Pourquoi les fans adorent ce jeu Assassin’s Creed plus que tous les autres ?

Guerrier antique armé dominant la baie méditerranéenne

Un film au cinéma peut faire plus pour un jeu vidéo que n’importe quelle campagne marketing. La preuve concrète : Assassin’s Creed Odyssey vient de décrocher la première place du classement Steam pour l’ensemble de la franchise, et ce coup de pouce inattendu vient directement du dernier blockbuster de Christopher Nolan. Pas d’événement en jeu, pas de mise à jour majeure, juste un film sorti en salles qui a rameuté des millions de curieux vers une aventure vieille de plusieurs années.

Odyssey au sommet : ce que disent les chiffres Steam

Les données parlent d’elles-mêmes. Assassin’s Creed Odyssey affiche désormais 89 % d’avis positifs sur la plateforme Valve, toutes évaluations confondues. C’est suffisant pour dépasser le précédent tenant du titre, Assassin’s Creed 2, longtemps considéré comme la référence absolue de la série, qui plafonne à 86 % sur la même base. Un écart modeste en apparence, mais symboliquement énorme : AC2 régnait sur ce classement depuis des années.

Pour situer la place d’Odyssey dans la franchise, voici comment se positionnent les principaux épisodes sur Steam :

Jeu Avis positifs Steam Positionnement dans la série
Assassin’s Creed Odyssey 89 % 1er
Assassin’s Creed 2 86 % 2e

Odyssey est le onzième épisode principal de la saga Ubisoft. Sorti en 2018, il proposait déjà un gigantesque monde ouvert ancré dans la Grèce antique, avec des mécaniques de jeu de rôle poussées et une liberté narrative rare pour la franchise. Le jeu avait reçu un bon accueil à l’époque, mais rien qui laissait présager ce regain d’intérêt fulgurant plusieurs années après sa sortie.

Ce phénomène n’est pas une anomalie isolée. Marvel’s Spider-Man 2 connaît une dynamique similaire depuis que Spider-Man : Brand New Day est devenu le cinquième film le plus rentable de tous les temps au box-office mondial. Les grandes sorties cinéma orientent massivement les recherches des joueurs vers des titres thématiquement proches.

Christopher Nolan, l’Odyssée d’Homère et l’effet domino sur les joueurs

Comprendre ce phénomène, c’est d’abord comprendre le film. Christopher Nolan a adapté L’Odyssée d’Homère, le poème épique fondateur de la littérature occidentale, avec toute la démesure visuelle qu’on lui connaît depuis Inception, Interstellar ou The Dark Knight. Le résultat ? Un cyclope animatronique gigantesque, le Cheval de Troie, Charybde et Scylla, du body horror assumé, et les rebondissements du texte original restitués avec un sens du spectacle rare.

Le film a rapporté plus de 1,446 milliard de dollars au box-office mondial. C’est l’un des plus grands succès commerciaux de la carrière de Nolan. Tom Holland tient l’un des rôles principaux, aux côtés de Jon Bernthal, et leur présence combinée n’a clairement pas nui à l’attractivité du projet.

Le mécanisme qui explique l’envol d’Odyssey sur Steam est finalement très élémentaire :

  1. Le spectateur ressort de la séance fasciné par l’univers grec antique.
  2. Il cherche une expérience interactive dans ce même cadre historique.
  3. Ubisoft a précisément construit un monde ouvert gigantesque dans cette période, avec des îles, des batailles navales et des figures mythologiques.
  4. Les avis positifs s’accumulent, le score remonte, et la visibilité sur Steam augmente mécaniquement.

Franchement, la logique est imparable. Sortir d’une salle de cinéma avec l’image de la mer Égée plein les yeux et tomber sur un jeu qui simule exactement cet univers, c’est une conversion commerciale presque automatique. Ubisoft n’a rien déboursé pour ce coup de pub, et c’est bien là l’ironie savoureuse de l’histoire.

Notons en revanche l’absence notable d’Assassin’s Creed 2 dans cette dynamique cinématographique. La Renaissance italienne, terrain de jeu d’Ezio Auditore, ne figure pas parmi les grandes productions de 2026. Ce n’est pas une question de qualité du jeu, juste une question de contexte culturel du moment.

Ce que ce moment révèle sur la longévité des jeux en monde ouvert

Assassin’s Creed Odyssey qui revient dans le top des ventes et des notations Steam des années après sa sortie, c’est aussi le signe d’une tendance plus large. Les jeux à monde ouvert ont une durée de vie commerciale bien supérieure aux productions linéaires. Ils bénéficient d’une seconde jeunesse dès qu’un événement extérieur, film, série, exposition culturelle, remet leur univers au goût du jour.

Pour un joueur qui découvre Odyssey aujourd’hui, l’expérience reste remarquablement complète. Des dizaines d’heures de contenu, une carte immense couvrant la Grèce continentale et des dizaines d’îles, des arcs narratifs multiples et des choix qui influencent l’histoire. Pour moi, c’est même la meilleure porte d’entrée dans la saga pour quelqu’un qui vient de voir le film de Nolan : l’ambiance colle parfaitement, les références mythologiques sont nombreuses, et le niveau de finition reste solide.

Ce type de synergie entre cinéma et jeu vidéo mérite d’être surveillé de près. Les éditeurs auraient tout intérêt à anticiper les grandes sorties culturelles pour remettre en avant leurs titres thématiquement connectés, avec des promotions ciblées ou des mises en avant sur les storefronts numériques. Ubisoft a bénéficié ici d’un alignement fortuit. La prochaine fois, ce pourrait être une stratégie délibérée et planifiée dès la production du film.

Cecile
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