Ubisoft dévoile enfin son opus japonais tant attendu sur la Switch 2 de Nintendo, marquant le retour de la licence emblématique sur une console de la firme de Kyoto. Ce test complet examine les performances techniques, le gameplay et l’expérience globale offerte par cette version portable d’un titre AAA ambitieux.
Une adaptation technique impressionnante malgré quelques compromis
Le portage sur Switch 2 représente un défi considérable pour cette production de grande envergure. Les équipes d’Ubisoft ont misé sur des technologies avancées comme le DLSS pour l’upscaling et le VRR en mode portable, garantissant une expérience visuellement convaincante. Les sacrifices graphiques réalisés pour maintenir la fluidité restent discrets, bien que perceptibles pour les joueurs familiers des versions PlayStation 5 ou Xbox Series X.
L’exploration de la région du Kansai révèle un monde ouvert riche en détails, où les changements saisonniers transforment constamment les paysages. Chevaucher à travers les campagnes japonaises tandis que le vent soulève feuilles et débris végétaux procure une atmosphère remarquablement immersive. La palette colorée et la densité visuelle témoignent du travail d’optimisation accompli.
Néanmoins, certaines limites apparaissent dans les zones urbaines densément peuplées comme Osaka. Le taux d’images par seconde chute parfois sous la barre des 30 fps, particulièrement en mode nomade. Ces baisses de performance se manifestent régulièrement lors des déplacements dans les secteurs grouillants de vie. Les combats multiples, pourtant plus exigeants en ressources avec leurs effets pyrotechniques, maintiennent paradoxalement une meilleure stabilité.
| Mode de jeu | Performances | Points forts | Points faibles |
|---|---|---|---|
| Mode docké | Stable à 30 fps | Meilleure définition visuelle | Quelques baisses en ville |
| Mode portable | Variable 25-30 fps | VRR activé | Instabilité notable en zones denses |
| Combat | Fluide | Gère bien les effets | Ralentissements rares |
| Infiltration | Excellente | Caméra stable | Aucun |
Deux héros aux mécaniques de jeu radicalement opposées
L’innovation majeure repose sur la dualité des protagonistes, offrant deux approches diamétralement distinctes. Naoe incarne l’assassin traditionnel, agile et furtif, maîtrisant la lame cachée emblématique de la franchise. Elle excelle dans les déplacements verticaux sur les toits, l’extinction des sources lumineuses pour se fondre dans l’obscurité, et l’utilisation d’outils pour échapper aux affrontements directs.
Yasuke, ancien esclave mozambicain devenu samouraï sous Nobunaga Oda, constitue son opposé absolu. Véritable forteresse ambulante revêtue d’armure, il fracasse les portes, écrase les groupes ennemis et privilégie les méthodes frontales. Sa stature imposante le rend inadapté aux approches discrètes : il traverse maladroitement les cordes tendues et s’effondre lourdement lors des sauts de la foi, dans des séquences presque comiques.
Cette opposition crée une variété stratégique inédite dans la série. Face à un avant-poste ennemi, le choix entre infiltration subtile et assaut brutal transforme radicalement l’expérience. Les arbres de compétences étendus accentuent encore ces différences, permettant de spécialiser chaque personnage selon vos préférences. Le Kusarigama de Naoe et l’arsenal Teppo de Yasuke illustrent cette diversité d’équipements et de styles de combat.
Les principales forces et faiblesses de chaque personnage s’articulent ainsi :
- Naoe : excellente en infiltration et parkour, fragile en combat rapproché, nécessite planification et patience
- Yasuke : dominant en affrontement direct, incapable de discrétion, idéal pour les assauts frontaux
- Flexibilité tactique : possibilité d’alterner librement entre les deux dans la plupart des missions
- Quêtes dédiées : certaines missions imposent l’un ou l’autre personnage selon le contexte narratif
Un monde gigantesque au contenu parfois répétitif
La période Sengoku sert de toile de fond à cette aventure titanesque, proposant une intrigue de vengeance familiale mêlée aux bouleversements historiques du Japon féodal. Naoe recherche un mystérieux héritage familial tout en traquant le clan masqué des Onryo, tandis que Yasuke traverse une quête identitaire et morale au service de figures historiques.
L’Animus, élément narratif récurrent, demeure relégué en arrière-plan. Une voix omnisciente rappelle sporadiquement que vous contrôlez des personnages eux-mêmes manipulés, sans que cela n’interfère véritablement avec l’expérience. Cette distance narrative convient parfaitement à ceux qui privilégient l’action historique aux mystères métaphysiques.
Le volume de contenu proposé atteint des proportions démesurées. La campagne principale dévore facilement 80 à 100 heures, accompagnée de centaines de quêtes secondaires et d’activités Animus régénératives à l’infini. De nouvelles organisations criminelles émergent constamment, enrichissant votre liste d’objectifs. Pour les amateurs de jeux-services, cette profusion garantit plusieurs centaines d’heures d’occupation.
Pourtant, cette abondance révèle une conception parfois mécanique. Trop de missions se réduisent à traverser la carte pour dialoguer avec un PNJ, puis refaire le trajet inverse pour valider l’étape suivante. Les mini-jeux de peinture animalière ou la construction de base apportent une variété bienvenue sans d’un autre côté masquer cette structure répétitive. La nostalgie des aventures plus concentrées d’Altaïr et Ezio surgit régulièrement.
L’expérience Switch 2 et les perspectives d’évolution
La compatibilité Ubisoft Connect permet de transférer votre progression entre plateformes, facilitant la transition entre console de salon et expérience portable. Les commandes tactiles, bien que limitées aux menus et au constructeur de base, constituent un ajout ergonomique appréciable. L’absence de support souris déçoit légèrement pour un titre également disponible sur PC.
Cette version Switch 2 intègre tous les correctifs déployés sur les autres systèmes depuis le lancement original en mars 2025. L’extension Claws of Awaji, non incluse dans le package de base, sera proposée séparément courant février. Cette stratégie commerciale classique permet néanmoins d’acquérir une version complète et stable dès maintenant.
L’exploit technique réalisé rappelle l’adaptation remarquable de DOOM en 2017, démontrant que la Switch 2 peut accueillir des productions AAA exigeantes moyennant des optimisations intelligentes. Quelques textures manquent occasionnellement de netteté et certains modèles de personnages affichent un aspect cireux dans les dialogues, mais ces défauts restent anecdotiques face à l’ensemble de la réalisation.
Au final, cette version portable représente une prouesse d’adaptation qui ravira les possesseurs de Switch 2 désireux d’chercher le Japon féodal. L’alternance entre Naoe et Yasuke renouvelle suffisamment la formule pour séduire les habitués comme les novices, malgré une structure de quêtes perfectible et quelques instabilités techniques inhérentes au support.

