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Star Trek : Strange New Worlds – OMG…

Haaaaa ! Star Trek. Tout le monde connaît Star Trek, ne serait-ce que par la rivalité qu’on lui suppose avec le bébé de Lucas, Star Wars. Rivalité qui, soit dit entre nous, n’a strictement aucun sens tant le registre des deux oeuvres est différent, leur seul point commun étant d’être de la science fiction, anticipative pour celle de Roddenberry, historique pour celle de Lucas. Depuis la résurgence de la licence avec les trois films de J.J. Abrams, au demeurant assez inégaux, Star Trek opère un petit retour en force sur nos écrans sous la forme de séries destinées à divers publics. Mais pour bien comprendre pourquoi SNW est bien, il va falloir se pencher un peu sur l’histoire de la licence sur nos écrans, car elle a un pédigrée particulièrement impressionnant.

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Texas, 1921

Dans une ville dont le nom ne déparaillerait pas dans un film ayant pour réalisateur Sergio Leonne ou Clint Eastwood, El Paso, né en 1921 EugeneGeneWesley Roddenberry. Avec une vie et des études le tournant vers les forces de l’ordres bien que ne le prédisposant pas particulièrement au développement d’une série telle que Star Trek bien des années plus tard, il rejoint l’armée de l’air à ses 20 ans en tant que pilote. Sa participation à diverses missions de combats lui valut des récompenses comme la Croix de l’Air et la Médaille de l’Air. Mais les exploits héroïques du bonhomme ne s’arrêtant pas là puisqu’il se reconvertira dans l’aviation civile et reçut des éloges lors d’un crash d’appareil en plein désert syrien.

C’est ainsi qu’en 1949, Roddenberry quitta l’aviation et retourna à son sujet d’amour lors de ses primes études, la police, en intégrant le L.A.P.D pendant sept années, commençant parallèlement à écrire pour la télévision. 

Ainsi, Star Trek ne fut pas sa première contribution télévisuelle et il fut récompensé par la Writer’s Guild et produisit même une série de 63 à 64. S’il essaya déjà de percer dans le milieu de la science-fiction, quelque peu tourné en ridicule, ringardisé, à l’époque, ce fut néanmoins sans succès pour le moment.

Los Angeles, 1964

C’est ainsi que, désireux de concurrencer Buck Rogers et Flash Gordon, Roddenberry entama la rédaction de ses idées pour Star Trek (qui prendra plus tard l’acronyme de T.O.S, The Original Series). C’est finalement en septembre 1966 que fut diffusé le premier épisode de Star Trek. Et contrairement à ce qu’on peut croire, la série ne fut pas un carton. Bien au contraire et c’est pourquoi elle fut menacée d’annulation dès sa seconde saison bien que sous la pression d’un noyau dur de fans, les “trekkies” comme ils seront nommés plus tard, elle bénéficiera d’une ultime et troisième saison. Néanmoins, la pierre était jetée dans la marre et si les vagues causées n’avaient pas encore atteint la rive, elles finiraient indubitablement par le faire. C’est ainsi qu’une multitude de produits dérivés furent lancés, des rassemblements de fans de la licence tous les ans, des fanzines… Des gens avaient aimé l’univers de Roddenberry, ce dernier les avait conquis et submergé par un vent d’air frais dans le milieu télévisuel du moment.  

En effet, un peu de contexte me semble nécessaire afin que vous compreniez bien la révolution que Star Trek a été pour son temps. À cette époque, un producteur de série télé s’avérait plus que frileux à l’idée de mettre en scène de la science fiction premier degré, pratiquement sans touche d’humour et avec du techno-jargon (aujourd’hui même devenu l’une des empreintes de Star Trek) et dans un univers utopique et non dystopique. En effet, à l’époque, le grand parangon de la SF sérieuse (que je trouve personnellement chiant à mourir mais dont j’admire la technicité) qu’est 2001, l’Odyssée de l’Espace n’était pas encore sorti. Difficile de considérer que la SF, par ailleurs quand le créateur derrière ne s’appelle pas Kubrick, comme “bankable” dans ces conditions. 

Mais si votre série se paie en plus le luxe de “donner des leçons” ? Que se passe-t-il ? On touche là à une époque particulière. Fin des années 60, c’est à peine la fin de la ségrégation raciale aux états-unis ! Pire, on est en pleine guerre froide tandis que les souvenirs de la Seconde Guerre Mondiale sont encore particulièrement vivaces dans l’esprit des gens. Alors imaginez un peu une série télé dans laquelle on retrouve au casting principal un japonais (et après Pearl Harbor en 41, soit même pas 30 ans après), un russe (en pleine guerre froide je le rappelle) et, le comble : une ACTRICE noire ! Oui oui ! Une actrice, noire, avec un rôle qui plus est intellectuel dans un casting principal ! 

Imaginez la difficulté de faire passer un tel projet en de tels temps ? C’est ahurissant. Ahurissant mais ça c’est fait et c’est une très bonne chose que ça se soit fait. Parce que là, nous touchons l’essence même de Star Trek : l’avant-gardisme social. Chacune des séries a délibérément fait le choix de montrer une grande diversité à l’écran ou dans sa narration parce que Roddenberry a créé une utopie. Une utopie dans laquelle l’argent n’existe plus, où le besoin matériel est incompréhensible, où personne n’est dans le besoin et peut se consacrer à son développement personnel ou aux autres (médecine, arts, sciences…), où les inégalités n’existent plus tels que le racisme, l’homophobie, la haine de l’autre pure et simple… Et globalement, surtout avec les séries qui suivront, il s’agira toujours de placer les personnages dans des dilemmes moraux devant lesquels ils devront choisir entre les purs idéaux, parangons moraux, de la Fédération, ou céder à l’idée que parfois, la fin justifie les moyens.

Ainsi, Star Trek se veut une série profondément progressiste en incluant des minorités et en montrant une bonne entente entre tous. Mais elle véhicule aussi un message plus profond en deçà : tolérance, diplomatie, compréhension, réflexion et empathie sont toujours les maîtres mots de la résolution des problèmes. Cette tradition se poursuivra dans toutes les séries qui suivront. The Next Generation (TNG) verra un klingon dans l’équipage, de même qu’un capitaine français. Et si vous vous demandez pourquoi est-ce que la dépiction d’un personnage français est une inclusion a porter au crédit de la série, je vous laisse fouiller un peu sur le net pour découvrir que malgré le fait que la France jouisse du plus grand nombre de victoires militaires au monde, outre-atlantique nous jouissons d’une réputation de fainéants couards qui lèvent le drapeau blanc avant même que les balles ne se mettent à siffler. Alors “Cocorico bordel” ! 

Star Trek Deep Space 9 quant à elle mettra en scène un commandant noir à un poste particulièrement crucial et Star Trek Voyager présentera durant sept saisons durant les années 90, une femme capitaine de son propre navire, avec un Vulcain noir…

Beaucoup de monde aujourd’hui éructe de rage en voyant des oeuvres à priori bafouées par les grands studios de production pour les rendre plus “woke”. Si pour des séries comme The Witcher ou Lord of the Rings, cela peut s’entendre considérant les inspirations de leurs auteurs, Star Trek Discovery et même un peu Picard, n’ont pas échappé à ce que certains dénoncent comme du “woke washing”. Mais ne vous en déplaise, concernant Star Trek, se plaindre de ça ne fait que de vous un haineux réactionnaire et intolérant. Star Trek s’acharne à nous montrer qu’une société est en constant évolution et que même si elle est basée sur une tolérance infinie et une empathie totale, il faut néanmoins toujours se remettre en question. Alors non, je suis désolée, même si Star Trek Discovery ça reste de la merde à cause de l’écriture de son personnage principal qui est une Mary Sue en puissance, sans elle, ce serait une série à peu près acceptable et non, entendre l’emploi de pronom neutre n’est en rien un soucis, voir une romance homosexuelle entre deux personnes principaux non plus et l’apparition de personnages transgenres non plus. C’est du Star Trek. Si ça vous dérange c’est que Star Trek vous dérange. Et si Star Trek vous dérange pour ça, Star Trek est alors bien mieux sans vous.

Mais bref.

Le temps passant, on ne peut néanmoins pas dire que si le principe d’inclusivité a été respecté, la licence est restée qualitativement égale à elle-même. Par exemple, je suis dépitée de voir que dans Discovery on suit un personnage moralement ambiguë et absolument invincible qui pleure tous les deux épisodes face à des enjeux qui n’existent que parce qu’ils doivent exister. Dans Picard, on découvre une Fédération qui ne saurait exister sous l’égide des deux plus grands amiraux de Starfleet de leur temps : l’Amiral Picard et l’Amiral Janeway, tous les deux des personnes inflexibles et qui ont toujours refusé de capituler et de renier leurs idéaux et principes. En clair, si cela est bien estampillé Star Trek, l’essence n’est plus là, même si la Saison 2 de Picard, bien qu’inégale, relève le niveau de Discovery. Cela étant, on notera les incroyables CGI des séries modernes qui dépassent parfois ce qu’on peut voir dans le cinéma. Elles auront au moins apporté cela que d’éviter l’écueil du rocher en mousse qui arrive dans la tronche de l’acteur depuis un hors-champ pour simuler un éboulement. On a donc enfin un budget à la hauteur des ambitions…

2022, Strange New Worlds

La saison deux de Star Trek Discovery se terminait par un envoi du vaisseau dans le futur afin de résoudre un danger menaçant toute la galaxie (spoiler au fait). Dans cette saison, le Discovery, alors sans capitaine à son début, se voit épaulé temporairement par le capitaine par le commandement du Capitaine Christopher Pike, normalement aux commandes de l’U.S.S Enterprise, étant dans la chronologie Star Trek l’homme qui précéda James Kirk aux commandes du légendaire bâtiment.

Campé par Anson Mount, le personnage de Christopher Pike fait ce que Jason Isaacs avait fait dans la première saison de Star Trek Discovery : éclipser le personnage principal de Michael Burnam joué par Sonequa Martin-Green. Le charisme de l’acteur, sa présence crevant l’écran, la sous-intrigue avec Spock, incarné par Ethan Peck, son écriture et sa force morale participent à redonner un élan de grandeur à la saison de Discovery et c’est la mort dans l’âme que l’homme regagnait son navire pour vivre de nouvelles aventures, nouvelles aventures aujourd’hui dévoilées dans le premier épisode de Star Trek : Strange New Worlds.

La relation Pike-Spock sera au coeur de la saison probablement

Je suis une immense fan de Star Trek, quoique de certaines séries plus que d’autres. Par exemple, pour vous qui savez que je suis transgenre, lors de mon changement de prénom, j’ai choisi en troisième prénom celui du Capitaine de l’U.S.S Voyager, vaisseau central de la série éponyme, j’ai nommé Star Trek : Voyager, porté par l’excellente actrice qu’est Kate Mulgrew dans le rôle du Capitaine Kathryn Janeway

Cette série, abrégée VOY, a portée mon enfance pendant ses septs saisons et c’est elle qui est à l’origine de bien de mes valeurs morales aujourd’hui et c’est bien parce que souvent j’aspire à être aussi forte que le personnage que j’ai l’insigne honneur de porter son prénom. Et à la fin de l’épisode, Mount nous regarde l’air de dire : c’est Star Trek bébé, et on est de retour comme en 40 ! Sérieusement, regardez cet homme… S’il me disait qu’en sautant dans un gouffre plein de lave en fusion cela me mettrait en sécurité, je lui demanderais si je dois effectuer des figures acrobatiques pendant ma chute !

C’est Star Trek, bébé, le vrai. Je suis là pour vous sauver !

Et justement, le premier épisode de Star Trek SNW est une véritable bouffée d’air frais après de longues années en apnée pour l’univers Nous y retrouvons un capitaine particulièrement idéaliste, hanté par le fait de connaître la mort horrible qui l’attend mais qui néanmoins tient sa peur en respect. On y retrouve les grandes lignes morales de l’univers dans le choix de la diplomatie plutôt que des armes, l’interaction entre les membres d’équipages, tous bien présentés et ce dès le premier épisode, interactions portées par Anson Mount qui est toujours absolument incroyable. En clair, c’est un véritable plaisir que de retrouver les bases de la licence Star Trek avec un univers cohérent et respecté, des effets spéciaux absolument splendides, des décors magnifiques, une distribution parfaite et dans la droite ligne de ce que doit être le casting d’une série ST et surtout, il évite l’écueil de Discovery de trop mettre sa technologie en avant, cette dernière étant particulièrement dopée et donnant lieu à d’interminables dialogues à base de techno-jargon très 70’/80’ qui aujourd’hui sont simplement malaisants… 

Toi, j’taime pas toi…

Si ce pilote ne sert que de mise en bouche, se terminant d’ailleurs sur un cliffhanger particulièrement surprenant mais ô combien appréciable pour moi, je ne peux que vous recommander de vous jeter sur cette nouvelle itération des aventures de l’univers imaginé par Roddenberry. Contrairement à Picard ou Discovery, vous découvrirez un premier épisode avec des enjeux clairs et définis, des personnages attachants et un “peps” de folie qui vous transmettra une bonne humeur et une foi en l’humanité comme jamais ! Vous voyez que les acteurs se régalent à jouer leurs rôles, qu’ils s’apprécient et ils véhiculent véritablement la sensation d’aimer le travail qu’ils font pour Starfleet, rejoindre les rangs de cette prestigieuse organisation tenant de la vocation, le travail n’ayant plus lieu d’être dans l’univers de Star Trek

Le renvol d’une légende

Maintenant, je n’ai qu’une question pour vous : qu’est-ce que vous foutez encore ici ? Faites-vous livrer un repas, profiter de votre confort et plongez vous dans ce fabuleux premier épisode de ce qui semble s’annoncer comme le point de départ de la renaissance de Star Trek sur le “petit écran” !

A propos de Johanna

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27 ans, célibataire, séduisante et disponi... quoi ? C'est pas ici pour racoler ? Bon. Et bien dommage ! Vous savez pas ce que vous loupez. Plus sérieusement, j'ai bien 27 ans. J'écris depuis mes 14 ans et Djin, l'ancien propriétaire et rédac-chef du site que je nommais affectueusement le Carlin, m'a dit "Wesh, je cherche des pigeo... des bénévoles pour le site !". Et moi j'ai dit oui. D'un caractère méchant, arrogante, prenant plaisir à exercer ses talents de personne foncièrement méchante quotidiennement, le tout avec un nappage de mauvaise foi et une cerise d'esprit de contradiction. Capacité à imiter le canard comme personne. Mentalement dérangée. Doctorat en calembour. Joignable sur Discord ici : Johanna#3616

7 Commentaires

  1. Avatar

    Je suis hyper emballé par cette nouvelle série car je suis un fan inconditionnel de Star Trek mais je vais faire comme avec Discovery et Picard, je vais attendre (im)patiemment quelques épisodes afin de les visionner à la suite.
    Long life and prosper

  2. Avatar

    Waaa superbe article 😉 je pensais pas trouvé ça ici… Bravo !

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      Merci beaucoup, je compte bien repasser sur tous les épisodes de SNW et écrire sur chacun d’entre eux tant le premier épisode m’a mis une claque comme jamais !

  3. Avatar

    Dans science-fiction, il y a science. Est-ce vraiment si tordu de parler de technologie dans de la science-fiction?

    Au sujet du “techno-jargon très 70’/80’”, je suis tout à fait d’accord, j’ai une sainte horreur de ça, et c’est pourquoi je n’ai jamais aimé ni regardé ST. TOUT ce qui y est technique, pas seulement les dialogues, est complètement lamentable, débile, idiot, illogique, (pourri?) dans ces séries.
    J’ai été, je suis, un grand fan de Stargate, c’est le jour et la nuit par rapport à Star Trek pour tout ce qui est technique et logique dans le déroulement des événements.

    Puis vint Discovery. Et enfin nous avons eu droit à des dialogues plausibles qui avait du sens.
    C’est ce qui m’a vraiment plongé dans l’univers ST, depuis j’ai regardé toutes les séries (la première de 66 était l’horreur, plus jamais), et j’ai appris à l’aimer. L’idéologie de Starfleet est vraiment sympa, mais l’univers reste franchement limité (beaucoup moins dans Discovery encore une fois) et on a (très) fréquemment un sentiment de déjà-vu (je ne regardais évidement pas qu’un épisode par semaine).

    Je suis fan de Discovery, j’ai bien aimé DS9, Picard la saison deux mieux que la première. TNG et VOY, pas de continuité, presque aucune évolution dans l’histoire générale, techno-jargon débile, souvent chiant, mais qq moments sympa quand même. J’espère que je vais aimer Strange New World.

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      Si tu as aimé DISC mais pas TNG/VOY, il y a très peu de chance que tu aimes SNW. Quant à Discovery, je suis navrée, mais c’est la série qui respecte le moins l’univers, que ce soit sa cohérence ou ses valeurs. Contrairement à SNW justement.

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        Merci pour cet article,fan de tous les trek …ayant eu un gros coup de coeur pour voyager
        J’ai apprécié tng ,tos ,même la série avec Scott bakula,fan aussi de ce que j’appelle le t.u.m ,trek univers movies ,je me réjouit à l’idée que star trek n’est pas mort et compte des fans d’une nouvelle génération
        Merci pour cet article

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      Discovery est pour moi un très bon Star Trek, basé sur la technologie en priorité, le reste c’est du réchauffer et il a été une bouffer d’air frais !!!

      j’ai même beaucoup apprécié le couple Gay car il est pas basé sur tous les clichés comme la série Modern Family sur les Gay 😆

      Enfin dans tous les cas Team : Star Wars (Star trek fait pas le poids face a la force 🤣😂🤣)

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