Attention : des milliers d’euros de cartes Pokémon volées chez Best Buy à Pasadena

Personne en capuche volant des cartes Pokémon en rayon

À 1h15 du matin, pendant que des dizaines de collectionneurs faisaient la queue dehors, la police de Pasadena extrayait discrètement un homme d’un Best Buy verrouillé. Patrick Keys, 45 ans, sans domicile fixe, avait passé la nuit à l’intérieur du magasin situé au 3400 block d’East Foothill Boulevard — mangeant des snacks, sirotant des sodas et décachetant un emballage d’AirPods. Une scène surréaliste, amplifiée par le contexte : dehors, la foule attendait fébrilement le réassort d’une des extensions Pokémon les plus convoitées du moment.

Un intrus dans le Best Buy de Pasadena pendant une nuit de réassort Pokémon

Le service de sécurité du magasin a repéré Keys grâce aux caméras de surveillance en direct. Dès l’alerte donnée, les forces de l’ordre ont contacté un responsable du Best Buy, qui a déverrouillé l’entrée pour permettre aux agents d’entrer. Aucun signe d’effraction n’a été relevé : selon les enquêteurs, l’individu aurait profité des heures d’ouverture pour se glisser à l’intérieur, puis se serait caché jusqu’à la fermeture.

Keys a été interpellé sans résistance. Il est reparti menotté, inculpé pour suspicion de cambriolage. Son casier judiciaire mentionne déjà plusieurs contacts avec les forces de l’ordre pour des affaires liées au vol. La question se posait naturellement : était-il là pour les cartes Pokémon ? Le département de police de Pasadena a répondu sans ambiguïté aux journalistes : « Pour autant que je puisse en juger, c’était une coïncidence. »

Dehors, les collectionneurs avaient commencé à se rassembler dès 23h la veille. Leur objectif — mettre la main sur des produits de l’extension Scarlet & Violet – 151, l’un des sets les plus demandés du Jeu de Cartes à Collectionner Pokémon. Cette série tire son nom des 151 Pokémon originaux de la première génération, une collection nostalgique qui propulse encore aujourd’hui des milliers de fans vers les rayons dès l’annonce d’un réassort.

Voici pourquoi le set « 151 » génère autant d’engouement chez les acheteurs :

  • Il réunit les créatures iconiques de la toute première génération (1996), déclenchant une vague de nostalgie massive.
  • Les tirages limités en magasin provoquent des files d’attente nocturnes dans tout le territoire américain.
  • Certaines cartes rares de ce set atteignent des prix à quatre chiffres sur le marché secondaire.
  • La demande dépasse systématiquement l’offre disponible en grande surface.

Les cartes Pokémon, nouvelle cible privilégiée des voleurs en Californie

L’affaire Keys ne surgit pas dans le vide. La Californie enregistre une recrudescence frappante des vols liés aux cartes Pokémon, et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le magazine Fortune, les cartes Pokémon affichent un rendement annuel moyen de 46 %, surpassant l’indice boursier S&P 500. Avec de telles performances, elles sont devenues une cible de choix pour des criminels occasionnellement très organisés.

Le tableau ci-dessous recense les incidents les plus marquants survenus récemment en Californie et ailleurs :

Date Lieu Type d’incident Préjudice estimé
Février 2026 Anaheim, Californie Tunnel percé dans un mur mitoyen pour accéder au magasin 180 000 $
Janvier 2026 West Los Angeles Agression en plein jour d’un client sortant d’une boutique de cartes 300 000 $
Décembre 2025 Burbank, Californie Vol dans une boutique de cartes sportives ~100 000 $
2026 (récurrent) Floride Vols répétés chez Target — cartes dissimulées dans des sachets d’épices Non communiqué

L’affaire floridienne mérite qu’on s’y arrête : un individu aurait commis plus de 75 vols dans des magasins Target, dissimulant les cartes à l’intérieur d’emballages de mélange d’épices pour les faire passer en caisse sans éveiller les soupçons. Un niveau d’ingéniosité que même les services de sécurité n’avaient pas anticipé.

La frénésie autour de ces objets de collection a également eu des répercussions sur le secteur assurantiel. Suite à une fraude massive au début des années 2000, plusieurs grandes compagnies d’assurance ont cessé de couvrir les collections Pokémon pendant près de deux décennies — de 2001 à 2019 approximativement — forçant les collectionneurs sérieux à se tourner vers des assureurs spécialisés, souvent plus onéreux.

Quand la passion des collectionneurs croise la réalité du marché gris

Franchement, l’incident du Best Buy de Pasadena illustre un phénomène plus large que le simple fait divers. La frontière entre passion et spéculation financière s’est effacée autour des cartes Pokémon, transformant chaque lancement en événement à risque. Les enseignes comme Best Buy ou Target sont devenues des points chauds dès l’annonce d’un réassort.

Pour les collectionneurs qui attendent depuis 23h devant un magasin, la nuit passée dehors représente un investissement rationnel — pas une lubie. Une boîte de boosters du set 151 achetée en magasin au prix conseillé peut se revendre deux à trois fois plus cher sur les plateformes de revente dès le lendemain matin. C’est ce différentiel qui entretient l’afflux nocturne et, mécaniquement, attire aussi des opportunistes moins scrupuleux.

Si vous êtes collectionneur ou revendeur, une vigilance accrue s’impose désormais. Évitez d’exposer vos achats publiquement à la sortie d’un magasin. Documenter et assurer votre collection n’est plus une option réservée aux professionnels : c’est une précaution élémentaire face à un marché où une seule carte holographique peut valoir plusieurs centaines de dollars. L’agression de janvier 2026 à West Los Angeles — 300 000 dollars dérobés en pleine rue — devrait suffire à convaincre les plus sceptiques.

Cecile
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