cette statistique sur votre bibliothèque steam va sans doute vous étonner..

Le phénomène de l’accumulation de jeux vidéo sans jamais les jouer, similaire au terme japonais tsundoku qui désigne l’action d’acheter des livres pour les laisser ensuite sur l’étagère sans les lire, est bien réel dans l’univers numérique, spécifiquement sur la plateforme de distribution Steam. Une analyse réalisée par GameDiscoverCo et publiée via GamingAnalytics.info a mis en lumière que pratiquement un tiers des jeux sur Steam ne sont jamais lancés par leurs propriétaires. Cette situation, loin d’être anodine, révèle plusieurs dynamiques intéressantes au sein de la communauté des joueurs et des pratiques commerciales des distributeurs de jeux vidéo.

Les moteurs de l’acquisition massive de jeux

Il existe plusieurs facteurs explicatifs à cette tendance d’accumulation sans consommation. Tout d’abord, les services de jeux par abonnement ou les offres spéciales comme Humble Choice, qui proposent des lots de jeux à des prix avantageux, encouragent les utilisateurs à enrichir leur bibliothèque Steam de titres auxquels ils ne joueront peut-être jamais. L’attrait des réductions importantes joue également un rôle crucial dans cette dynamique. Les joueurs sont souvent tentés par l’achat d’un jeu en promotion, même s’ils n’ont pas l’intention immédiate d’y jouer, poussés par l’idée de faire une bonne affaire.

De plus, selon une enquête citée par GameDiscoverCo, réalisée par Ultra sur 2000 participants, 75% des joueurs trouvent que les jeux AAA (productions à haut budget) sont trop chers, et seulement 36% d’entre eux sont prêts à acheter des jeux au prix fort. Cette tendance à privilégier les achats à prix réduit ou via des bundles, où les jeux gratuits et en promotion représentent chacun 32% des acquisitions, souligne une certaine rationalisation des dépenses des utilisateurs.

La découverte de nouveaux jeux : entre recommandations et plateformes sociales

La manière dont les joueurs découvrent de nouveaux titres joue un rôle non négligeable dans l’accumulation de jeux non joués. Une grande partie des joueurs se fie aux recommandations sur Youtube, avec 36% d’entre eux utilisant cette plateforme pour découvrir de nouveaux jeux. Les amis représentent également une source importante d’inspiration pour 34% des joueurs, tandis que des plateformes comme TikTok et Twitch influencent respectivement 14% et 12% des décisions d’achat. Cet écosystème de recommandation participe à l’augmentation significative des bibliothèques de jeux, bien que cela n’entraîne pas nécessairement un taux de jouabilité élevé.

De surcroît, il est intéressant de noter que, malgré l’accumulation, un record de connectivité a été enregistré sur Steam, mettant en évidence une activité importante sur la plateforme, indépendamment du nombre de jeux non joués dans les bibliothèques des utilisateurs.

Une perception économique du phénomène

Le facteur économique joue un rôle central dans cette tendance à accumuler des jeux sans les jouer. L’achat impulsif lors de promotions ou l’inclusion de jeux dans des bundles à des prix dérisoires ôte la sensation de gaspillage financier, même lorsque le jeu reste inutilisé. Cette perception modifie la relation traditionnelle entre l’achat et la consommation, permettant aux joueurs de se constituer une importante bibliothèque virtuelle sans pour autant ressentir le besoin de tout explorer. Il s’agit d’une forme de collecte numérique où la quantité peut parfois primer sur l’expérience de jeu elle-même.

Ce phénomène reflète une mutation des habitudes de consommation dans le domaine des jeux vidéo, où l’accès à une vaste sélection de titres à prix réduit ou via des abonnements modifie profondément les modes d’acquisition et d’interaction avec les contenus ludiques.

Stratégies pour une bibliothèque steam plus jouée

Face à ce constat, plusieurs stratégies peuvent être envisagées par les joueurs et les développeurs pour réduire le pourcentage de jeux jamais ouverts sur Steam. D’une part, les utilisateurs pourraient adopter une approche plus sélective dans leurs acquisitions, en privilégiant la qualité à la quantité et en se concentrant sur des jeux qu’ils souhaitent réellement jouer. D’autre part, les développeurs et distributeurs pourraient envisager des mécaniques de valorisation des jeux déjà acquis, telles que des récompenses pour l’achèvement de jeux ou des remises sur des achats futurs basées sur le taux d’utilisation de la bibliothèque Steam.

Ce changement de paradigme pourrait contribuer à enrichir l’expérience utilisateur sur Steam, en mettant l’accent sur la découverte et l’appréciation réelle des jeux, plutôt que sur leur simple accumulation. En fin de compte, cette évolution pourrait bénéficier à l’ensemble de l’écosystème du jeu vidéo, en renforçant la connexion entre les joueurs et les créateurs, et en valorisant les expériences ludiques de qualité.

En intégrant ces perspectives, il est possible de concevoir une relation plus équilibrée et enrichissante avec les jeux vidéo, où chaque acquisition deviendrait l’occasion d’une nouvelle aventure, plutôt qu’un ajout supplémentaire à une collection numérique déjà pléthorique.

La Rédac'
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