Les huit épisodes de The Witcher saison 4 sont disponibles sur Netflix depuis fin octobre 2025. Et franchement, la question que tout le monde se posait depuis l’annonce du départ d’Henry Cavill — comment la série allait-elle gérer ce remplacement à l’écran — trouve enfin une réponse. Pas une esquive, pas un silence gêné : un vrai choix narratif assumé.
Comment la saison 4 justifie le nouveau visage de Geralt
Dès les premières minutes du premier épisode, la série pose ses cartes. Un personnage appelé Stribog raconte les exploits légendaires du « Boucher de Blaviken » à un groupe d’enfants. Les scènes sont familières — on reconnaît le combat contre la kikimora du tout premier épisode — sauf que c’est désormais Liam Hemsworth qui tient l’épée. Pas Henry Cavill.
C’est là qu’intervient le twist malin. Une petite fille prénommée Nimue interrompt le narrateur : « Tu le racontes mal. » La réplique de Stribog est la clé de tout : « Ay, Nimue, encore toi. C’était il y a cent ans, il n’y a plus de version correcte ou incorrecte… »
Ce n’est pas un bug de continuité. C’est une légende transmise sur un siècle, recontée par des voix différentes, dont les détails — y compris le visage du protagoniste — évoluent avec chaque récit. Malin, non ?
Ce dispositif ne sort pas de nulle part. Il s’ancre directement dans l’ADN littéraire de la saga créée par Andrzej Sapkowski : dans les livres originaux, les récits sur Geralt circulent comme des mythes déformés, portés par des bardes et des conteurs peu fiables. La série ne fait que pousser cette logique jusqu’au bout.
Ce que Lauren Schmidt Hissrich a dit sur le changement d’acteur
La showrunner Lauren Schmidt Hissrich a été très directe dans une interview accordée à TV Line. Sa philosophie tient en une phrase — « Nous voulions jouer avec l’idée de la façon dont les histoires changent selon qui les raconte. » Ce n’est pas du tout une excuse pour masquer un départ douloureux — c’est une direction créative choisie.
| Aspect | Saisons 1-3 (Henry Cavill) | Saison 4 (Liam Hemsworth) |
|---|---|---|
| Point de vue narratif | Histoire « directe » | Légende recontée |
| Fiabilité du récit | Implicitement factuelle | Assumément subjective |
| Traitement du changement | — | Intégré comme outil narratif |
Schmidt Hissrich a aussi expliqué pourquoi l’équipe a choisi de retourner des scènes iconiques des saisons précédentes avec Hemsworth : « Nous ne voulions pas tourner autour du pot : c’est un nouvel être humain. » Les yeux jaunes sont là , la perruque argentée aussi — mais l’interprète change. L’idée était de revisiter des moments fondateurs de la vie de Geralt, vus désormais à travers une nouvelle incarnation.
Voici les trois piliers de cette transition selon la showrunner :
- Assumer le changement sans le camoufler
- Utiliser la mécanique du récit légendaire pour le rendre cohérent
- Faire confiance à l’engagement de Liam Hemsworth dans le personnage
Sur ce dernier point, elle a conclu : « C’était l’engagement de Liam envers le rôle, et ça a parfaitement fonctionné. Il s’est totalement immergé dans le personnage, donc nous n’avons pas ressenti le besoin de continuer à expliquer. »
Ce que cette saison ouvre réellement, c’est une question que les fans de RPG narratifs adorent : si chaque récit sur Geralt est une version déformée de la réalité, qu’est-ce qu’on a vraiment regardé depuis le début ? Cette ambiguïté narrative, loin d’être un défaut, pourrait devenir le moteur dramatique le plus fertile que la franchise ait jamais exploité.

