J’ai testé l’ASUS ROG Ally X pendant 30 jours : cette console portable va-t-elle tuer la Steam Deck ?

Test ASUS ROG Ally X : une seconde chance pour le gaming portable Xbox

L’écosystème Xbox traverse une période délicate, avec des ventes en berne et un positionnement incertain face à la concurrence. Dans ce contexte mouvementé, Microsoft et ASUS proposent une alternative audacieuse avec la ROG Ally X, une console portable qui pourrait redéfinir l’approche du gaming nomade sous Windows. Cette collaboration inédite mérite une analyse approfondie pour comprendre ses atouts et ses limites.

Une expérience software repensée pour le gaming portable

La véritable révolution de cette console portable Xbox réside dans son interface logicielle entièrement repensée. Microsoft a développé une expérience Xbox plein écran qui élimine la plupart des frictions habituelles des PC portables sous Windows. Fini les navigations laborieuses dans le bureau traditionnel : l’application Xbox vous accueille directement au démarrage, créant un pont naturel vers vos jeux favoris.

Cette interface remaniée organise intelligemment le contenu avec des onglets dédiés. L’onglet Accueil regroupe tous vos logiciels installés, tandis que Game Pass bénéficie de sa propre section pour les téléchargements et le cloud gaming. Les raccourcis vers Steam, Epic Games Store et d’autres plateformes sont directement accessibles, évitant les détours par un navigateur web.

Le bouton Xbox central devient un véritable couteau suisse numérique. Il donne accès aux paramètres rapides, au Centre de commande pour les performances, aux réglages Wi-Fi et Bluetooth, ainsi qu’à votre liste d’amis Xbox. Les gestes tactiles enrichissent encore l’expérience : glisser depuis la gauche ouvre la barre de jeux Xbox, depuis la droite affiche les notifications Windows, et depuis le bas permet de basculer entre applications ouvertes.

Geste tactile Fonction Utilité
Glissement gauche Xbox Game Bar Overlay en jeu
Glissement droite Notifications Windows Messages système
Glissement bas Commutateur d’applications Navigation multitâche

Des performances optimisées qui font la différence

Sous le capot, la ROG Ally X embarque un processeur AMD Ryzen Z2 Extreme accompagné de 24 Go de mémoire partagée et d’un stockage de 1 To extensible via microSD. Cette configuration haut de gamme se démarque grâce à des optimisations logicielles inédites sur une console portable Windows.

Les tests révèlent des gains de performance tangibles. Sur Cyberpunk 2077 en Full HD avec des réglages moyens et FSR en mode performance, la machine atteint 62,1 fps en mode Turbo 35 watts. Cette performance dépasse de près de 5 fps celle du Lenovo Legion Go 2 dans des conditions similaires, soit un avantage de 7% avec le même processeur.

La gestion énergétique propose plusieurs profils adaptatifs :

  1. Mode Turbo (35W) : performances maximales sur secteur uniquement
  2. Mode Performance (17W) : équilibre optimal sur batterie
  3. Mode Silencieux (13W) : économie d’énergie et discrétion
  4. Mode Manuel : personnalisation avancée via Armoury Crate

Cette approche modulaire permet d’adapter la puissance selon l’usage, que ce soit pour des sessions intensives branchées ou du gaming nomade prolongé. L’intégration de deux ports USB-C, dont un compatible Thunderbolt 4, ouvre la voie à des configurations externes avec des docks graphiques comme l’XG Mobile d’ASUS.

Design et ergonomie : quand Xbox rencontre la portabilité

Visuellement, la ROG Ally X revisite les codes esthétiques d’ASUS avec une identité Xbox marquée. Les poignées ergonomiques élargies offrent une prise en main confortable, même si elles ajoutent un peu de volume par rapport aux modèles précédents. Le poids de 1,58 livre reste raisonnable pour une machine de cette puissance.

L’écran IPS de 7 pouces affiche une définition Full HD à 120 Hz avec une luminosité de 500 nits. Sans égaler les noirs parfaits de l’OLED, ce panneau délivre des contrastes satisfaisants et une fluidité appréciable. La disposition des boutons respecte scrupuleusement l’héritage Xbox avec la configuration ABXY classique et des gâchettes Impulse au débattement généreux.

Les sticks analogiques, bien que dépourvus de capteurs Hall Effect, offrent une précision remarquable. Seuls les retours haptiques déçoivent légèrement, restant en retrait par rapport aux standards fixés par la DualSense ou les Joy-Con de la Switch. La connectique complète inclut un lecteur d’empreintes, un port microSD et une prise jack 3,5 mm.

Autonomie et rapport qualité-prix : les enjeux du positionnement

L’autonomie constitue un point fort notable avec sa batterie 80WHr contre 60WHr sur le modèle de base. Les tests sur Clair Obscur : Expedition 33 en Full HD, réglages moyens et luminosité maximale, révèlent une endurance de trois heures et demie. Cette performance surpasse de 30 minutes le Legion Go 2 et d’une heure complète l’Ally X original.

Cette amélioration significative de l’autonomie repositionne favorablement la machine pour les sessions nomades prolongées. Par contre, le tarif de 1000 dollars place cette ROG Ally X dans le segment premium, bien au-dessus des 500 dollars habituels pour ce type d’appareil.

Ce positionnement tarifaire questionne sa pertinence face aux alternatives. Les utilisateurs ancrés dans l’écosystème Xbox, avec un abonnement Game Pass actif et un réseau d’amis sur la plateforme, tireront pleinement parti des intégrations logicielles. À l’inverse, les adeptes de Steam ou d’autres stores pourraient préférer des solutions plus abordables comme le Steam Deck.

La ROG Ally X représente néanmoins une avancée significative dans le domaine des PC portables gaming sous Windows. Elle confirme qu’une collaboration constructive entre Microsoft et un constructeur peut aboutir à des innovations logicielles pertinentes, même si le défi du prix reste à relever pour démocratiser cette approche du gaming portable.

La Rédac'
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