Nioh 3 pourrait-il surpasser Elden Ring ? » : Team Ninja nous surprend (et comment)

Test de Nioh 3 : Team Ninja frôle son moment Elden Ring

Team Ninja dévoile sa vision la plus ambitieuse de la saga avec ce troisième opus qui repousse les frontières du genre. Dès les premières minutes, le studio japonais affiche ses intentions : proposer une expérience monumentale qui transcende les codes établis par les précédents volets. Si l’ombre d’Elden Ring plane inévitablement sur cette production, le titre parvient néanmoins à s’affirmer avec une identité singulière. L’univers japonais méticuleusement reconstitué et la direction artistique saisissante témoignent d’une volonté manifeste de rivaliser avec les plus grands représentants du genre Soulslike.

Un univers ouvert qui redéfinit la formule Nioh

L’innovation majeure réside dans l’adoption d’une structure en monde ouvert, baptisée « open-field » par l’éditeur. Quatre vastes régions interconnectées s’offrent désormais aux joueurs, chacune représentant une période temporelle distincte. Cette architecture narrative transporte Tokugawa Takechiro, héritier légitime du shogunat, à travers différentes époques de l’année 1622. La rivalité fraternelle avec Kunimatsu, possédé par l’entité maléfique Hiruko, constitue le fil conducteur d’une intrigue qui justifie la prolifération de yokai dans ces terres autrefois prospères.

L’exploration révèle rapidement une approche nettement plus accessible que celle privilégiée par FromSoftware. Les sous-régions affichent clairement leur niveau recommandé, tandis que la complétion progressive des objectifs dévoile graduellement les points d’intérêt restants sur la carte. Cette transparence facilite considérablement la progression et démocratise l’expérience auprès d’un public potentiellement rebuté par l’hermétisme traditionnel du genre.

La densité du contenu impressionne, mais s’accompagne malheureusement d’un défaut rédhibitoire : une surproduction d’équipements qui submerge rapidement l’inventaire. Chaque affrontement génère deux à trois objets, transformant la gestion des ressources en corvée administrative. Les sessions prolongées dans les menus de comparaison interrompent constamment le rythme, contrairement aux productions concurrentes qui privilégient la qualité à la quantité.

Le système de combat enrichi par la dualité ninja-samouraï

La mécanique ludique constitue indéniablement le point culminant de cette production. L’introduction d’un style de combat ninja à part entière transforme radicalement les possibilités stratégiques. Cette approche favorise les attaques à distance, l’agilité et les esquives rapides, contrastant frontalement avec le style samouraï axé sur les armes lourdes et les postures défensives. La bascule instantanée entre ces deux philosophies martiales ouvre un éventail de combinaisons tactiques particulièrement satisfaisantes.

Les ninjutsu enrichissent l’arsenal avec des capacités élémentaires telles que les projectiles électriques ou les shurikens empoisonnés. Parallèlement, la magie onmyo exploite les âmes des adversaires vaincus pour octroyer des bonus actifs ou passifs. Voici les principaux atouts du système de combat :

  • Quinze types d’armes répartis entre les deux styles
  • Des arbres de compétences profonds nécessitant investissement et réflexion
  • Une courbe d’apprentissage progressive malgré la complexité apparente
  • Une variété d’approches permettant différents archétypes de personnages

La maîtrise complète exige patience et persévérance, particulièrement lors des dix premières heures où les mécaniques multiples peuvent dérouter. Néanmoins, une fois assimilés, ces systèmes révèlent une profondeur comparable à celle de Sekiro, offrant une fluidité remarquable dans les enchaînements.

Des affrontements titanesques au design mémorable

Si les adversaires communs présentent une difficulté modérée, les confrontations contre les boss constituent de véritables épreuves. Chaque antagoniste majeur arbore un design spectaculaire, du colossal Baba Nobuharu avec sa hache démesurée et son apparence aquatique, jusqu’au terrifiant Ryomen Sukuna, créature mécanique bicéphale maniant simultanément glace et feu. Ces rencontres exigent mémorisation des patterns et réactivité, sans atteindre d’un autre côté la brutalité légendaire de certains gardiens d’Elden Ring.

Le système d’invocation d’avatars d’autres joueurs atténue judicieusement cette rudesse. Contrairement aux mécaniques habituelles du genre, la présence d’un allié n’augmente pas artificiellement la santé des adversaires. Cette assistance transforme la plupart des duels en affrontements à deux contre un, préservant l’accessibilité sans sacrifier totalement le défi. Les épées bleues plantées devant les arènes signalent systématiquement les combats majeurs, garantissant la disponibilité de renforts.

Élément de gameplay Difficulté Impact sur la progression
Ennemis ordinaires Faible à modérée Minimal avec exploration
Boss principaux Élevée Majeur sans assistance
Montée de niveau Facilitée Significatif

Une identité propre malgré l’inspiration évidente

La filiation avec le chef-d’Å“uvre de FromSoftware transparaît indubitablement dans l’architecture générale : sanctuaires servant de points de contrôle, renaissance des ennemis au repos, sections piégeuses récompensant la curiosité. Pourtant, Team Ninja parvient à distinguer son Å“uvre grâce à ses choix de conception judicieux. L’accessibilité accrue, matérialisée par les indications cartographiques et la progression balisée, constitue un parti pris assumé qui pourrait séduire une audience plus large.

La direction artistique sublime l’univers folklorique japonais avec un ciel pourpre menaçant et un Å“il démoniaque colossal dominant les premières séquences. Cette atmosphère oppressante, conjuguée à la richesse des environnements explorables, compense partiellement la lassitude provoquée par la gestion excessive du butin. Après une quinzaine d’heures, les mécaniques s’harmonisent naturellement, révélant un titre capable de fidéliser les néophytes du genre.

Paradoxalement, cette troisième itération représente simultanément le couronnement de la franchise et un point d’entrée recommandable pour découvrir l’univers créé par Koei Tecmo. Si l’empreinte d’Elden Ring demeure indéniable, l’exécution technique et la personnalité distinctive permettent à cette production de rivaliser légitimement avec les références du Soulslike contemporain.

La Rédac'
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