2027 marquera les 20 ans de la franchise Assassin’s Creed. Deux décennies de lames dissimulées, de parkour sur les toits et de complots templiers — c’est suffisant pour constituer l’une des séries les plus polarisantes du jeu vidéo. Avant l’arrivée imminente d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced, voici mon classement personnel des épisodes à ne surtout pas manquer.
Brotherhood et Assassin’s Creed II : le sommet de la formule originale
Sorti en 2007, le premier Assassin’s Creed a marqué les esprits avec son concept audacieux : incarner Altaïr dans la Terre Sainte du XIIe siècle grâce à une machine remontant les souvenirs génétiques. L’impact fut réel, mais l’exécution restait incomplète. Le jeu effleurait son potentiel sans jamais vraiment l’atteindre.
Assassin’s Creed II a tout changé. Florence, Venise, la Rome de la Renaissance — chaque ville constitue un terrain de jeu distinct, visuellement somptueux et narrativement ancré. Ezio Auditore est un personnage qu’on suit avec plaisir : sa trajectoire de jeune noble vengeur vers maître assassin fonctionne bien mieux que celle d’Altaïr. Les mécaniques de combat restent très accessibles, voire trop permissives, mais l’ensemble se joue avec un sourire constant.
Pourtant, c’est Assassin’s Creed Brotherhood qui représente, pour moi, le meilleur épisode de toute la série. Tout ce qu’Ezio 2 avait posé, Brotherhood l’a affiné. Le combat devient plus rapide, plus agressif, avec de nouveaux types d’ennemis qui forcent à varier les approches. Gérer la confrérie des assassins — recruter, former, envoyer en mission — ajoute une dimension stratégique qui récompense vraiment l’investissement du joueur.
Mais ce qui distingue vraiment Brotherhood, c’est l’introduction du mode multijoueur. À une époque où les modes en ligne semblaient fréquemment plaqués artificiellement sur des jeux solo, celui-ci proposait quelque chose de genuinement original : se fondre dans la foule de PNJ pour traquer un adversaire humain, pendant qu’il faisait exactement la même chose. La tension, le bluff, la patience — une recette parfaite.
Black Flag et Shadows : quand la série se réinvente
Assassin’s Creed IV : Black Flag est un cas captivant. Sur le papier, plusieurs éléments auraient dû le plomber : le combat est simplifié, les missions de filature sont franchement pénibles, et le parkour manque cruellement de cohérence. Pourtant, cet épisode figure parmi les chouchous absolus des fans — et j’en fais partie.
Pourquoi ? Parce qu’Edward Kenway est un personnage réellement captivant, dont l’arc narratif surprend par sa profondeur. Parce que naviguer dans les Caraïbes du XVIIIe siècle à bord du Jackdaw, affronter des frégates dans des tempêtes déchaînées, constitue une expérience de jeu à part entière. Les batailles navales atteignent un niveau de fun qui compense largement les faiblesses mécaniques de l’épisode.
Voici les points forts qui distinguent Black Flag des autres épisodes de l’ère classique :
- Un univers pirate cohérent et immersif dans les Caraïbes
- Des batailles navales inégalées dans la série
- Le développement de personnage d’Edward Kenway, crédible et nuancé
- Une bande-son de shanties maritimes mémorables
Assassin’s Creed Shadows, sorti en 2025, soit 18 ans après le premier opus, réalise enfin le rêve d’un épisode au Japon féodal. Le résultat équilibre intelligemment les deux tendances de la franchise. Le tableau ci-dessous compare les deux protagonistes jouables :
| Protagoniste | Style de jeu | Points forts |
|---|---|---|
| Yasuke | Combat direct et brutal | Force brute, affrontements frontaux |
| Naoe | Infiltration et furtivité | Éliminations silencieuses, mobilité |
Cette dualité de gameplay donne à Shadows une richesse que les épisodes RPG précédents n’avaient pas toujours réussi à atteindre. L’équilibre entre furtivité modernisée et action assumée séduit à la fois les nostalgiques des origines et les nouveaux joueurs.
Odyssey et le virage RPG : une transition qui mérite d’être jouée
Depuis Assassin’s Creed Origins (2017), Ubisoft a basculé vers un modèle RPG complet : inventaire fourni, stats de dégâts affichées à l’écran, arbres de compétences extensifs. Un changement de cap radical qui a divisé la communauté.
Assassin’s Creed Odyssey représente le meilleur de cette nouvelle formule. Incarner un mercenaire spartiate pendant la guerre du Péloponnèse — en prenant part aux deux camps — offre une liberté narrative rare dans la série. L’Athènes reconstituée, la Sparte austère, les îles de la mer Égée — la direction artistique impressionne constamment.
Franchement, les créatures mythologiques intégrées à l’intrigue divisent. Certains fans adorent affronter une Méduse ou un Minotaure ; d’autres estiment que ça trahit l’esprit historique de la franchise. Mon avis tranché : ces boss constituent des moments de jeu mémorables, même s’ils sortent clairement du cadre habituel de la série.
Le vrai défaut d’Odyssey, c’est la dilution. Avec plus de 100 heures de contenu, on se perd parfois dans un océan de quêtes secondaires génériques. Origins, le précurseur, proposait une narration plus resserrée — ce qui en fait une introduction plus digeste au virage RPG si vous débutez avec cette ère.
Avec Black Flag Resynced qui approche, replonger dans ces épisodes prend un sens particulier. Chaque jeu de cette liste construit une compréhension différente de ce que la franchise peut offrir — de la tension furtive d’une ruelle romaine aux canonades dans les Caraïbes. Le meilleur conseil avant de lancer Resynced ? Rejouer Brotherhood, pas pour la nostalgie, mais pour comprendre à quel point le design centré sur le plaisir pur peut suffire à faire un grand jeu.

