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MANEATER [TEST]

 

Maneater test avis note review

Retrouvez le test de Maneater, un ARPG déjanté aux dents longues.

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Il y a 30 ans environ lorsqu’il s’agissait d’explorer les fonds marins, vous incarniez un doux et pacifique dauphin nommé Ecco. Signe d’un temps peut-être plus brutal, aujourd’hui c’est un autre poisson, nettement plus dentu pour le coup : le requin. Soit, mais ce n’est pas non plus le premier du genre, me direz-vous, et vous aurez raison puisque des jeux de squale il y en a eu beaucoup, le doyen Shark Jaws datant de 1975, année des « Dents de la mer ». En outre, au milieu des simulations « portnawak » à la Goat simulator, voire Rock ou Grass simulator (simulation de caillou et gazon – véridiques) sont effectivement sortis des titres centrés sur les célèbres sélachimorphes… mais pas du tout comme Maneater.

Différents genres passés au Sha(r)ker

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Spécialistes des jeux tout en finesse (Killing floor ou Rising Storm), Tripwire Interactive llc. nous offre aujourd’hui un voyage plutôt singulier mais surtout osé. Culotté car Maneater n’est pas un énième jeu de requin « bas du museau », non… Maneater est un Action RPG en Open World. Mieux encore, il est vraiment construit comme tout jeu en monde ouvert avec ses boss, collectibles, objectifs secondaires et sa trame scénaristique. Un tutoriel fait office d’introduction à l’histoire et vous donne vite le ton en vous mettant dans la peau d’un requin-bouledogue adulte femelle. Vous y apprendrez à vous déplacer, sauter, lancer des attaques caudales, broyer poissons, tortues et humains bien sûr avec votre puissante mâchoire.

Pourtant, oui il y a bien un scénario en 9 épisodes qui fait la part belle à la vengeance et que je trouve d’ailleurs très inspiré du film Orca de 1977 (superbe B.O d’Ennio Morricone – 3:30) – un des premiers ersatz de « Jaws » mais avec une Orque. En effet, votre requin tombera dans les mailles de l’Ecailleux Pete, sorte de capitaine Achab (ou de Quint aka Robert Shaw) qui rêve d’éradiquer les squales des océans et d’en trouver un en particulier. Après une césarienne sans anesthésie, il vous donnera naissance, vous gratifiera d’une belle cicatrice et vous ne manquerez pas de lui rendre la pareille avant d’être rejeté à l’eau. Passé cette première cinématique vous serez donc lâché dans le grand bain dans la peau d’un requin… bébé femelle. A compter de maintenant démarre votre quête en vue de retrouver et croquer l’assassin de môman.

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Just call me Bruce !

Au premier regard sur Maneater je m’étais imaginé diriger le fameux Carcharodon Carcharias nommé « Bruce » (NDLR : nom donné au requin mécanique des « Dents de la mer » en référence à l’avocat de Steven Spielberg), puis me souvenant du bon Jaws Unleashed de 2006 (PS2, PC, Xbox) et peut-être pour s’affranchir totalement de la licence aussi, je compris le choix de Tripwire de nous mettre dans la peau d’une autre race de requin. Plus agressif et au moins aussi mordant que son Grand Blanc de cousin, vous voici dans les nageoires d’un bébé-bouledogue de niveau 1, inutile donc de vouloir griller les étapes au début du jeu… mon humiliante première rencontre avec un alligator niveau 8 n’en fut que plus brève et intense. Par conséquent c’est la course à la croissance et à l’évolution.

La croissance est uniquement liée à l’XP collectée en mangeant tout ce qui passe près de vous, ramassant des objets, affrontant des boss ou menant à bien des missions. Ainsi vous passerez donc de bébé à adolescent, adulte, ancien, etc. en clair : plus gros et plus puissant.
L’évolution est différente, en bon RPG qu’il est, Maneater vous permet de vous doter de « capacités », « d’armures » (il y a même des sets complets) et d’attributs spécifiques. Il existe différents moyens d’en obtenir mais l’un des plus fun est clairement la chasse aux niveaux « d’infamie ». Il s’agit simplement de votre capacité à semer la terreur et la panique chez les humains dans les différentes zones du jeu. Plus vous attaquerez, avalerez de baigneurs ou plaisanciers, plus ce niveau montera et vous serez alors traqué par des chasseurs de prime. Mais c’est au franchissement de chaque palier que les choses deviennent intéressantes puisque c’est à ce moment-là qu’un des dix « chasseurs nommés » se mêlera aux autres, et si vous le croquez, alors vous empocherez une nouvelle évolution (dents électriques, jauge de vie, digestion des minéraux, etc.). Je disais fun ci-dessus, indéniablement, mais pas facile pour autant car plus les niveaux montent plus vos adversaires sont forts (logique), mieux armés, mais surtout nombreux et ils visent très bien… même si vous plongez.

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En complément, les évolutions peuvent être aussi améliorées par palier (portée du radar, puissance, etc.) via certaines quantités de composants acquis en tuant les habitants des lieux (il en existe 3 sortes au total). L’ensemble des autres missions secondaires est un peu redondant puisqu’il s’agit essentiellement de dévorer un banc de poisson, avaler une dizaine d’humains (ce qui conduit invariablement à augmenter votre niveau d’infamie) ou combattre un puissant prédateur.

Open world oblige vous serez régulièrement amené à faire des allers retours entre les différentes zones puisque certains lieux ne sont accessibles qu’une fois une nouvelle étape de croissance franchie (adulte, ancien, etc.) ou simplement parce que votre niveau était insuffisant auparavant… l’alligator susmentionné a tâté de mes dents quand je suis revenu(e)… adulte 🙂

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Un univers cohérent et travaillé

Disons-le tout de suite, au visionnage des différentes vidéos de gameplay je craignais beaucoup de complexité dans le maniement, problèmes de caméra ou des bugs de collision à répétition… eh bien non, c’est fluide et même si les combats sont parfois brouillons, on prend finalement le coup. C’est donc sans trop lutter et avec plaisir qu’on se met en chasse au sein d’environnements sous-marins et terrestres (on peut sortir de l’eau – pas longtemps) franchement beaux (Unreal Engine 4). Environnements variés aussi car l’open world est assez vaste et se découpe en 8 espaces aux identités très différentes, un bayou à l’eau trouble au début, une zone industrielle bien polluée par la suite, une riche station balnéaire, etc., le tout relié par un réseau de conduits sous-marins où des grottes vous servent d’abri (pour vous équiper) et de checkpoint (pour s’y téléporter).

Chacune de ces zones a sa propre flore et faune qui compte proies faciles (mérous, maquereau rois, tortues, etc.), prédateurs (barracudas, alligators, requins mako, etc.) puis « prédateurs suprêmes » (versions uniques et hard des précédents) qui font office de boss de zone et vous récompensent en conséquence. A noter au passage que le travail de documentation et de modélisation effectué par les équipes de développement est remarquable. Pour l’anecdote, Tripwire s’est adjugé les services de Quixel Megascans (racheté fin 2019 par Epic), une vaste base de données photogrammétrique permettant un meilleur rendu des textures ou des volumes par exemple.

Sachez aussi que tout au long de votre aventure vous serez au centre d’une émission de télé-réalité et que donc la voix off désabusée d’un commentateur (Chris Parnell – Rick & Morty ou Le Show de M. Peabody & Sherman) vous accompagnera en vous dispensant d’intéressantes notions culturelles sur les requins ou des remarques caustiques teintées d’écologie. Mais si vous n’êtes pas trop doué dans la langue de Shakespeare, puisque les pistes audio sont en anglais (les textes sont traduits), vous risquez de passer souvent à côté puisque focalisé sur l’action.

Enfin j’ajoute une remarque technique pour les utilisateurs de consoles Microsoft. Si, comme je le disais, je n’ai pas noté de bugs particuliers au long de mon aventure, en revanche ma Xbox One X a souffert. En effet, dans certaines circonstances (nage en surface, sorties de l’eau ou dans certains menus) le ventilateur s’emballe, tant et si bien que j’ai même eu droit à plusieurs crashs de la console et malheureusement, si j’en crois quelques avis partagés, il semble que je ne sois pas le seul. En règle générale je ne suis pas le dernier à râler sur les patchs Day One, mais là j’espère vivement qu’un correctif sera disponible lors de la sortie… sauf si vous envisagez de cuire du bacon sur la console. Pour les joueurs PS4, n’hésitez pas en commentaire à nous indiquer si vous constatez les mêmes problèmes sur la machine de Sony.

[NDLR] A ce sujet, nous avons quand même pris contact avec Tripwire et Koch Media (Deep silver), ces derniers nous ont indiqué qu’un patch Day One sera bel et bien déployé le 22 mai sans que nous puissions confirmer si cela réglera ce problème précis ou non.

croix petit Positif Points Positifs

  • Un vaste monde ouvert
  • Du pur fun
  • Visuellement très joli

croix petit Négatif Points Négatifs

  • Combats parfois un peu brouillons
  • Redondance des « missions »
  • Surchauffe sur Xbox One X (PS4 ?)

Maneater

Notre avis - 7

7

Bon

Arriver à mélanger A-RPG scénarisé, Open World et Requin est un tour de force que Tripwire a réussi à relever. Non exempt de défauts, notamment une certaine répétitivité, Maneater est néanmoins un bon jeu. Doté d’une jouabilité assez facile à prendre en main, d’un ton léger dans de très jolis environnements, le titre mérite amplement qu’on lui sacrifie une quinzaine d’heures en attendant l’arrivée prochaine des grosses licences. Mais attention, ceci sous réserve que le problème de surchauffe que nous avons rencontré sur Xbox One X soit corrigé.

User Rating: 3.25 ( 2 votes)

Maneater
Plateforme : PC, Xbox One, PlayStation 4, Nintendo Switch (courant 2020)
Développeur : Tripwire Interactive llc.
Éditeur : Deep silver

Genre : Action RPG en Open World avec un Requin – ou « shARkPG »
Sortie : 22 mai 2020
Testé à partir d’une version Xbox One fournie par l’éditeur

A propos de OlderPlayer

Joueur depuis 1979, autant dire hier donc. Habitant d'adoption de Nosgoth je vis mes aventures aussi bien chez Sony, Microsoft, Nintendo que sur PC. Collectionneur, si vous avez une Panasonic Q ou une des GBA SP en or massif à vendre pour une poignée d'euros ... allez, je vous en débarrasserai de bon coeur ;-)
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