2,7 millions de dollars dépensés, six mois de traque acharnée… et une notation PSA calamiteuse au bout. L’échec de Logan Paul avec ses cartes Pokémon CoroCoro ressemble exactement au genre de fail que j’aurais analysé dans le détail sur un stream, manette posée, café froid, en mode « ok, on débriefe ». Parce que là, il y a vraiment matière.
La quête des cartes CoroCoro : un projet à 2,7 millions qui tourne au fiasco
Voilà le contexte : le magazine japonais CoroCoro Comic a distribué, une semaine avant la sortie officielle des cartes Pokémon au Japon, des planches non découpées. Logan Paul et ses fans les présentent comme les toutes premières cartes Pokémon jamais vendues. Les collectionneurs hardcore, eux, pointent les cartes imprimées par Bandai comme les véritables pionnières. Paul ne semble pas s’attarder sur ce débat, ce qui en dit long sur ses motivations réelles.
Sur une période de six mois, il a investi environ 2,7 millions de dollars pour réunir les meilleurs exemplaires de ces planches. La difficulté est réelle : les magazines se vendent individuellement à des centaines de milliers de dollars, et le simple fait de décoller puis découper les cartes risque de les endommager irrémédiablement. J’aurais presque du respect pour la démarche si le contexte général n’était pas aussi suspect.
Le YouTuber a ensuite envoyé ses cartes à la PSA (Professional Sports Authenticator), le service de référence en matière de notation et d’authentification des cartes de collection. Un tableau pour comprendre ce que ces notes impliquent concrètement :
| Note PSA | Qualité | Impact sur la valeur |
|---|---|---|
| 10 | Gem Mint (parfaite) | Valeur maximale |
| 8-9 | Très bonne à excellente | Valeur élevée |
| 5-7 | Acceptable à bonne | Valeur moyenne |
| 1-4 | Mauvais à médiocre | Valeur faible |
Résultat : ses cartes ont obtenu des notes désastreuses, bien loin du PSA 10 qu’il espérait décrocher en premier. Son objectif affiché était de devenir le premier collectionneur à atteindre ce grade sur une carte CoroCoro. Raté.
Marketing déguisé ou obsession sincère ? La communauté Pokémon répond
Difficile de ne pas voir la mécanique derrière tout ça. Une grande partie de la fortune estimée de Paul, 150 millions de dollars, repose sur sa collection de cartes Pokémon. Créer du buzz autour de pièces rares qu’il possède déjà, c’est une façon d’entretenir leur valeur. C’est du game design financier, et franchement, c’est bien moins élégant qu’un bon système de progression en RPG.
La vidéo YouTube de près d’une heure qu’il a publiée pour raconter sa quête montre qu’il sait raconter une histoire. Je reconnais le talent de storytelling, même chez quelqu’un dont je questionne les intentions. Mais l’emballage cinématique ne change pas le fond : après l’échec, il a tenté de le requalifier sur les réseaux sociaux en « quête universelle du collectionneur » avec une formule cryptique :
- Obsession
- Poursuite
- Échec
- Remise en question
- Ascension
Les fans Pokémon n’ont pas gobé la mise en scène. Sur X, les commentaires sous sa publication cinglaient fort : « larper », « tu as détruit toute une communauté ». Un utilisateur lui a écrit directement : « I hope you know that. » Et le 30 juillet 2026, il recommence, cette fois en décollant une nouvelle planche CoroCoro devant un public en direct, en promettant un résultat parfait. Coup de marketing ou vrai défi ? Probablement les deux, et c’est précisément ça le problème.
Ce qui m’intéresse dans cette histoire, c’est moins l’échec en lui-même que ce qu’il révèle sur l’économie des cartes à collectionner : quand un créateur à 150 millions de followers s’intéresse à une niche, il ne la rejoint pas, il la transforme. Et pas toujours dans le bon sens.
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