Le créateur de The Witcher : « Un livre ne devrait pas coûter plus qu’une demi-bouteille de vodka

Homme âgé écrivant à son bureau dans une bibliothèque

J’ai eu ma première claque vidéoludique avec The Witcher 2, et depuis, Andrzej Sapkowski occupe une place à part dans mon panthéon créatif. Alors quand l’auteur de la saga du Sorceleur sort une punchline pareille à Bruxelles, tu peux être sûr que ça ne passe pas inaperçu pour moi.

Sa déclaration est directe, sans fioriture : « Un livre ne devrait pas coûter plus qu’une demi-bouteille de vodka. » Concrètement, il parle de 20 zlotys, soit environ 4,67 euros. Un prix symbolique, presque militant, qui résume toute sa philosophie sur l’accessibilité à la lecture.

Sapkowski et le prix des livres : une conviction qui fait débat

L’auteur polonais ne s’est pas contenté d’une formule choc. Il a développé une vraie thèse : la chute de la lecture est directement liée au coût des ouvrages. Pour lui, ce n’est pas une question de concurrence des écrans ou d’une génération moins cultivée. C’est une équation économique simple.

Ses propos, relayés par l’agence PAP, sont sans ambiguïté : « Si les livres avaient un prix raisonnable, basé sur un calcul économique sensé, et étaient subventionnés par l’État, la lecture augmenterait au lieu de diminuer. » Il ajoute, avec un fatalisme assumé, que la tendance à la baisse va se poursuivre tant que cette question tarifaire reste ignorée.

Ce que je trouve intéressant, c’est la cohérence du raisonnement. Sapkowski ne réclame pas la charité, il réclame une politique culturelle. Il y a une différence fondamentale. En Pologne, la baisse des habitudes de lecture est visiblement documentée, ce qui donne du poids à son discours.

Élément Position de Sapkowski
Prix idéal d’un livre ~20 zlotys (4,67 €)
Cause principale du recul de la lecture Le coût trop élevé des ouvrages
Solution proposée Subvention étatique et tarification raisonnée
Tendance actuelle selon lui Baisse continue et durable

Pourtant, il reconnaît quelque chose qui nuance légèrement le tableau : les rééditions constantes de ses propres romans prouvent qu’un lectorat fidèle existe. Et il est lucide là-dessus : un éditeur ne réédite pas par plaisir, il réédite pour gagner de l’argent.

The Witcher 4 et la question du prix dans les jeux vidéo

Ce qui me enchante ici, c’est le contraste. Sapkowski milite pour des livres à moins de 5 euros. Pendant ce temps, on parle de jeux vidéo à 100 dollars, notamment autour de GTA 6. L’écart donne le vertige.

Les raisons pour lesquelles The Witcher reste aussi populaire en 2026 sont multiples :

  • Le succès mondial des jeux CD Projekt RED, dont The Witcher 3
  • La série Netflix, malgré ses controverses auprès des fans
  • L’attente fébrile autour de The Witcher 4, centré sur Ciri
  • Un lectorat renouvelé, principalement composé de jeunes

Sapkowski l’admet lui-même : lors de ses rencontres avec ses lecteurs, rares sont ceux qui existaient déjà quand il a écrit sa première nouvelle, il y a 40 ans. La fantasy a grandi, et son œuvre a grandi avec elle.

Il avoue ne pas jouer aux jeux vidéo — il se cantonne au bridge, et encore, modérément. Mais il n’est pas naïf : l’univers du Sorceleur vit désormais bien au-delà de ses pages. Et c’est justement ce rayonnement transmédiatique qui ramène des lecteurs vers les livres originaux.

Alors oui, la réflexion de Sapkowski sur le prix d’un livre fait sourire par sa forme. Mais derrière la vodka, il y a une vraie question culturelle que personne ne devrait esquiver.

Cecile
Retour en haut