L’ascension fulgurante de Samantha Béart dans le monde du jeu vidéo illustre parfaitement comment les chemins vers le succès sont rarement linéaires. Devenue l’une des voix les plus appréciées de Baldur’s Gate 3, l’actrice incarne aujourd’hui la guerrière Karlach, un personnage adoré par la communauté des joueurs. Pourtant, son parcours vers ce rôle emblématique fut semé d’embûches et de refus, avant une reconnaissance soudaine qui a transformé sa carrière.
Le parcours semé d’obstacles vers le rôle de Karlach
En 2020, Samantha Béart participait à une audition pour un personnage nommé Kayra, une combattante qui, selon Sarah Baylus, scénariste des dialogues de Karlach, ressemblait trop à Lae’zel. Cette similitude poussa les développeurs à repenser radicalement le personnage. Malheureusement pour Béart, cette première tentative se solda par un refus.
L’actrice ne s’arrêta pas là et tenta sa chance pour d’autres rôles secondaires dans le jeu, qu’elle décrit elle-même comme des personnages de type « Goblin 49 ». Ces tentatives n’aboutirent pas non plus, bien que plusieurs acteurs renommés de Baldur’s Gate 3 aient commencé par interpréter des personnages mineurs, notamment :
- Theo Solomon, qui incarne Wyll
- Andrew Wincott, lauréat d’un BAFTA, qui joue Raphael
- D’autres acteurs qui ont gagné en importance au fil du développement
Karlach, quant à elle, a connu plusieurs évolutions majeures avant de devenir le personnage que les joueurs adorent aujourd’hui. Initialement représentée par un modèle standard de Tiefling, elle a ensuite été retravaillée pour devenir ce que Béart décrit affectueusement comme la « muscle mummy » que nous connaissons et aimons. Durant la phase d’accès anticipé du jeu, c’est l’actrice Shala Nyx qui prêtait sa voix au personnage, avec un timbre que Béart reconnaît comme similaire au sien.
Une opportunité saisie grâce aux réseaux sociaux
Le tournant dans la carrière de Samantha Béart survint en 2022, après sa performance remarquée dans The Excavation of Hob’s Barrow, un jeu indépendant qui reçut un accueil critique favorable. C’est sur Twitter (désormais X) que Béart repéra un développeur de Larian Studios saluant son travail d’actrice.
Saisissant cette opportunité, Béart contacta directement le développeur par message privé, se décrivant avec humour comme « la seule personne en Grande-Bretagne qui n’allait pas participer à Baldur’s Gate ». Elle précisa cette fois qu’elle ne souhaitait plus de petits rôles comme « Goblin 49 », mais aspirait à un personnage d’envergure.
La suite se déroula à une vitesse fulgurante. Un rôle majeur était encore disponible : celui de Karlach. Après une audition à domicile suivie rapidement d’une seconde en personne, Béart fut engagée en moins de 24 heures. Son audition de rappel, qu’elle mentionne comme étant disponible sur YouTube, montre déjà les prémices de ce qui deviendrait sa performance acclamée.
| Étape | Timing | Résultat |
|---|---|---|
| Audition initiale (2020) | Début du développement | Refusée pour le rôle de Kayra |
| Performance dans The Excavation of Hob’s Barrow (2022) | Deux ans plus tard | Reconnaissance critique |
| Audition pour Karlach (2022) | Après contact via réseaux sociaux | Engagée en moins d’une journée |
De l’enregistrement intensif à la reconnaissance mondiale
L’enregistrement des dialogues et des scènes de capture de mouvement s’est étalé sur près d’une année complète, au studio britannique PitStop. Ce qui devait initialement représenter une dizaine de sessions s’est transformé en marathon de 65 séances. Béart jonglait alors entre son emploi à temps plein de consultante en informatique et ces enregistrements effectués les soirs et week-ends.
« Ils m’ont dit que ce serait 10 sessions. Ça a fini par en être environ 65, » se souvient l’actrice. Ce rythme intense, avec des sessions de quatre heures tous les deux jours, a créé selon elle une dynamique particulière qui convenait parfaitement à son personnage très conscient du temps qui lui est imparti.
Formée à la prestigieuse école Guildhall, Béart attribue à son éducation classique shakespearienne sa capacité à s’adapter rapidement au travail de capture de mouvement, malgré l’absence de formation spécifique dans ce domaine. Elle compare cette expérience au théâtre : un espace vide où l’imagination doit compenser l’absence de décors, avec des directeurs partageant le même vocabulaire théâtral qu’elle.
L’avenir prometteur d’une passionnée de jeux vidéo
Pour Samantha Béart, ce succès représente l’aboutissement d’une passion pour les jeux vidéo qui remonte à son enfance. « Je joue aux jeux vidéo depuis bien plus longtemps que je voulais être actrice. J’y joue depuis l’âge de huit ans, donc c’est vraiment génial, » confie-t-elle.
Aujourd’hui, Béart aspire à entrer dans ce qu’elle appelle sa « période Gary Oldman des années 1990 », apparaissant dans des rôles variés là où les joueurs ne l’attendent pas. Son souhait est de devenir une actrice de composition omniprésente dans l’industrie du jeu vidéo.
On peut déjà entendre sa voix dans plusieurs productions récentes :
- Un rôle secondaire dans Tron: Catalyst, un jeu de combat isométrique
- Une apparition à venir dans Fading Echo
- Un personnage jouable dans le roguelike Absolum
- Son podcast sur le développement de jeux, « It Takes a Village »
Cette transformation remarquable, d’une actrice initialement refusée pour des rôles mineurs comme « Goblin 49 » à l’interprète d’un des personnages les plus appréciés de Baldur’s Gate 3, illustre parfaitement les chemins imprévisibles du succès dans l’industrie du divertissement. La persévérance de Samantha Béart, combinée à une opportunité saisie au bon moment, a permis aux joueurs du monde entier de découvrir son talent à travers la guerrière au grand cœur que représente Karlach.

