4,9 milliards de dollars de revenus en 2025, soit une hausse de 36 % par rapport à l’année précédente — derrière ces chiffres impressionnants de Roblox, des organisations de protection de l’enfance voient une réalité bien moins reluisante. Le mercredi 20 mai 2026, deux associations américaines, Fairplay et le National Centre on Sexual Exploitation, ont déposé une plainte formelle auprès de la FTC (Federal Trade Commission), demandant l’ouverture d’une enquête sur la plateforme de jeux.
Le dossier pointe des pratiques jugées « déloyales et trompeuses » envers les enfants. L’économie virtuelle du jeu repose sur les Robux, une monnaie interne que les joueurs achètent avec de l’argent réel pour acquérir des passes de jeu ou personnaliser leurs avatars. Selon les plaignants, ce système est volontairement opaque : il serait « quasi impossible » de suivre la valeur réelle des achats virtuels. Un exemple cité dans la plainte est édifiant — une fillette de 10 ans a dépensé plus de 7 000 dollars (environ 5 200 livres sterling) en deux mois, malgré les tentatives de ses parents pour limiter les achats. Pourtant, Roblox précise que seuls 1,4 % de ses 132 millions d’utilisateurs quotidiens ont effectué des achats au premier trimestre 2026.
Des mécaniques de jeu conçues pour capter l’attention des plus jeunes
Les associations pointent des dispositifs précis intégrés à la plateforme, pensés pour maximiser le temps passé en ligne :
- Les récompenses journalières qui incitent à revenir chaque jour
- L’affichage des possessions virtuelles des autres joueurs, favorisant la comparaison sociale
- Des mécaniques de type loot box, proches des jeux de hasard, difficilement compréhensibles pour un enfant
Ashwin Verghese, directeur de la communication de Fairplay, l’affirme sans détour : « La plateforme est conçue pour exploiter les besoins développementaux des enfants. » Drew Benvie, PDG de Battenhall et fondateur de l’association de sécurité numérique Raise, nuance par contre l’approche purement réglementaire. Pour lui, fixer des limites d’âge ne suffit pas : les jeunes joueurs contournent facilement ces barrières. Il plaide pour des changements législatifs structurels ciblant les fonctionnalités addictives elles-mêmes.
Sécurité, chat et exposition à des contenus inappropriés
Au-delà des dépenses, la sécurité des échanges en ligne inquiète profondément. La plainte signale que des chercheurs utilisant des comptes « moins de 13 ans » ont rencontré des références sexuelles et des propos offensants en quelques minutes dans certains jeux. Des cas de manipulation et d’exploitation ont également été référencés dans le dossier.
Roblox réfute l’ensemble de ces accusations, assurant que la plateforme dispose de politiques claires interdisant les jeux d’argent simulés et encadrant les achats aléatoires payants. La FTC n’a pas encore indiqué si une enquête formelle serait lancée. Si vous souhaitez mieux comprendre l’univers Roblox avant d’en parler à vos enfants, consulter des ressources comme les codes Blox Fruits peut aider à saisir concrètement la mécanique des échanges dans le jeu.
| Critère | Position Roblox | Position des associations |
|---|---|---|
| Dépenses enfants | 1,4 % d’acheteurs actifs | Système opaque et trompeur |
| Sécurité du chat | Politiques claires en place | Exposition express à des contenus choquants |
| Mécaniques de jeu | Divertissement et lien social | Exploitation des vulnérabilités des enfants |

