Eviter les paraphrases dans les documents de travail

Femme écrivant à son bureau face à un ordinateur, entourée de livres

Rédiger un document de travail propre et crédible, ça se joue parfois sur des détails que tout le monde connaît… mais que peu maîtrisent vraiment. J’ai eu la mauvaise surprise, lors de ma première mission sérieuse en entreprise, de me faire reprendre sur un rapport où j’avais bêtement recopié des formulations d’un article sans les reformuler. Mon responsable m’a regardé avec cet air qui dit tout sans rien dire. Depuis, éviter la paraphrase maladroite dans les documents professionnels est devenu une priorité absolue dans ma façon de travailler.

Comprendre ce qu’est vraiment une paraphrase dans un document professionnel

La paraphrase, c’est reprendre avec ses propres mots les idées d’un auteur sans dénaturer le sens de l’original. C’est une reformulation — quelquefois aussi appelée explication ou interprétation — qui reste acceptable, à une condition : mentionner l’auteur initial. Sans cette mention, la paraphrase glisse automatiquement vers le plagiat.

Il existe plusieurs formes de plagiat, et toutes ont un point commun : elles consistent à utiliser le travail de quelqu’un d’autre en le faisant passer pour le sien. Le tableau ci-dessous récapitule les principales formes rencontrées dans les documents de travail :

Type de plagiat Description Risque principal
Plagiat direct Copier une source sans citer l’auteur Sanctions disciplinaires, poursuites
Paraphrase sans source Reformuler sans mentionner l’origine Plagiat accidentel très fréquent
Plagiat copier-coller Assembler des extraits de sources diverses Détectable par les scanners anti-plagiat
Auto-plagiat Réutiliser ses propres travaux antérieurs Travail non original, souvent involontaire
Achat de contenu Faire rédiger par un tiers Expulsion, nullité du document

La nuance entre reformulation acceptable et plagiat tient souvent à un seul mot : la source. Citer « selon » ou « d’après » suivi du nom de l’auteur suffit à convertir une reprise risquée en référence légitime. C’est basique, mais ça change tout.

Seules les informations notoires — comme le fait que l’eau gèle à zéro degré Celsius — ne nécessitent aucune citation. Pour tout le reste, la vigilance reste de mise.

Quand la reformulation est utile — et comment la maîtriser

Certains contextes rendent la paraphrase non seulement utile, mais nécessaire. Dans le cadre du concours d’attaché territorial, catégorie A de la fonction publique territoriale, la note de synthèse n’est pas un résumé mais une analyse structurée des documents d’un dossier. Elle doit tenir en environ 4 pages, ce qui impose une reformulation efficace plutôt qu’une recopie.

Voici les situations où reformuler s’impose :

  1. Un article de loi : recopier l’intégralité d’un texte législatif est inutile. En revanche, les termes juridiques qui ont fait l’objet d’amendements ou de débats peuvent être repris tels quels.
  2. Un tableau chiffré : les données doivent soutenir l’argumentation, pas être listées mécaniquement. Le titre du tableau contient souvent déjà l’analyse.
  3. Un article de presse : les journalistes utilisent un vocabulaire parfois non neutre. Or, la neutralité est un principe fondamental de la fonction publique française. Reformuler devient alors une obligation déontologique.

Pour bien reformuler, il ne suffit pas de changer quelques mots. Il faut repenser toute la structure. Quelques techniques concrètes :

  • Remplacer les mots significatifs par leurs synonymes en gardant le style du document.
  • Mettre l’original de côté et écrire l’idée depuis sa propre compréhension.
  • Modifier la structure syntaxique : transformer un verbe en nom, passer de la voix passive à la voix active, changer la place du groupe nominal.
  • Schématiser l’idée via une mind map avant de la rédiger.
  • Comparer le résultat avec l’original : si la structure reste trop proche, retravailler le passage.

J’applique moi-même la technique de « l’explication à voix haute » : je pose le texte, je m’explique mentalement l’idée, puis j’écris. C’est aussi efficace que chronophage au début, mais ça garantit une reformulation vraiment personnelle.

Citer ses sources sans alourdir le document : la méthode qui protège votre crédibilité

Mentionner ses sources n’est pas un fardeau — c’est ce qui donne du poids à un document. Citer un expert à l’analyse politiquement neutre renforce la démonstration, à condition que la citation serve réellement à expliquer son point de vue. Une note de synthèse professionnelle n’est pas le lieu des citations décoratives.

Quand on rapporte textuellement les propos de quelqu’un, les guillemets sont obligatoires, accompagnés de la source. Quand on reformule, les guillemets disparaissent, mais la mention de la source reste indispensable. Cette distinction, beaucoup l’oublient.

Pour les travaux académiques, des logiciels de gestion bibliographique comme EndNote — accessible gratuitement aux étudiants de Polytechnique Montréal — ou BibTeX permettent de générer automatiquement des listes de références et de limiter les erreurs de mise en forme. Le style bibliographique à utiliser dépend du secteur — le style APA s’applique à la majorité des filières de génie, tandis que le style IEEE s’impose en génie électrique, informatique et physique.

Pour vérifier l’originalité d’un document avant de le remettre, des outils comme le vérificateur de plagiat Scribbr permettent de détecter les similitudes trop proches avec des sources existantes. Les scanners anti-plagiat utilisés dans la plupart des institutions repèrent aussi bien le plagiat copier-coller que la reformulation trop superficielle. Vérifier son document avant soumission est une habitude qui évite bien des mauvaises surprises — croyez-moi, j’ai appris la leçon à mes dépens.

Bien gérer son temps reste, dans les faits, la meilleure protection contre le plagiat accidentel. Travailler dans l’urgence pousse à prendre des raccourcis risqués. Anticiper, structurer sa recherche et s’appuyer sur des formations — comme celles proposées par les bibliothèques universitaires ou le Service aux étudiants — convertit cette contrainte en vrai réflexe professionnel.

La Rédac'
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