Vous aviez oublié ces 3 jeux Assassin’s Creed (et c’est une erreur)

Assassin en robe blanche surplombant une ville orientale au coucher de soleil

Black Flag Resynced a fait l’effet d’une gifle rafraîchissante. Ubisoft a prouvé qu’il pouvait remettre à neuf un ancien épisode de la saga sans en trahir l’âme. Le résultat a immédiatement relancé une question que beaucoup de fans se posaient en silence : quels autres jeux de la franchise mériteraient le même traitement ? La réponse n’est pas si simple, mais elle vaut franchement la peine d’être posée.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, un « Resynced » ne signifie pas tout raser et repartir de zéro. Moderniser les contrôles, affiner les performances, corriger les points de friction : parfois, c’est largement suffisant pour redonner vie à un titre vieillissant. Voici donc les candidats les plus solides pour une prochaine remise à niveau.

Les meilleurs candidats pour un Assassin’s Creed Resynced

Avant de plonger dans les détails, posons une chose clairement : le premier Assassin’s Creed est à exclure de cette liste. Pas par manque d’affection pour Altaïr, mais parce que sa structure répétitive et son rythme lent sont consubstantiels à ce qu’il est. Le moderniser sans le transformer en quelque chose d’entièrement différent serait un exercice impossible. Ubisoft devrait soit le dénaturer, soit livrer quelque chose qui paraîtra toujours daté sous des graphismes neufs. Ce n’est pas une bonne affaire.

Les vrais candidats, eux, combinent un univers fort avec des mécaniques perfectibles. Voici le classement :

  1. Assassin’s Creed II : le choix le plus évident et le plus prometteur
  2. Assassin’s Creed Unity : le potentiel gâché le plus frustrant de la franchise
  3. Assassin’s Creed Syndicate : un second souffle possible pour un épisode clivant

Détaillons chacun d’eux.

Assassin’s Creed II reste, vingt ans après sa sortie originale en 2009, l’un des piliers de la saga. L’Italie de la Renaissance avec Florence, Venise et Rome offre un terrain visuel extraordinaire. Imaginez ces décors avec un éclairage moderne, des foules denses et des textures haute définition : le potentiel est immense. L’histoire d’Ezio Auditore tient toujours la route, et la mécanique de jeu resterait reconnaissable même après modernisation. On parle ici d’ajustements ciblés : parkour plus réactif, sélection d’armes fluidifiée, points de contrôle de missions moins punitifs. Rien qui nécessite de réécrire le jeu de fond en comble. Un succès commercial de cette remasterisation ouvrirait naturellement la porte à Brotherhood et Revelations, offrant ainsi une trilogie Ezio entièrement remise à niveau. C’est le dossier le plus solide, le moins risqué, et probablement le plus rentable pour Ubisoft.

Unity et Syndicate : deux cas particuliers à ne pas négliger

Ces deux titres occupent une place à part dans la franchise. Leur réputation respective est mitigée, et pourtant ils méritent tous les deux qu’on s’y attarde sérieusement.

Assassin’s Creed Unity est sans doute l’épisode le plus frustrant de la série. Pas parce qu’il était mauvais dans ses ambitions, mais précisément parce qu’il était si proche de quelque chose d’exceptionnel. Son lancement catastrophique en 2014 a définitivement terni son image, au point qu’Ubisoft a distribué gratuitement le Season Pass pour s’excuser publiquement. Pourtant, Paris reste l’une des réalisations urbaines les plus impressionnantes jamais créées pour la franchise. La technologie de foule était ambitieuse, les intérieurs détaillés, le système de parkour visuellement sublime.

Jeu Point fort premier Problème historique Priorité Resynced
Assassin’s Creed II Narration et univers Renaissance Contrôles datés, parkour rigide ⭐⭐⭐⭐⭐
Assassin’s Creed Unity Paris, immersion urbaine, coopératif Bugs au lancement, progression confuse ⭐⭐⭐⭐
Assassin’s Creed Syndicate Londres victorien, duo Jacob/Evie Combat exagéré, exploration déséquilibrée ⭐⭐⭐

Un Resynced de Unity ne demande pas de miracle. Rendre le parkour cohérent, améliorer la détection ennemie en mode furtif, intégrer correctement les missions coopératives : avec le matériel actuel, ces correctifs seraient largement accessibles. La progression des personnages et la personnalisation d’Arno mériteraient aussi une refonte claire. Ce n’est pas de la nostalgie mal placée : c’est reconnaître qu’Ubisoft avait les idées, mais pas le temps de les finir.

Concernant Syndicate, soyons honnêtes : ce n’est pas un épisode qui m’a particulièrement convaincu à l’époque. Le combat sonnait faux, le scénario n’accrochait pas, et j’ai décroché avant la fin. Cela dit, le Londres victorien est un cadre fantastique qu’aucun autre jeu n’a vraiment exploité depuis. Le duo Jacob et Evie Frye apportait quelque chose d’original : deux styles de jeu distincts, l’un axé discrétion, l’autre sur l’affrontement direct. Le problème ? Le jeu ne tirait jamais pleinement parti de cette dualité.

Un Resynced pourrait rééquilibrer le lanceur de corde, cet outil qui court-circuitait complètement l’escalade conventionnelle, et enrichir la gestion des gangs pour que la conquête de Londres soit vraiment stratégique. Des factions rivales plus coriaces, des récompenses plus significatives : le squelette est là, il manque juste de la chair.

Et si Ubisoft réactivait aussi le multijoueur de Black Flag ?

Black Flag Resynced mérite une mention supplémentaire pour une raison précise. Le mode multijoueur des anciens opus, où chaque joueur devait traquer une cible assignée tout en se fondant dans la foule pour échapper à ses propres chasseurs, reste à ce jour l’une des idées les plus originales jamais implémentées dans un jeu compétitif. Aucune franchise majeure n’a vraiment reproduit ce concept depuis.

Ubisoft n’aurait pas besoin de tout réinventer. Des serveurs stables, un matchmaking moderne, des parties privées et du cross-platform suffiraient à relancer ce mode auprès d’une nouvelle génération de joueurs. C’est une opportunité rare de ressusciter quelque chose d’unique sans en altérer la formule.

Au fond, la philosophie du Resynced devrait rester la même pour chaque épisode : préserver ce qui a rendu l’original mémorable, corriger ce qui a mal vieilli, et ne jamais transformer un jeu d’action historique en RPG moderne sous prétexte de modernisation. Ezio, Arno ou les Frye n’ont pas besoin d’un arbre de compétences à 200 niveaux. Ils ont besoin qu’on les laisse enfin respirer comme ils auraient dû le faire dès le départ.

Romain
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