Zelda classique : ce fan a créé l’impensable (et c’est bluffant)

Guerrier avec épée et bouclier devant portail magique souterrain

Nintendo n’a plus sorti de Zelda classique en vue du dessus depuis A Link Between Worlds en 2013. Treize ans, c’est long. Echoes of Wisdom a bien gratté la nostalgie en 2024, mais sans retrouver la structure rigoureuse des donjons à clés, des Sages à libérer et des puzzles à options nettes. Square Enix, via son Team Asano — les créateurs d’Octopath Traveler, de Bravely Default et de Triangle Strategy — a décidé de combler ce vide avec The Adventures of Elliot : The Millennium Tales, développé conjointement avec Claytechworks. Annoncé lors du Partner Direct de juillet 2025, le titre est passé presque inaperçu. C’était une erreur.

Un ADN Zelda assumé et revendiqué

Disons-le sans détour : The Adventures of Elliot est le successeur spirituel de Zelda que beaucoup attendaient sans oser le formuler. Le héros, Elliot, part en aventure accompagné de sa fée Faie dans un monde ouvert peuplé de monstres, voyageant entre distinctes époques pour sauver une princesse. Si vous remplacez Elliot par Link et Faie par Navi, le résumé est identique à Ocarina of Time. Ce n’est pas un défaut — c’est précisément ce qui rend le projet intéressant.

Faie propose même une option baptisée « Partner Chattiness » pour régler sa fréquence de prise de parole. Un clin d’œil direct aux millions de joueurs traumatisés par les interruptions incessantes de Navi. Elliot est lui un peu plus bavard que Link, mais ça ne dénature pas l’expérience — l’atmosphère de mystère et d’exploration reste intacte, fidèle à ce que la série Nintendo a construit sur quarante ans.

Le monde de Philabieldia se découpe en régions distinctes. La zone enneigée de Whiterea, étudiée lors de la session preview, regorge de grottes secrètes, de mini-donjons et de sanctuaires cachés. La densité de contenu est frappante : en restant dans un coin réduit de cette région, on peut y passer un temps considérable sans en voir le fond. Ajoutez à ça le fait que le monde change selon les « Âges » traversés par Elliot — exactement comme Hyrule enfant contre Hyrule adulte dans Ocarina of Time — et la promesse d’un jeu costaud se confirme.

Donjons, combat et personnalisation : ce qui change vraiment

Le premier donjon testé, les Doorway Ruins, accueille le joueur avec une immense porte rouge verrouillée. Classique. Les salles secondaires enchaînent les puzzles de miroirs réfléchissants, les coffres dissimulés, les murs destructibles à la bombe et les solutions étalées sur plusieurs étages. La immense clé de boss renvoie dans la salle de départ — comme si Nintendo avait validé le level design lui-même. La structure est impeccable et immédiatement reconnaissable.

Mais voici ce qui distingue Elliot d’une copie servile : le système de combat. Elliot manie l’épée, l’arc, les bombes et le boomerang — oui, le classique quartet — mais avec une liberté de visée à 360° absente chez Link en 2D. Surtout, un système d’amélioration par Magicite (fragments récupérables dans des pots brisés ou sur les ennemis vaincus) débloque des capacités passives activables à la demande :

  • Flèches à ricochets multiples touchant plusieurs ennemis simultanément
  • Projectiles à auto-guidage pour cibler les adversaires mobiles
  • Augmentation de la puissance d’attaque dans certaines configurations

Faie apporte sa propre couche stratégique. Sa compétence Ignite, par exemple, lui permet d’attaquer les ennemis d’un côté de l’écran avec des flammes pendant qu’Elliot gère l’autre côté au corps-à-corps. Cette dualité offre une flexibilité tactique réelle, pas juste cosmétique. D’autres capacités accordent une accélération temporaire ou des téléportations courtes, utiles aussi bien en combat qu’en exploration.

Voici une comparaison rapide des mécaniques clés entre Elliot et les références du genre :

Fonctionnalité The Adventures of Elliot A Link Between Worlds
Structure des donjons Clés, boss, étages multiples Clés, boss, locations ouvertes
Visée des armes 8 directions + améliorations 8 directions fixes
Compagnon actif Faie avec compétences offensives Ravio (marchand, non combattant)
Voyage temporel Oui, impacte le monde ouvert Non

Technique, ambiance et ce qu’on attend pour la sortie

Le style HD-2D développé par Square Enix depuis Octopath Traveler en 2018 n’est plus une révolution visuelle. En huit ans, il est devenu un standard attendu. Ce qui frappe ici, c’est l’animation des environnements — le reflet d’un coffre sur une plateforme lointaine, la lueur orangée d’un ennemi de feu dans une caverne sombre — Philabieldia respire comme peu de mondes en 2D l’ont fait.

La preview se déroulait sur PS5, mais le jeu est également prévu sur Switch 2 exclusivement côté Nintendo — contrairement à Octopath Traveler 0 qui couvre les deux générations. Franchement, ça mérite qu’on croise les doigts — les performances sur la console hybride de Nintendo devraient logiquement tenir la route sur ce type de rendu, mais rien n’est garanti avant les tests finaux.

Lors du second donjon visité, le Dragon Pillar Dungeon, la variété des ennemis s’est révélée impressionnante — chaque adversaire impose d’adapter son approche. Et pendant 90 minutes de jeu, chaque journaliste dans la salle analysait quelque chose de différent — certains collectaient des chats perdus (oui, vraiment), d’autres débusquaient des passages secrets. C’est la marque d’un monde ouvert conçu avec soin, pas rempli de contenu pour gonfler artificiellement la durée.

Si vous avez grandi avec A Link to the Past ou Link’s Awakening et que Nintendo vous laisse sur votre faim depuis des années, The Adventures of Elliot mérite votre attention dès juin 2026. Pas parce qu’il copie — mais parce qu’il comprend ce qui rendait ces aventures inoubliables, et y ajoute quelque chose de concret.

La Rédac'
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