Environ 1,7 million d’enfants australiens utilisent Roblox. Ce chiffre, rappelé par la commissaire à la sécurité en ligne Julie Inman Grant, résume l’enjeu : la plateforme n’est pas un terrain de jeu anodin, et les failles détectées cette année ont forcé l’entreprise à prendre des engagements concrets.
Des tests menés par l’eSafety Commissioner, le régulateur australien de sécurité numérique, ont révélé que des adultes pouvaient encore envoyer des demandes de connexion à des comptes enfants, sans le consentement parental. Pire : les profils des mineurs, incluant leurs pseudonymes et leurs centres d’intérêt, restaient visibles par n’importe quel utilisateur de la plateforme. Sur les forums situés en dehors des environnements de jeu, enfants et adultes pouvaient également interagir librement.
Des mesures insuffisantes malgré une première vague de changements
Roblox avait pourtant anticipé le problème. En décembre dernier, la société avait déployé une série de modifications : comptes des moins de 16 ans privés par défaut, désactivation du chat direct avant vérification de l’âge, et interdiction de la messagerie vocale pour les 12-15 ans. Ces ajustements visaient directement les risques de grooming et d’exposition à des contenus violents ou extrémistes, signalés par plusieurs enquêtes.
Mais le régulateur australien a jugé ces efforts insuffisants au regard de la législation. L’eSafety a formellement alerté Roblox sur un possible non-respect des codes de l’Online Safety Act, estimant que la plateforme ne disposait pas de garde-fous assez solides pour empêcher tout contact entre adultes et mineurs.
| Mesure | Avant décembre 2025 | Après engagement 2026 |
|---|---|---|
| Profils enfants | Visibles publiquement | Privés par défaut |
| Contact adulte vers mineur | Possible sans restriction | Bloqué sans consentement parental |
| Audit indépendant | Absent | Obligatoire (tiers certifié) |
Face à la pression réglementaire, Roblox a conclu un accord juridique contraignant avec l’eSafety. La plateforme dispose désormais de trois mois pour mettre en oeuvre les changements exigés, faute de quoi le régulateur pourrait saisir le tribunal fédéral australien.
Un audit externe pour éviter que Roblox « corrige ses propres copies »
Parmi les engagements actés figure l’intervention d’un auditeur tiers indépendant, chargé d’évaluer les dispositifs de sécurité, y compris la technologie d’estimation de l’âge. Julie Inman Grant l’a formulé sans détour : cet audit garantit que Roblox ne peut pas juger sa propre conformité.
Voici les trois axes principaux des engagements pris :
- Empêcher tout adulte de contacter un enfant inconnu sans accord parental
- Rendre les paramètres de compte des mineurs privés par défaut
- Soumettre les mesures de sécurité à un contrôle externe certifié
Roblox reste pour l’instant exclu de l’interdiction australienne des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, les plateformes à vocation principalement ludique étant exemptées. Mais Inman Grant n’écarte pas une révision de ce statut si les fonctionnalités sociales venaient à être considérées comme l’usage dominant de la plateforme. Pour les parents d’enfants passionnés de jeux comme Blox Fruits, ce suivi réglementaire mérite une attention soutenue.
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