Pourquoi Nintendo prépare l’impensable : Star Fox 64 et Zelda remakes

Pilote renard futuriste et elfe guerrière dans vaisseau spatial

Nintendo a frappé fort en juin 2026 avec deux annonces qui ont surpris même les observateurs les plus aguerris : un remake de Star Fox 64 et un remake de The Legend of Zelda : Ocarina of Time, tous deux prévus pour la même année sur Switch 2. Deux licences, deux destins très différents, mais une logique commune que peu ont pris la peine d’analyser sérieusement.

Star Fox 64 remake : relancer une franchise oubliée par toute une génération

Soyons honnêtes : Fox McCloud n’existe plus vraiment comme personnage de jeu vidéo pour une large partie des joueurs actifs aujourd’hui. Star Fox : Assault et Star Fox Command datent de 2005 et 2006, soit plus de vingt ans. Entre ces épisodes et aujourd’hui, la série n’a produit que Star Fox Zero en 2016, sorti sur Wii U, la console Nintendo la moins vendue de tous les temps avec seulement 13,56 millions d’unités écoulées. Résultat : Fox, Falco et Wolf sont devenus, pour beaucoup, de simples personnages de Super Smash Bros.

Le contexte de 2026 change tout. Le film Super Mario Galaxy Movie a remis plusieurs franchises Nintendo sous les feux des projecteurs, et Fox y joue un rôle suffisamment marquant pour susciter un regain d’intérêt réel. Nintendo avait déjà exploité cette mécanique après le premier film Super Mario Bros. : Princess Peach : Showtime, Luigi’s Mansion 2 HD et Donkey Kong Bananza ont chacun surfé sur l’élan cinématographique. La logique commerciale est rodée, éprouvée et franchement difficile à contredire.

Ce qui rend ce remake particulièrement intéressant, c’est son développeur. Velan Studios, connu pour Knockout City et Mario Kart Live : Home Circuit, ne sort pas d’une longue histoire avec la licence. Utiliser un remake pour s’approprier une franchise, c’est une pratique documentée. Junichi Masuda et Shigeru Ohmori, figures historiques de Game Freak, m’ont confié en 2019 que Pokémon : Let’s Go, Pikachu et Let’s Go, Évoli, remakes de Pokémon Jaune, leur avaient permis d’appréhender les défis du développement console face au développement portable. Halo Studios fait de même en ce moment : reconstruire Halo : Combat Evolved de zéro sur Unreal Engine 5 sert d’apprentissage pour toute la franchise. Un remake libère l’équipe des contraintes de design et de narration pour se concentrer sur la technique, les visuels et le feeling du gameplay.

Le titre choisi le confirme : le jeu s’appelle simplement Star Fox, sans mention du « 64 ». Ce n’est pas un détail anodin. Nintendo signale clairement qu’il s’agit d’un point de départ, pas d’une célébration nostalgique isolée.

Ocarina of Time en 2026 : le pari stratégique le plus audacieux de Nintendo

Pour Zelda, la situation est inverse. La franchise se porte très bien, mieux que jamais même. Mais le succès de Breath of the Wild et Tears of the Kingdom a créé un problème structurel que Nintendo ne peut pas ignorer : des millions de joueurs ont découvert Zelda à travers une liberté totale, un open world sans précédent, une conception qui rompt radicalement avec les épisodes antérieurs. Comment revenir ensuite à une structure plus linéaire, celle de Twilight Princess, de Wind Waker ou de Skyward Sword, sans que les nouveaux fans perçoivent ça comme une régression ?

Voici ce que la situation ressemble concrètement pour ces joueurs :

  • Entrée dans la série via Breath of the Wild ou Tears of the Kingdom
  • Attente d’un prochain épisode qui pousse encore plus loin cette liberté
  • Découverte d’un Zelda 3D classique, dirigiste et découpé en donjons structurés
  • Risque de perception : « Nintendo a reculé »

Un remake d’Ocarina of Time court-circuite ce problème intelligemment. Ocarina est universellement reconnu comme un classique historique, souvent cité parmi les meilleurs jeux de tous les temps. Personne n’attend d’un tel remake qu’il prolonge les acquis du Wild Era. Les nouveaux joueurs l’aborderont comme une fenêtre sur l’histoire du medium, pas comme le prochain épisode. Et si le jeu est bien réalisé, il démontrera concrètement la valeur d’une progression plus guidée, d’une narration resserrée, de donjons pensés comme des puzzles géants.

Jeu Type de structure Public cible principal Rôle stratégique en 2026
Breath of the Wild Open world total Nouveaux joueurs Référence dominante
Tears of the Kingdom Open world étendu Fans du Wild Era Optimale vente de la série
Ocarina of Time (remake) Linéaire, donjons Anciens et nouveaux fans Pont vers un futur Zelda classique

Cette année marque aussi le 40e anniversaire de la franchise Zelda. L’annonce d’Ocarina en juin 2026 remplit deux fonctions simultanément : célébrer quatre décennies d’une série légendaire et préparer le terrain pour un retour à une formule plus conventionnelle. Les fans attendaient une commémoration à la hauteur. Nintendo a répondu avec l’un des titres les plus notables de son catalogue.

Deux remakes, une même vision à long terme pour Nintendo

Regarder ces deux annonces ensemble révèle quelque chose de cohérent dans la stratégie Nintendo pour la Switch 2. Ces remakes ne sont pas des produits de complaisance : ils préparent chacun un terrain différent. Star Fox permet à Velan Studios de maîtriser une licence avant d’en faire quelque chose de nouveau. Ocarina prépare une génération de joueurs à accepter, puis à apprécier, un Zelda structuré à l’ancienne.

Si dans deux ou trois ans Velan Studios sort un Star Fox original, ou si Nintendo annonce un Zelda 3D linéaire que les fans de Breath of the Wild accueillent positivement, ces remakes de 2026 auront fait exactement ce pour quoi ils ont été conçus. Prenez le temps de jouer à Ocarina of Time remake sans le prisme de la nostalgie : si vous n’avez connu que l’ère open world, vous pourriez bien comprendre pourquoi tant de joueurs considèrent ce jeu comme une œuvre fondatrice.

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