**Je viens d’être frappée par une réalité qui me donne sérieusement le vertige : Skyrim va fêter ses 14 ans cette année. Oui, 14 ans! Alors que Bethesda prépare enfin The Elder Scrolls 6, les fans comme moi se retrouvent face à une question existentielle : mais où est passé tout ce temps?**
Le choc temporel qui frappe la communauté Elder Scrolls
J’ai encore l’impression que c’était hier. Le 11 novembre 2011, j’installais frénétiquement Skyrim sur mon PC, impatiente de découvrir ces terres nordiques qui allaient dévorer des centaines d’heures de ma vie. Et pourtant, presque une décennie et demie s’est écoulée depuis. C’est complètement dingue!
Ces derniers jours, je me suis plongée dans les forums où la communauté partage ce même vertige temporel. L’annonce imminente d’une date de sortie pour TES 6 a provoqué une vague de nostalgie et d’introspection chez les joueurs.
« Un mariage et deux enfants plus tard… et toujours pas d’Elder Scrolls VI à l’horizon. Comment ta vie a changé depuis? » a demandé DarkBane42 sur Reddit. Les réponses m’ont touchée profondément.
Ce qui me frappe, c’est à quel point ce jeu transcende sa nature de simple divertissement pour devenir un véritable marqueur temporel dans nos vies. Skyrim n’est pas juste un RPG – c’est devenu un point d’ancrage qui nous permet de mesurer notre propre parcours.
Je ne suis pas la seule à ressentir ce vertige. Quand je pense qu’on a eu le premier teaser de TES 6 en 2018, et qu’on attend toujours… Ça donne vraiment l’impression que le temps s’est étiré comme un élastique!
Tranches de vie entre Bordeciel et réalité
Les témoignages que j’ai recueillis sur les forums sont à la fois émouvants et révélateurs. StormcloakRising raconte: « J’étais au lycée quand Skyrim est sorti, connecté sur une vieille télé cathodique qui pesait une tonne. Je travaillais dans un fast-food avec un uniforme miteux et je conduisais une Clio dont le pare-chocs tenait avec du scotch. Aujourd’hui, j’ai déménagé à l’autre bout du pays, je suis indépendant financièrement, et ma plus grande victoire c’est de pouvoir me regarder dans la glace en me disant que je vaux quelque chose. »
Ces histoires me touchent particulièrement parce qu’elles reflètent notre humanité collective. DragonQueen78 partage: « J’étais au collège, j’allais avoir 13 ans. Depuis, j’ai perdu un parent, obtenu mon bac et mon diplôme universitaire, me suis fiancée, ai commencé ma carrière et je vais bientôt entamer un master. C’est bizarre comme 2011 semble si loin alors que Skyrim reste intemporel. J’espère vraiment que TES 6 sortira avant que j’aie des enfants. »
Et ça continue avec NordWarrior qui confie: « J’ai vécu dans trois pays différents, complètement changé de carrière, arrêté de fumer, me suis marié et ai eu deux enfants depuis Skyrim. » Ces parcours de vie me donnent le tournis!
Plus je lis ces histoires, plus je réalise que nous avons vécu des vies entières dans l’ombre de cette attente. Des adolescents sont devenus des adultes. Des célibataires sont maintenant parents. Des étudiants sont devenus des professionnels accomplis. Et pendant tout ce temps, Skyrim est resté ce point fixe, cette constante autour de laquelle nos vies ont tourné et changé.
La magie des jeux au-delà du gameplay
Ce que j’adore dans cette situation, malgré l’angoisse existentielle qu’elle provoque, c’est qu’elle révèle la vraie puissance des jeux vidéo. Ils ne sont pas juste des produits qu’on consomme puis qu’on oublie. Ils créent des communautés, des connexions, des souvenirs partagés.
Quand je vois des joueurs échanger sur leurs parcours de vie entre deux Elder Scrolls, je comprends pourquoi je suis si passionnée par ce médium. Oui, le passage du temps fait peur, mais n’est-ce pas magnifique que ceux qui ont joué à Skyrim il y a 14 ans communiquent encore aujourd’hui, célébrant leurs réussites et leur évolution personnelle?
Je trouve ça particulièrement beau que Skyrim serve de point de référence temporel pour tant de joueurs. Comme si Bethesda avait, sans le vouloir, créé une sorte d’horloge générationnelle avec sa franchise.
Pendant que je teste d’autres jeux et que je m’immerge dans de nouveaux univers, une part de moi reste ancrée à Bordeciel, attendant patiemment (ou pas si patiemment) la prochaine aventure. Et je ne suis pas seule dans cette attente – nous sommes toute une communauté, unie par ce sens partagé d’anticipation et de nostalgie.
Entre nostalgie et futur incertain
Alors que nous attendons tous la révélation de la date de sortie de The Elder Scrolls 6, je me demande où j’en serai dans ma vie quand je l’installerai enfin sur mon PC. Qui serai-je devenue? Quels nouveaux chapitres de ma vie se seront écrits?
C’est étrange de penser qu’un jeu vidéo puisse servir de jalon pour mesurer sa propre existence, mais c’est exactement ce que Skyrim est devenu pour beaucoup d’entre nous. Une pierre de touche contre laquelle nous évaluons le passage du temps.
Je peux déjà imaginer les discussions futures: « Tu te souviens où tu étais quand TES 6 est enfin sorti? » Et nous partagerons à nouveau nos histoires, nos changements, nos évolutions.
Cette attente interminable a transformé l’expérience de jeu en quelque chose de plus profond – une expérience partagée qui traverse les années et relie nos vies disparates par un fil commun d’anticipation et de passion.
Que Bethesda prenne son temps ne me dérange finalement pas tant que ça. Après tout, ce n’est pas juste un jeu qu’ils créent, mais un nouveau chapitre d’une histoire collective qui nous accompagne depuis des années. Et quelle que soit la date de sortie, j’y serai, prête à créer de nouveaux souvenirs qui marqueront peut-être les 14 prochaines années de ma vie.

