Neil Newbon a remporté le prix de la meilleure performance aux Game Awards 2023 pour avoir incarné Astarion dans Baldur’s Gate 3. Ce chiffre dit tout : le vampire aux cheveux blancs est devenu l’un des personnages les plus adulés du jeu vidéo récent. Et maintenant, il va avoir son propre roman préquel. Prévu pour le 29 septembre 2026, Baldur’s Gate 3 : Astarion promet de plonger les fans dans les années les plus sombres de cet elfe haut au service de Cazador Szarr.
Un préquel qui n’élude rien de la noirceur d’Astarion
L’autrice derrière ce projet, T. Kingfisher, ne mâche pas ses mots. Sur Bluesky, elle a décrit le roman avec une franchise désarmante : « Ce personnage a un passé abusif vraiment tordu. On le traite bien, je crois, mais AVERTISSEMENTS DE CONTENU. Le livre est SOMBRE. » Elle précise également que, s’agissant d’un préquel, il se termine forcément dans un endroit très noir — ce qui, pour quiconque connaît l’histoire d’Astarion dans le jeu, n’a rien de surprenant.
L’intrigue se déroule avant les événements de Baldur’s Gate 3 et suit Astarion durant ses décennies de servitude forcée sous les ordres du seigneur vampire Cazador Szarr. C’est précisément cette période que le jeu n’examine qu’en fragments, à travers des dialogues chargés de sous-entendus et quelques séquences traumatisantes. Le roman comble ce vide narratif avec une ambition assumée.
Pour les fans du RPG de Larian Studios, c’est une opportunité rare : comprendre comment Astarion est devenu ce qu’il est au début de l’aventure. La psychologie du personnage, son cynisme défensif, sa dualité entre charme calculé et vulnérabilité enfouie — tout cela trouve ses racines dans ces années de captivité que le livre va analyser. Franchement, peu de personnages de jeu vidéo méritent autant une telle extension narrative.
Une collaboration éditoriale ambitieuse autour de l’univers du jeu
Ce roman ne sort pas de nulle part. Il fait partie d’un partenariat éditorial entre Random House Worlds et Wizards of the Coast, visant à développer l’univers de Baldur’s Gate 3 à travers plusieurs formats. Quatre titres distincts composent cette collection, chacun pensé pour un public différent.
| Titre | Date de sortie | Format |
|---|---|---|
| Baldur’s Gate 3 : The Necromancy of Thay | 21 juillet 2026 | Carnet reproductible (objet du jeu) |
| The Official Baldur’s Gate 3 Coloring Book | Été 2026 | 40 dessins noir et blanc |
| Baldur’s Gate 3 : Astarion | 29 septembre 2026 | Roman préquel |
| A Feast for a Tenday : The Official Baldur’s Gate Cookbook | 3 novembre 2026 | 65 recettes inspirées du jeu |
La cohérence narrative du roman a été assurée par Stephen Rooney, rédacteur senior de Baldur’s Gate 3 chez Larian Studios, qui a participé avec mon expérience de consultant. Sa présence garantit que le livre respecte scrupuleusement le lore du jeu — un point non négligeable quand on sait à quel point la communauté est pointilleuse sur la fidélité à l’univers.
Du côté de l’adaptation audio, c’est Neil Newbon lui-même qui narrera l’audiobook. Ce choix est à la fois logique et enthousiasmant : retrouver la voix originale d’Astarion pour cette plongée dans son passé traumatique ajoute une couche d’authenticité difficile à égaler.
T. Kingfisher, le bon choix pour un récit aussi exigeant
Confier ce roman à T. Kingfisher n’est pas un hasard. Cette autrice de fantasy, connue notamment pour ses Å“uvres mêlant horreur et narration psychologique, dispose d’un style qui colle particulièrement bien aux thématiques d’Astarion. Elle excelle à traiter des sujets lourds — trauma, emprise, survie — sans les édulcorer ni les exploiter de manière gratuite.
Voici ce que les lecteurs peuvent raisonnablement attendre de ce roman :
- Une exploration approfondie de la dynamique d’emprise entre Cazador et Astarion
- Des éléments de lore inédits sur la ville de Baldur’s Gate et ses bas-fonds
- Un traitement sérieux des thématiques d’abus et de manipulation psychologique
- Une narration à la première personne potentiellement percutante, amplifiée par la voix de Neil Newbon en version audio
Pour moi, l’engagement de Kingfisher à ne pas esquiver la noirceur du sujet est la meilleure garantie que ce livre ne tombera pas dans le fan-service facile. Elle avertit elle-même que « ça se termine dans un endroit vraiment sombre » — et c’est exactement ce qu’il faut pour une histoire d’esclavage vampirique qui dure deux cents ans.
Quand la littérature prolonge l’expérience vidéoludique
Larian Studios a depuis tourné la page et travaille désormais sur Divinity, abandonnant officiellement Baldur’s Gate 3 à son sort post-lancement. Mais l’univers du jeu, lui, continue d’évoluer. Ce roman préquel illustre parfaitement comment une adaptation littéraire peut enrichir rétrospectivement un jeu vidéo, en donnant une profondeur supplémentaire à des personnages déjà bien construits.
Les joueurs ayant romancé Astarion ou simplement suivi son arc narratif savent que son histoire personnelle est l’une des plus complexes du jeu. Lui consacrer un roman entier permet d’aller bien au-delà des contraintes du format interactif. Un livre n’a pas à gérer des arbres de dialogue, des conséquences de choix ou une durée de session — il peut s’attarder sur chaque détail psychologique, chaque moment de brisure, avec une précision que le jeu ne pouvait qu’effleurer.
Si vous êtes fan d’Astarion, ne passez pas à côté de cet ouvrage en septembre. Et si vous n’avez pas encore lancé une partie de Baldur’s Gate 3, ce roman pourrait bien être la meilleure porte d’entrée vers l’un des RPG les plus marquants de la décennie.

