Attention : Microsoft supprime des milliers d’emplois à Xbox (les détails)

Homme assis seul dans un grand bureau désert entouré de cartons

Le 15 juillet 2026, Xbox confirmait officiellement sa cinquième vague de licenciements massifs depuis 2023. Au total, 3 200 postes doivent disparaître d’ici la fin de l’exercice fiscal en cours, répartis entre Bethesda, id Software et ZeniMax Online Studios. Des siècles d’expérience collective dans le développement de jeux vidéo, balayés en quelques minutes de visioconférence.

Des annonces expéditives et une gestion chaotique de la crise

La directrice générale d’Xbox, Asha Sharma, a confirmé les suppressions de postes en interne le matin même, avant leur annonce publique. Ce que plusieurs sources anonymes décrivent ensuite dépasse l’ordinaire : des appels vidéo collectifs de moins de 60 secondes, le chat désactivé, les micros coupés, et dans au moins un cas, les caméras automatiquement éteintes. Les managers qui délivraient la mauvaise nouvelle ne pouvaient même pas voir les visages de leurs collègues.

Chez id Software, le studio texan derrière la franchise Doom, 136 personnes ont appris leur licenciement lors d’une réunion organisée si tard dans la journée que beaucoup avaient déjà pris la route pour venir au bureau. L’invitation Outlook n’aurait été envoyée qu’environ dix minutes avant le début de la réunion animée par Marty Stratton, directeur du studio. Certains salariés n’ont tout juste pas pu rejoindre l’appel à temps.

Dans les 48 heures suivant les annonces, l’accès à Slack et aux messageries internes a été coupé pour les personnes concernées. Une source indique que Microsoft a orienté les salariés désorientés vers une adresse email interne pour obtenir des réponses… abordable uniquement via les comptes qui venaient d’être révoqués. Résultat : les syndicats ont dû prendre en charge une grande partie de la gestion humaine de la crise, sans avoir été prévenus au préalable des suppressions imminentes, malgré des alertes lancées après un article de Bloomberg publié en juin.

Voici les chiffres officiels des suppressions de postes par site, tels qu’ils ressortent des déclarations WARN (Worker Adjustment and Retraining Notification) déposées :

Studio / Entité Localisation Postes supprimés
id Software Texas 136
ZeniMax Online Studios Maryland 213
ZeniMax Media Inc. Montgomery County 116

« Beaucoup d’entre nous n’ont rien su pendant des semaines », confie une source. « Les responsables ne savaient pas, ou ne disaient rien. On nous a laissés spéculer et angoisser. » Une autre voix, issue de ZeniMax Online Studios, résume la situation d’un mot : « insane ».

Une expertise irremplaçable partie à la poubelle

Au-delà des chiffres, ce sont les conséquences techniques et humaines qui inquiètent le plus les équipes restantes. Chez id Software, la quasi-totalité de l’équipe de design responsable de l’IA et du gameplay a été supprimée, soit environ 90 % des effectifs selon une source interne. Parmi les départs : « l’employé numéro 13 », l’un des membres les plus anciens du studio, présent depuis l’époque fondatrice de John Carmack et John Romero.

La technologie maison du studio, le moteur id Tech, est particulièrement menacée. Une source affirme que la majorité des personnes capables de maintenir, corriger ou faire évoluer ce moteur ont été remerciées. « Je ne vois pas comment ils pourraient développer un autre jeu avec id Tech », lâche cette personne. Xbox a démenti que l’équipe id Tech se résume à une seule personne au Texas, précisant que « des dizaines de personnes travaillent sur id Tech depuis plusieurs sites ». Reste que l’ampleur des départs ne fait aucun doute.

Chez ZeniMax Online Studios, développeur de The Elder Scrolls Online, ce sont principalement les « implementers » (spécialistes de l’intégration du contenu) qui ont été touchés, dont une large part de syndiqués. Ceux qui restent doivent désormais « porter plusieurs casquettes ». Une source critique ouvertement cette approche :

  • Le développement AAA repose sur des spécialistes très interconnectés
  • Le moteur interne de ZeniMax nécessite six mois de formation avant d’être opérationnel
  • Aucun volume de sous-traitants extérieurs ne peut compenser cette perte de savoir-faire interne
  • Supprimer la moitié des intégrateurs, c’est menacer la qualité et la cadence de production

Doom : The Dark Ages avait pourtant atteint 3 millions de joueurs à son lancement, décrit par Bethesda comme parmi les plus le plus grands démarrage de l’histoire d’id Software. Un an plus tard, les équipes qui ont rendu ce succès possible apprennent leur licenciement. « On a sorti un bon produit, et ça n’a strictement aucun effet sur notre avenir dans l’industrie », regrette l’une d’elles.

Quand l’instabilité devient la seule constante chez Xbox

Ce qui frappe dans les témoignages recueillis, c’est l’absence de visibilité sur les critères de succès internes. Chez ZeniMax Online Studios, des développeurs affirment que les indicateurs de performance montraient des résultats positifs lors des réunions mensuelles, après la transition vers un modèle de passe saisonnier. Les suppressions de postes sont arrivées quand même.

La structure même du plan de licenciement alimente l’incertitude. 1 600 postes sont supprimés immédiatement, les 1 600 restants devant disparaître avant juin 2027. Comment les équipes survivantes peuvent-elles se projeter, recruter ou planifier des projets dans ces conditions ? « Est-ce qu’on aura des licenciements en juillet pour la troisième année consécutive ? », s’interroge une source de Bethesda.

Microsoft affirme vouloir recentrer Xbox sur ses franchises majeures comme Fallout et The Elder Scrolls pour soutenir ses ventes de hardware. Mais ce sont précisément les studios chargés de développer ces licences qui subissent les coupes les plus sévères. La contradiction est difficile à ignorer. Pour les développeurs qui restent, l’équation est simple et brutale : le bon travail ne garantit plus rien. « On venait chez ZeniMax pour y faire carrière, parfois pour toute une vie professionnelle. Ces temps-là semblent définitivement révolus. »

Retour en haut