L’épée de légende, la fameuse Master Sword, trône dans l’imaginaire collectif depuis des décennies. Pourtant, la véritable supérieure arme de la saga Zelda est une lame que la plupart des joueurs ont à peine effleurée. Franchement, il est temps de remettre les pendules à l’heure.
L’épée de Biggoron, l’arme la plus redoutable de Hyrule
Introduite pour la première fois dans The Legend of Zelda : Ocarina of Time en 1998, l’épée de Biggoron est une lame à deux mains démesurément immense, presque aussi haute que Link lui-même. Elle n’a pas la prestance visuelle de la Master Sword, ni son aura culturelle. Elle n’en a pas besoin. C’est une arme brute, massive, conçue pour une seule chose : faire des dégâts colossaux.
Pour moi, comparer les deux épées revient à comparer une dague de cérémonie et un fléau de guerre. La Master Sword, tu la tires d’une pierre. Impressionnant sur le papier, banal de manière concrète. L’épée de Biggoron, elle, se mérite. C’est un objet optionnel, invisible sur le chemin central, réservé aux joueurs qui fouillent, qui persistent et qui comprennent que les meilleures récompenses sont rarement celles qu’on vous tend.
Son créateur éponyme, Biggoron — le Grand Goron forgeron d’Ocarina of Time — est un peu le Muramasa d’Hyrule. Ce maître artisan, convaincu que son frère Medigoron fabrique des épées médiocres, se lance dans la conception d’une lame supérieure par dépit pur. Une épée forgée par l’orgueil blessé d’un géant : difficile de trouver une meilleure origine pour une arme légendaire.
Dans SoulCalibur 2, chaque attaque portée avec l’épée de Biggoron consomme les points de vie de Link. C’est dire la puissance brute de cette lame — elle est si dévastatrice que le jeu lui-même doit en limiter l’usage pour maintenir un équilibre.
Comment obtenir l’épée de Biggoron selon les épisodes
Voilà ce qui distingue vraiment cette arme : l’obtenir n’a jamais été simple, et c’est exactement ce qui en fait la valeur. Dans chaque opus où elle apparaît, les développeurs de Nintendo ont veillé à ce que la route soit longue, tordue, parfois franchement agaçante. Et c’est parfait ainsi.
Dans Ocarina of Time, il faut compléter une chaîne d’échanges optionnelle particulièrement retorse. L’une des étapes les plus stressantes consiste à livrer un flacon de gouttes oculaires en courant jusqu’au sommet de la Montagne de la Mort en moins de quatre minutes. Pas de triche, pas de raccourci. Une fois l’arme forgée, il faut encore patienter trois jours en temps du jeu. Le résultat : une lame qui occupe les deux mains, rend le bouclier inutilisable, et inflige des dégâts qu’aucune autre épée ne peut égaler.
| Épisode | Méthode d’obtention | Difficulté |
|---|---|---|
| Ocarina of Time | Chaîne d’échanges + livraison chronométrée | Élevée |
| Oracle of Seasons / Oracle of Ages | Relier les deux jeux + mot de passe | Très élevée |
| Breath of the Wild | Scanner un Amiibo dédié | Dépend du matériel |
| Tears of the Kingdom | Analyser les Profondeurs + acheter avec des âmes fantômes | Modérée |
Dans les jeux Game Boy Oracle of Seasons et Oracle of Ages, l’arme est encore plus inaccessible — il faut relier physiquement les deux cartouches et saisir un mot de passe spécifique. Inconfortable, peu intuitif, et absolument génial. Dans Breath of the Wild, un Amiibo suffit — ce qui reste malgré tout une contrainte matérielle réelle. Et dans Tears of the Kingdom, même si l’accès est un peu plus direct, il faut tout de même s’aventurer dans les Profondeurs et dépenser des âmes de fantômes. Rien ne se donne.
Pourquoi la légende de Biggoron dépasse celle de la Master Sword
La Master Sword souffre d’un problème que personne ne veut admettre : elle est devenue un symbole plus qu’une arme. Dans Tears of the Kingdom, elle se retrouve corrodée par le Gloom, cette substance obscure qui ronge Hyrule. Une lame sacrée, censée repousser le mal, vulnérable à la rouille narrative. Pour moi, c’est rédhibitoire.
L’épée de Biggoron, elle, ne prétend à aucune destinée divine. Voici ce qui fait sa force :
- Elle inflige les dégâts les plus élevés parmi toutes les armes d’Ocarina of Time
- Son histoire est ancrée dans le folklore vivant d’Hyrule, pas dans une prophétie figée
- Elle récompense l’exploration et la curiosité du joueur, pas la simple progression scénaristique
- Sa conception — forgée par un géant animé par la rivalité fraternelle — lui confère une humanité absurde et attachante
La saga Zelda fonctionne mieux quand elle laisse des interstices, des zones grises, des légendes qui n’ont pas besoin d’être entièrement expliquées. Biggoron forgeant une épée gigantesque parce que Link lui a apporté des gouttes pour les yeux, c’est exactement ce type de folklore spontané et irrésistible. C’est pour ça que le mot « légende » figure dans le titre de la série.
Avec un remake d’Ocarina of Time régulièrement évoqué dans les rumeurs, espérons que Nintendo saisisse l’occasion de mettre enfin en lumière l’épée de Biggoron comme elle le mérite. Pas en la rendant plus accessible — surtout pas — mais en enrichissant son histoire, en approfondissant le personnage du forgeron géant. Une arme aussi singulière mérite une mythologie à la hauteur de sa démesure.

