas un autre Assassin’s Creed ?
La réponse tient en un mot : cohérence. Assassin’s Creed Odyssey se déroule en Grèce antique, à l’époque des guerres du Péloponnèse, au Ve siècle avant J.-C. Le jeu ne se contente pas d’utiliser le décor hellénique comme fond d’écran : il l’intègre dans ses mécaniques, ses quêtes et sa narration. On croise des références explicites à Ulysse, des objets nommés d’après sa famille, des fresques qui évoquent directement l’épopée homérique.
Le film de Christopher Nolan, lui, tire immédiatement de l’Å“uvre d’Homère. La thématique du voyage, de l’identité et du retour forme un socle commun entre les deux Å“uvres, même si leur traitement diverge radicalement. Là où le film suit fidèlement la trame mythologique, Ubisoft mélange allègrement la mythologie grecque à son cadre science-fiction habituel, avec Assassins, Précurseurs et fragments d’Eden mêlés aux dieux de l’Olympe. Deux visions, deux médiums, mais une même Grèce.
Voici ce qui différencie concrètement les deux œuvres dans leur rapport au mythe :
- The Odyssey (film) : adaptation linéaire et fidèle de l’épopée homérique, centrée sur le retour d’Ulysse à Ithaque.
- Assassin’s Creed Odyssey (jeu) : utilisation libre de la mythologie grecque intégrée au lore Assassin’s Creed, avec Alexios ou Kassandra comme protagonistes originaux.
- Les deux partagent des noms, des lieux et des symboles communs, sans que l’un ne soit l’adaptation de l’autre.
Ubisoft n’a pas raté l’opportunité. Sur ses réseaux sociaux, l’éditeur a publié plusieurs posts rapprochant les deux univers, allant jusqu’à superposer le logo du film sur des captures d’écran du jeu. Cette stratégie, simple mais efficace, a nourri la curiosité des spectateurs fraîchement sortis de la salle.
Ce que ce retour dit sur la franchise Assassin’s Creed
Franchement, la saga d’Ubisoft traverse une période contrastée. Assassin’s Creed Shadows, sorti en 2025, a reçu un accueil mitigé, coincé entre des attentes immenses et un développement chaotique. Le retour massif vers Odyssey n’est pas anodin : il signale que les joueurs ont une affection réelle pour certains chapitres de la franchise, même quand ils boudent les dernières sorties.
C’est aussi un signal fort sur la durabilité d’un jeu bien conçu. Sorti en octobre 2018, Odyssey propose entre 50 et 100 heures de contenu principal selon le style de jeu, sans compter les DLC. Le Destin de l’Atlantide et L’Héritage de la Première Lame ajoutent encore une vingtaine d’heures chacun. Pour les joueurs à la recherche d’un monde ouvert dense, le titre reste une valeur sûre, d’autant plus accessible via les abonnements.
Pour quiconque a adoré le film et cherche à prolonger l’immersion dans la Grèce antique, Assassin’s Creed Odyssey reste l’une des options les plus généreuses du marché. Le jeu peut facilement occuper les semaines à venir, bien au-delà de la sortie de The Odyssey en VOD ou en édition physique prévue plus tard cette année. Et si vous n’avez jamais touché à la saga, c’est peut-être par là qu’il faut commencer, plutôt que par les épisodes les plus récents. Parfois, les vieux millésimes tiennent mieux la route que les nouvelles bouteilles.

