10 Milliards de cartes Pokémon imprimées, toujours insuffisant

Quatre ouvriers devant énorme tas cartes Pokémon colorées

85 milliards de cartes Pokémon imprimées depuis 1996, et les rayons restent désespérément vides. Ce chiffre, mis à jour par The Pokémon Company en mai 2025, donne le vertige — et pourtant, il ne résout rien.

Une production record qui ne comble pas la demande

Voilà ce que les données révèlent : en mai 2021, The Pokémon Company avait produit 34,1 milliards de cartes au total depuis le lancement du JCC en 1996. Quatre ans plus tard, ce compteur dépasse les 85 milliards. Autrement dit, plus du double des cartes jamais imprimées sont sorties des presses en à peine cinq ans. C’est une accélération industrielle sans précédent dans l’univers des jeux de cartes à collectionner.

Sur cette production totale, plus de 10 milliards de cartes ont été fabriquées sur les seuls 12 derniers mois — soit plus de 10 % du volume cumulé depuis les origines, généré en une année. Ces cartes proviennent notamment de l’extension Scarlet & Violet – Prismatic Evolutions, déclinée dans une multitude de produits variés.

Pour contextualiser l’ampleur du phénomène, voici les jalons clés de la production cumulée :

  1. 34,1 milliards de cartes produites en mai 2021
  2. 75 milliards de cartes distribuées annoncés en mai 2024
  3. 85 milliards de cartes imprimées confirmés en mai 2025
  4. 10 milliards supplémentaires fabriqués sur les 12 derniers mois

Ces chiffres montrent une chose claire — la machine tourne à plein régime. Franchement, peu d’industries peuvent revendiquer une telle montée en cadence. Mais la réalité des fans en magasin raconte une autre histoire.

Pénurie, revendeurs et violence : le marché Pokémon déraille

Trouver des boosters récents chez GameStop ou Walmart relève de l’exploit. Pas d’hyperbole là-dedans — c’est tout juste impossible la plupart du temps, à moins d’accepter de payer des prix extravagants chez des revendeurs en ligne ou de faire la queue le matin d’un réassort. The Pokémon Company l’a reconnu publiquement : « Nous sommes conscients que certains fans rencontrent des difficultés pour acheter certains produits du JCC Pokémon en raison d’une demande très élevée », indiquait la société dans un communiqué, ajoutant travailler à capacité maximale pour répondre à la situation.

Le problème, c’est que même la capacité maximale ne suffit pas. Voici ce qui se passe concrètement sur le terrain :

Situation Conséquence
Réassorts rares en boutique Files d’attente et tensions physiques
Spéculateurs omniprésents Prix multipliés par 2 à 5 en revente
Achats en masse par bots Stock épuisé avant ouverture des caisses
Incidents violents signalés Interventions policières lors de réassorts

Le nombre de personnes qui optent pour des solutions illégales — vols, agressions — est préoccupant. Ce que le marché de la collection a engendré dépasse largement le cadre d’un simple hobby.

La vraie question que personne ne veut poser : faut-il réguler l’accès aux boosters comme certains envisagent de le faire au Japon, avec une vérification d’identité à l’achat ? Ce n’est pas de la science-fiction. Si la production n’arrive pas à freiner la spéculation, peut-être que c’est le cadre légal qui devra évoluer — et non la cadence des imprimeries.

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