Ces dirigeants détruiraient FromSoftware en 6 mois (c’est terrifiant)

Cinq hommes en costume discutent autour d'une table de réunion

70 % de FromSoftware appartient à Kadokawa Corporation. Ce chiffre, peu connu du grand public, prend soudainement une importance capitale en ce mois de juin 2026, alors qu’une bataille d’actionnaires menace de redéfinir l’avenir du studio derrière Dark Souls et Elden Ring.

Oasis Management, le fonds qui veut « optimiser » FromSoftware

Oasis Management détient 13,76 % des parts de Kadokawa. Ce fonds d’investissement est loin d’être inconnu dans le monde du jeu vidéo : en 2014, l’un de ses représentants avait proposé à Nintendo de faire payer 0,99 dollar pour que Mario saute plus haut. L’idée était présentée comme une simple illustration des nouvelles méthodes de monétisation possibles, mais elle avait suffi à graver Oasis dans les mémoires comme un acteur particulièrement créatif dans sa façon d’envisager le potentiel commercial de la culture populaire.

Le 7 juin 2026, Oasis a publié une lettre ouverte aux actionnaires de Kadokawa, les appelant à voter contre la reconduction du PDG actuel, Takeshi Natsuno, lors de l’assemblée générale annuelle prévue le 24 juin. Selon le fonds, Kadokawa laisse de l’argent sur la table, notamment en développant ses jeux avec des partenaires externes comme Bandai Namco plutôt qu’en capitalisant directement sur ses propres actifs.

La vision d’Oasis pour Kadokawa tient en quelques axes précis :

  • Réduire le catalogue de publications pour se concentrer sur les titres à fort potentiel
  • Diversifier les genres exploités
  • Renforcer le développement des créateurs et des auteurs maison
  • Accélérer la distribution numérique et internationale
  • Imposer des KPI clairs et mesurables pour évaluer les progrès

Derrière ce discours de bonne gouvernance se cache une question directe : FromSoftware, l’actif le plus précieux de Kadokawa selon Oasis, est-il suffisamment exploité commercialement ? La réponse implicite du fonds est non. Et franchement, quand on voit le profil du futur CEO parfait décrit par Oasis, « avec un bilan prouvé en monétisation mondiale d’IP », on comprend dans quelle direction le vent souffle.

La friction comme ADN créatif, face aux KPI comme boussole

Elden Ring a fracassé le mainstream en 2022. Le jeu a vendu des dizaines de millions d’exemplaires, remporté des prix, et attiré une audience bien au-delà des habitués de FromSoftware. Pourtant, un regard purement financier pourrait y voir une opportunité manquée : pas de battle pass, pas de DLC cosmétiques à répétition, pas d’abonnement mensuel.

C’est précisément ce type de raisonnement qu’Hidetaka Miyazaki, réalisateur d’Elden Ring et président de FromSoftware, semble vouloir protéger. Interrogé vendredi par le site japonais Den Fami Nico Gamer, il a indiqué ne pas avoir de détails supplémentaires à partager sur la situation. Mais sa réponse plus générale est éloquente : « Si nous avons pu créer quelque chose de précieux pour nos utilisateurs jusqu’à présent, je pense que l’une des principales sources de cela a été l’environnement dans lequel nous travaillions. »

Ce n’est pas une déclaration anodine. Miyazaki pointe directement l’autonomie créative comme moteur de qualité. Sans interférence excessive, FromSoftware a produit une série de jeux qui définissent un genre entier, jusqu’à donner naissance au terme « soulslike » pour qualifier leurs héritiers spirituels.

Critère Approche actuelle (Kadokawa/Miyazaki) Vision Oasis Management
Modèle économique Jeu complet, partenariats externes Monétisation accrue, IP exploitée directement
Gouvernance Autonomie créative préservée KPI stricts, profil CEO orienté business
Catalogue Titres uniques à forte identité Réduction du slate, focus sur scalabilité
Distribution Via Bandai Namco notamment Distribution numérique propre, internationale

Le vote du 24 juin et ce qu’il dit sur l’avenir des studios créatifs

La situation s’est compliquée le 8 juin, quand la Commission japonaise du commerce équitable a constaté que Kadokawa avait enfreint la loi de protection des travailleurs indépendants, en ne respectant pas les délais de paiement pour plus de 100 freelances. Oasis n’a pas tardé à utiliser ce manquement comme argument supplémentaire contre la direction de Natsuno, dénonçant « une détérioration des performances et une supervision défaillante tout au long de son mandat ».

Pourtant, lors d’un vote tenu en mai, les actionnaires de Kadokawa ont refusé de démettre Natsuno. L’assemblée générale du 24 juin constituera donc le second round. Oasis pousse ses contacts à voter contre la reconduction du PDG. En parallèle, le rapport annuel 2025 de Kadokawa indiquait déjà que le groupe entendait maximiser les revenus de FromSoftware en développant des titres avec ses propres capitaux et en optimisant ses structures de publication, soit exactement ce que réclamait Oasis.

Ce qui se joue ici dépasse le simple conflit de gouvernance. Quand un fonds d’investissement cible un studio aussi singulier que FromSoftware, la vraie question est celle de la préservation d’une identité créative dans un secteur de plus en plus dominé par la logique des plateformes et des revenus récurrents. Miyazaki n’a pas dit que tout était idéal chez Kadokawa. Mais il a clairement indiqué que la liberté de création forme le socle sur lequel repose la valeur même que les investisseurs cherchent à capturer. Priver le studio de cette liberté pour mieux l’exploiter, c’est risquer de tuer la poule aux oeufs d’or avant même d’avoir compris pourquoi elle pondait.

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