Je ne peux plus jouer normalement à Skyrim : je me contente désormais de me promener

Guerrier médiéval marchant vers un village montagneux enneigé

Skyrim, c’est ce genre de jeu qui s’incruste dans ta vie sans prévenir. Depuis que j’ai mis les mains dessus, je n’ai jamais vraiment réussi à m’en défaire. Et pourtant, ma relation avec The Elder Scrolls V a radicalement changé au fil des années. Ce que je vis aujourd’hui dans ce monde nordique, c’est quelque chose que je n’aurais jamais imaginé au départ.

Thaneros, le héros qui a tout accompli

Mon personnage s’appelle Thaneros. C’est un Elfe Noir, et sur le papier, il a tout fait. Il a mis fin au conflit civil qui déchirait la province de Bordeciel, pris le contrôle de toutes les guildes, et surtout défait le dragon Alduin ainsi que Miraak, le fameux Sang-de-Dragon. Quand j’ai bouclé ce dernier affrontement, j’ai senti quelque chose de bizarre. Une sorte de silence intérieur.

Les trompettes ont retenti, les PNJ ont applaudi. Thaneros se trouvait au sommet de sa légende. Alors je suis rentré chez moi, à Solstheim d’abord, puis vers ma demeure principale, accompagné de Lydia. Ma famille m’a accueilli. J’ai posé mon armure dans l’armoire. Et là, j’ai soufflé un bon coup. C’était en automne 2017. Depuis, plus rien ne semblait avoir de sens dans ce monde que j’avais pourtant parcouru dans tous les sens.

J’ai bien tenté de repartir sur de nouveaux personnages. Mais à chaque fois, la même histoire recommençait. Le même arc narratif, les mêmes étapes, la même montée en puissance. Ça m’a lassé rapidement. J’ai aussi regardé du côté des mods scénarisés, ces extensions créées par la communauté. Aucun n’a réussi à dépasser ce que Thaneros avait déjà accompli. Voilà le paradoxe : mon personnage est trop fort pour que le jeu m’offre encore quelque chose à conquérir.

Accomplissement de Thaneros Statut
Guerre civile terminée ✅ Accompli
Toutes les guildes dirigées ✅ Accompli
Alduin vaincu ✅ Accompli
Miraak défait ✅ Accompli

Se balader dans Bordeciel sans objectif : une autre façon d’aimer Skyrim

Alors qu’est-ce que je fais aujourd’hui dans Skyrim ? Je me promène. Voilà, c’est dit. Je n’ai plus de quêtes à terminer, plus de boss à occire, plus aucune mission urgente. Je déambule dans les plaines enneigées, je longe les rivières, j’observe les aurores boréales au-dessus de Vendeaume. C’est devenu une forme de méditation interactive.

Ce mode de jeu, je ne l’avais pas anticipé. Pourtant, il révèle quelque chose d’intelligent dans le game design de Bethesda : même vide de tout objectif, ce monde reste beau à regarder. Les détails environnementaux, la façon dont la lumière change selon les zones, les petits villages perdus dans la neige… tout ça parle encore.

Ce n’est plus vraiment du gaming au sens compétitif du terme. Voici comment je qualifierais ces sessions aujourd’hui :

  • Une balade contemplative dans un monde que je connais par cœur
  • Un espace mental pour décompresser entre deux sessions intenses sur d’autres jeux
  • Un hommage silencieux à Thaneros, dont l’histoire est définitivement terminée

Neuf ans après la première fois que j’ai ouvert ce jeu, Skyrim reste dans ma vie — pas comme un défi, mais comme un paysage familier. Il n’y a rien de plus à faire, et c’est précisément pour ça que j’y reviens. Parfois, les meilleurs jeux ne sont pas ceux qui te donnent des objectifs, mais ceux qui te laissent exister dedans sans rien demander en retour.

Cecile
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