Les cartes Pokémon attisent les vols à main armée

Deux personnes échangent des drapeaux arc-en-ciel dans une ruelle urbaine

Quatre minutes. C’est tout ce qu’il a fallu à des cambrioleurs pour vider intégralement le magasin Celestial Collectables à Warrington. Son propriétaire, Chris Grundy, raconte : ils ont garé un transit van devant la vitrine, déplacé les caméras avec des balais, fracassé le panneau en verre, puis ont tout raflé. Méthodique, rapide, brutal. Ce type d’attaque ciblée illustre une orientation qui inquiète sérieusement les professionnels du secteur : la flambée des prix des cartes Pokémon attire désormais une criminalité organisée.

Des valeurs qui grimpent et des convoitises qui suivent

Le marché des cartes Pokémon n’a plus rien d’un hobby d’enfants. En 2026, la maison de ventes spécialisée Stanley Gibbons Baldwins a organisé une enchère où plus de 1,5 million de livres sterling d’actifs Pokémon ont changé de mains en une seule session. Pour comprendre l’ampleur du phénomène, voici quelques ventes marquantes brokées par Roy Raftery, expert en cartes à collectionner chez Stanley Gibbons Baldwins :

Carte Prix de vente
Pokémon Trainer 84 000 £
Charizard 442 800 £
Pikachu Illustrator 832 000 £

Raftery a personnellement négocié plus de 2 millions de livres sterling de transactions Pokémon. Il est catégorique : ces chiffres ont changé la perception des cartes dans l’esprit des criminels. Plus récemment, le YouTubeur et boxeur Logan Paul a vendu une Pikachu ultra-rare en excellent état pour la somme record de 16,5 millions de dollars, soit environ 12 millions de livres sterling. Ce genre de vente médiatisée propulse le sujet dans les journaux et, involontairement, dans le radar des voleurs.

La grande majorité des cartes ne vaut évidemment pas des milliers de livres. Mais la difficulté pour les criminels, c’est précisément qu’ils ne savent pas toujours faire la distinction. Ils savent que Pokémon vaut de l’argent, sans nécessairement identifier les pièces les plus précieuses parmi un stock volé.

Quand les cartes à collectionner deviennent des cibles criminelles

Roy Raftery résume la situation sans détour : les voleurs perçoivent les cartes Pokémon comme une cible plus facile qu’une bijouterie ou une banque. La fenêtre de vente est rapide, les acheteurs potentiels existent sur des plateformes en ligne peu traçables, et les vitrines des boutiques spécialisées sont souvent moins sécurisées qu’un coffre-fort. C’est cette combinaison de valeur et de vulnérabilité qui rend le secteur spécialement exposé.

Les forces de l’ordre commencent à prendre le phénomène au sérieux. La police du Wiltshire a récemment confirmé le cambriolage d’un commerce à Trowbridge, où une quantité importante de cartes Pokémon a été dérobée. Ce n’est pas un cas isolé.

Pour les gérants de boutiques spécialisées, les mesures préventives deviennent urgentes :

  • Installer des systèmes de vidéosurveillance à positionnement fixe et résistant aux manipulations
  • Conserver les cartes les plus précieuses dans des vitrines sécurisées ou des coffres
  • Inventorier et photographier chaque carte de valeur pour faciliter les déclarations de vol
  • Collaborer avec les plateformes de revente pour signaler les lots suspects mis en vente après un cambriolage

Franchement, le vrai problème reste la traçabilité quasi nulle des cartes Pokémon volées sur le marché secondaire. Contrairement à un tableau ou à un bijou identifiable, une carte peut circuler de main en main sans déclencher d’alerte. Renforcer les mécanismes d’identification des pièces rares — numérotation, certification par des tiers reconnus comme PSA ou BGS — représente sans doute la piste la plus sérieuse pour décourager ces vols à l’avenir.

Cecile
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