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TEST – Rainbow Six Extraction

La licence Rainbow Six fait partie de ces dinosaures du milieu vidéoludique. Ces licences qui ont toujours été là, même sans que l’on y joue forcément nous-mêmes. Elles ont su se tailler une place dans le marbre et pour ainsi dire aucun joueur ne connaît pas au moins de nom ces licences

Ainsi, aujourd’hui on se penche sur le dernier né Rainbow Six, j’ai nommé Extraction, afin de savoir ce qu’il a dans le ventre. Commençons, voulez-vous ?

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TEST

Il était une fois…

Tom Clancy. Vous le connaissez aussi, parce que son nom précède pléthore de créations du studio Ubisoft. The Division, Ghost Recon, Rainbow Six… Sa participation avec le studio français ne date pas d’hier et la collaboration fera naître des jeux au succès plus ou moins retentissant et à la qualité aléatoire, la plupart du temps les idées étant très bonnes, mais la mise en application plus délicate.

Thomas Clancy donc, est un écrivain américain, connu pour ses écrits mettant en scène des uchronies parfois surprenantes de précision au cours du temps. Passionné par l’armée, ses romans sont qualifiés de “techno-thriller”. On y retrouve des agences secrètes, des complots, des guerres, des unités anti-terroristes fictives, mais qui prennent vie sous la plume du bonhomme par la quantité de détails crédibles qu’il s’acharne à donner à ses oeuvres. 

Auteur de “The Hunt for Red October” dont le nom francophone “À la poursuite d’Octobre Rouge” devrait aussi vous être familier tant il fait aussi partie de la culture populaire, qui plus est inspiré de faits réels, il cofonde en 1985 la société Red Storm Entertainment avec Doug Littlejohns, un ancien membre de la Royal Navy. Dès lors, les sorties de romans de Thomas Clancy se feront simultanément avec celles de jeux adaptant lesdits romans via Red Storm Enternainment (dont vous noterez que l’acronyme RSE renvoie à celui de Rainbow Six Extraction, parce que tout est lié !). 


C’est ainsi que Rainbow Six premier du nom sort en 1998 sur PC, N64, PlayStation et Dreamcast.

Rainbow Six

Contrairement aux autres FPS, Rainbow Six se qualifie de FPS tactique. C’est à dire un jeu où la tactique et la stratégie priment sur les phases d’actions pures et dures. Vous devrez soigneusement sélectionner l’équipement des membres de votre équipe et définir une approche précise afin de réussir la mission sans perdre personne, qu’il s’agisse d’otages ou de vos soldats. Mieux, il faudra également que vous preniez en main le déroulement précis de l’opération phase par phase en fonction des informations de briefing. 

L’intérêt du jeu résidait d’ailleurs dans toute cette phase préparative. En effet, pour avoir été moi même militaire, je peux vous garantir qu’une mission, c’est une énorme phase d’organisation en amont pour une très courte phase sur le terrain. Tout doit être absolument millimétré pour laisser le moins de place possible aux situations d’improvisation. 

Et bien entendu, dès son premier volet, la franchise se dote d’un multijoueur qui offrait déjà à l’époque une palanquée de modes différents où la coopération était de mise. 

C’est donc sur ses bases que la franchise va poursuivre son développement avec de nombreux opus jusqu’à Rainbow Six Siege puis, dernier né : Rainbow Six Extraction sorti le 20 janvier dernier. 

Si la franchise aura gardé sa volonté de “réalisme” (relatif), elle aura fini par se concentrer davantage sur l’aspect multijoueur que sur le solo avec une histoire. C’est donc un peu surprenant de voir un jeu entièrement PvE coopératif surgir. Mais de vous à moi, la surprise s’est avérée bonne. Alors rentrons dans le vif du sujet !

RAINBOW SIX EXTRACTION

Rainbow Six Extraction donc, développé par Ubisoft Montréal, arrive après sept ans sans nouvel opus mais un suivi plus ou moins régulier dans le temps de son prédécesseur Rainbow Six Siege

Déployé sur PC, PlayStation 4&5, Xbox One & Series le 20 janvier 2022, il vous plonge dans une invasion mondiale d’un parasite extraterrestre nommé Archéen. C’est ainsi qu’au sein d’une équipe de trois joueurs, vous vous lancerez dans des incursions au sein de zones infestées afin de lutter contre les Archéens en question. Vous évoluerez dans quatre emplacements, chacun divisé en trois cartes, elles-mêmes séparées en plusieurs sous-zones.

De New York à l’Alaska en passant par Chicago, vous aurez de quoi faire, croyez-moi, et la menace est à ne pas sous-estimer. Surtout dans les derniers environnements qui impliquent en plus des modificateurs qui viendront certes vous rémunérer davantage en expérience, mais surtout vous compliquer parfois salement la tâche.

Le système d’agents

Comme dans Rainbow Six Siege, vous aurez à votre disposition des agents du REACT ( Rainbow Exogenous Analysis and Containment Team), pour l’instant au nombre de 18, tous pouvant gagner de l’expérience au long de 10 niveaux qui octroieront bonus et armes. Chacun aura accès à son panel d’armes et à une compétence unique, comme dans Rainbow Six Siege pour les connaisseurs. 

La particularité intéressante de ce système prend place avec les statuts des agents. Tous ont le même montant de PV, à savoir 100. Quand vous sélectionnerez un agent pour effectuer une mission avec lui, vous pourrez prendre des dégâts au cours de la mission, allant jusqu’à la mise à terre de votre agent. Si vous vous extrayez, alors votre agent restera disponible, mais ne récupérera pas les PV perdus au cours de la mission, et même, si ce montant perdu est trop important, vos agents ne pourront pas être renvoyés en mission avant d’avoir récupéré un peu.

Dès lors, vos agents pourront récupérer de la santé afin de revenir à leur maximum et être redéployé. Mais cette récupération ne sera pas passive. Pour que vos agents blessés recouvrent leur santé, il vous faudra accomplir une autre mission (n’importe laquelle) avec un autre agent. À la fin de cette mission, selon vos performances et votre expérience gagnée, un montant de PV sera crédité à vos agents blessés, leur permettant de revenir à leur plein potentiel au cours du temps et selon vos performances.

Vous pouvez également, si votre agent tombe à 0 PV au cours de la mission, vous retrouver à terre. À ce moment, si la situation et surtout, si la compétence de vos équipiers le permet, ils pourront récupérer votre corps qui se couvre d’une mousse REACT protégeant les agents tombés des Archéens. Il s’agira dès lors de le ramener au caisson du point d’extraction. Votre agent sera donc blessé avec 0 PV mais pas disparu. 

En revanche, si tout le monde tombe à terre dans la mission ou si vos collègues s’extraient sans récupérer votre corps, alors votre agent sera déclaré disparu (MIA). Qu’est-ce que cela signifie ? Simplement que votre agent est capturé par les Archéens. Il devient donc indisponible au déploiement jusqu’à ce que vous le récupériez. Pour cela, vous devrez revenir sur la zone où il a été porté disparu au cours d’une nouvelle mission et le récupérer pour le ramener au caisson d’extraction. 

Notez que tant qu’un agent sera porté disparu, son expérience personnelle et celle qu’il a apportée à votre niveau de développement REACT demeurera en suspens. Si vous échouez à récupérer votre agent perdu au cours d’une prochaine incursion, cette expérience vous sera définitivement retirée. C’est là que le nom même du jeu prend tout son sens : Extraction, parce qu’à tout moment vous pouvez demander à sortir de la zone en vous rendant au point d’extraction. Ce qui m’amène au gameplay.

Un gameplay qui me plaît !

RSE encourage une chose assez rare dans un FPS : la lenteur. Mais pas au sens péjoratif du terme. Le jeu a un rythme bien plus lent que les autres. Mais ce n’est pas une tare. Bien au contraire, c’est là toute sa force. Quand vous vous lancerez dans des incursions, vous aurez trois objectifs à accomplir, un par sous-zone avec, comme susmentionné, la possibilité de vous extraire à chaque sous-zones, que l’objectif soit accompli ou pas. 

Parce que le jeu, s’il vous prend bien par la main au long du tutoriel et un peu par la première zone assez facile, ne vous fera très vite plus de cadeau. La furtivité, la prudence et la coopération seront les maîtres mots d’une incursion réussie. Les agents sont fragiles, les Archéens frappent fort, ont un panel d’unités vicieux, et même l’environnement jouera contre vous tandis que les ressources seront rares. Tout est fait afin que vous compreniez que vous n’avez rien à faire là et que votre présence est indésirable.

En ce sens, Rainbow Six Extraction n’est pas un jeu où vous pourrez défourailler à tout va comme des furieux, même si, en cas de repérage par l’ennemi, vous aurez des agents capables de déployer une forte puissance de feu à l’encontre du parasite.  

Comme dans les précédents Rainbow Six, le décor est interactif. Qu’il s’agisse d’un élément destructible au travers duquel vous pourrez abattre les ennemis qui ne se doutent pas de la menace, des protections déployables à certains endroits pour endiguer des vagues, ou même de l’Émergence, cette substance noire huileuse qu’émettent les Archéens à leur mort, si vous n’êtes pas prudent, vous allez vite vous en mordre les doigts. 

L’Émergence d’ailleurs, il conviendra de vous en méfier. Elle se répand partout d’elle-même et quand vous tuerez des Archéens. Vous pourrez la repousser en tirant, mais sachez que si vous marchez dedans, elle vous ralentira sérieusement, ce qui peut drastiquement vous compliquer la tâche en cas de repli si vous êtes sous le feu. 

Autre mécanique intéressante, vos armes sont toutes équipées de lampes tactiques REACT. Ces dernières émettent une lumière qui fait réagir la matière Archéenne à travers les éléments destructibles du décors et indique leur point faible. 

Incursions, sous-zones & objectifs

Le jeu possède donc quatre biomes, chacun avec trois zones pour donc un total de douze maps actuellement. Chacune de ses zones est divisée en trois sous-zones qu’il vous faudra parcourir en tâchant de survivre et d’accomplir un objectif propre à chaque sous-zone. De la libération d’un agent à la collecte de matériel génétique en passant par la capture d’ennemis élites ou d’éliminations furtives, vous aurez fort à faire. 

Sur chaque sous-zone se présente un point d’extraction et un sas. Le premier vous permet si vous vous tenez dessus de quitter la zone à tout moment, que vous soyez à la première comme à la dernière sous-zone, que l’objectif soit accompli ou non. N’hésitez jamais à vous extraire plutôt que de chercher à forcer plus avant dans la mission. Il sera souvent plus prudent de sécuriser votre avancée plutôt que de risquer de perdre un agent et tous vos gains.

Le second, le sas, vous permet de passer à la sous-zone et donc à l’objectif suivant. Ce sera à vous de juger si vous pouvez ou non vous le permettre en fonction de votre santé, de vos ressources et de la difficulté déjà rencontrée jusqu’ici.

Par ailleurs, chaque biome comporte aussi ses propres “Études”. Il s’agit d’objectifs à compléter qui vont vous octroyer une grande quantité d’expérience pour votre niveau de développement REACT mais également offrir des skins pour vos armes et personnages. Il s’agit d’objectifs variés comme éliminer des ennemis d’une certaine façon, infliger certains dégâts, accomplir certaines actions… Mais ils sont importants pour votre progression. Je recommande personnellement de compléter les Études d’une zone à 100% avant de passer à la suivante. Cela vous aidera à vous familiariser avec le jeu et ce ne sera pas de trop considérant la difficulté croissante de ce dernier !

Quand vous arriverez dans les biomes les plus difficiles, vous aurez même des modificateurs. Par exemple, Émergence Acide qui vous infligera des dégâts si vous avez le malheur de marcher dedans. Ces modificateurs changeront radicalement votre approche de la mission et votre manière de progresser. 

Enfin, pour les plus téméraires, vous aurez le protocole Maelstrom et le mode Contre-Attaque. Le premier est un mode où vous devrez aller le plus loin possible avant de mourir tandis que le second est un mode où la menace est critique et où vous aurez des modificateurs très handicapants !

Michel, un point sur la technique ?

Absolument Michel ! Et j’ai du lourd, du très très lourd ! (Si vous avez la référence, vous gagnez mon estime !)

Aspect visuel & graphismes

Sur ce point, si Rainbow Six Extraction n’est pas LE jeu next-gen qui fera péter vos GPU et fumer votre RAM, il n’en demeure pas moins solide graphiquement avec des effets très réussis, surtout au niveau de l’Émergence. Les décors sont soignés et fournis. L’impression post-apo est très bien rendue surtout avec les flèches Archéennes qui percent les bâtiments et le décors par endroits. 

La direction artistique est propre, sans fioritures mais sans prise de risque particulière. Les Archéens ont une identité visuelle bien à eux, et leur sound design est très soigné.

Les cinématiques en revanche, sont de toute beauté. S’il serait surprenant que, du fait de leur rareté, elles aient bénéficié de motion capture, elles sont en revanche vraiment bien animées et bénéficient d’un soin évident.

Sound design & doublage

Si, sauf erreur de ma part, il n’y a pas de grands noms du doublage français derrière les personnages de Rainbow Six Extraction, celui-ci demeure néanmoins de qualité. Sans briller, il fait le travail et il le fait bien, c’est ce qu’on attend de lui. Souvenez-vous que parfois le mieux est l’ennemi du bien. 

Concernant le sound design général, il est irréprochable. Depuis le son des armes aux bruits généraux des personnages et du décor, il n’y à rien à reprocher sur ce point. Bon, si je voulais chipoter en tant qu’ancienne militaire, je pointerais (mais ce n’est pas un défaut inhérent à Rainbow Six Extraction pour le coup) cette légende urbaine popularisée par le cinéma et les jeux vidéos concernant le bruit d’un tir d’une arme équipée d’un suppresseur…

Mais bon, c’est ancré dans l’imaginaire collectif et ça ne vient désormais pas briser la suspension consentie d’incrédulité du joueur. 

Mention spéciale pour la musique et surtout le thème principal. Sombre, discret mais marquant avec des instruments rarement utilisés pour une telle production. En jeu, le choix fait est similaire à un Dark Souls : vous aurez rarement de la musique. Loin d’y voir une velléité économique, il faut au contraire voir ça comme un choix artistique. L’absence de musique, le bruit des Archéens, tout ça offre une ambiance pesante au jeu et participe énormément à son identité sonore.

Conclusion

Si Rainbow Six Extraction ne marquera pas les anales, c’est sûr, il s’agit cependant d’un bon jeu, d’une valeur sûre surtout si vous le faites avec des amis. Ses mécaniques sont intéressantes, et pour un prix honnête vous vous assurerez plusieurs heures de contenu pour platiner le jeu avec un gameplay soigné et intéressant.

Le seul reproche honnête que je pourrais lui faire, c’est concernant le manque de personnalisation des agents en termes d’armement. Certains ont des options vraiment limitées je trouve. 

Du reste Ubisoft a bien bossé et je recommande totalement le jeu !

A propos de Johanna

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27 ans, célibataire, séduisante et disponi... quoi ? C'est pas ici pour racoler ? Bon. Et bien dommage ! Vous savez pas ce que vous loupez. Plus sérieusement, j'ai bien 27 ans. J'écris depuis mes 14 ans et Djin, l'ancien propriétaire et rédac-chef du site que je nommais affectueusement le Carlin, m'a dit "Wesh, je cherche des pigeo... des bénévoles pour le site !". Et moi j'ai dit oui. D'un caractère méchant, arrogante, prenant plaisir à exercer ses talents de personne foncièrement méchante quotidiennement, le tout avec un nappage de mauvaise foi et une cerise d'esprit de contradiction. Capacité à imiter le canard comme personne. Mentalement dérangée. Doctorat en calembour. Joignable sur Discord ici : Johanna#3616

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