Incroyable ! Voici comment Karlach de Baldur’s Gate 3 a été créée (ses origines choquent)

Samantha Béart : deux ans dans la peau de Karlach dans Baldur's Gate 3, entre stoïcisme et Gordon Ramsay

Depuis sa sortie en 2023, Baldur’s Gate 3 continue de captiver les joueurs du monde entier. Au cœur de ce succès phénoménal se trouve Karlach, personnage aussi imposant qu’attachant, interprété par Samantha Béart. Deux ans après le lancement du jeu, l’actrice revient sur cette aventure qui a transformé sa carrière et touché des millions de fans.

De l’audition à l’incarnation : la naissance de Karlach

C’est en 2020, pendant les premiers confinements, que l’histoire commence pour Samantha Béart. « On m’a proposé d’auditionner pour des rôles de capture de mouvement dans un jeu fantasy », se souvient l’actrice. À l’époque, le projet était entouré de mystère – Larian Studios tentait de garder secret qu’il s’agissait de Baldur’s Gate 3.

Initialement, Béart avait auditionné pour un personnage nommé « Kayra », décrit comme petit et nerveux – bien loin de la barbarie imposante qu’elle incarnerait finalement. Après un premier refus, c’est sa performance remarquée dans The Excavation of Hob’s Barrow qui attire l’attention du studio.

« Quelqu’un de Larian a été très élogieux sur ma performance », explique Béart. « J’ai alors fait une demande très spécifique : s’il restait des rôles importants, j’étais intéressée. » Une démarche audacieuse qui a porté ses fruits puisque moins de 48 heures après son rappel, Béart décrochait le rôle de Karlach.

Arrivée en 2022 alors que la production battait déjà son plein, l’actrice a dû rapidement s’intégrer au projet. « Les autres acteurs enregistraient déjà les actes deux et trois. J’ai dû rattraper l’acte un, principalement destiné à la version en accès anticipé. »

Étapes clés Chronologie
Première audition 2020 (confinement)
Reconnaissance pour Hob’s Barrow 2021-2022
Obtention du rôle de Karlach 2022
Sortie de Baldur’s Gate 3 2023

Trouver la voix et l’âme d’une barbare au cœur tendre

Pour donner vie à Karlach, Béart a dû relever plusieurs défis. « On ne peut pas vraiment se préparer pour des rôles de jeux vidéo », confie-t-elle. Les contraintes de confidentialité et l’ampleur du projet rendaient impossible une préparation traditionnelle. Le studio lui a fourni un résumé du personnage et des illustrations, mais c’est surtout par le corps que Béart a commencé à construire Karlach.

« Comme nous faisions la capture de mouvement et la voix simultanément, ça ressemblait beaucoup au théâtre expérimental. Il fallait imaginer l’espace, sans accessoires ni partenaires. J’établissais d’abord la posture physique, puis la voix suivait naturellement. »

Pour l’accent de Karlach, Béart savait qu’il devait être plus « classe ouvrière » que les autres personnages. « Imaginez si elle avait été très snob ! » plaisante l’actrice. Elle s’est inspirée de Gordon Ramsay : « Il relâche ses consonnes, mais ses voyelles restent assez RP [prononciation reçue]. C’est ce que j’ai fait pour Karlach. »

L’humour caractéristique du personnage trouve ses racines dans un lieu sombre. « J’ai très vite compris que tout le personnage s’articulait autour d’un traumatisme non nommé », explique Béart. « Les personnes qui ont traversé les pires épreuves sont souvent les plus drôles. Karlach fait des commentaires désinvoltes parce qu’elle a tout vu, tout fait – jusqu’à ce que ce masque tombe et que la vérité émerge. »

Cette dualité a particulièrement résonné avec l’actrice, qui travaillait alors dans l’informatique. « Jouer Karlach était une merveilleuse échappatoire. Mon travail quotidien était déprimant, alors incarner ce personnage qui tire tant de joie du peu qu’elle possède était libérateur. »

L’impact profond de Baldur’s Gate 3 sur les joueurs

Deux ans après sa sortie, Baldur’s Gate 3 continue d’influencer profondément ses joueurs. Pour Béart, les rencontres avec les fans représentent l’aspect le plus gratifiant de cette aventure.

« Le jeu et ses personnages signifient énormément pour les gens. Même les éléments qui peuvent sembler anodins. Des personnes m’ont dit : ‘Je traversais une période difficile et vous étiez là pour moi.’ Ça comptera toujours pour eux. »

L’impact du jeu s’étend bien au-delà du divertissement :

  • Il a initié des non-joueurs aux jeux vidéo
  • Il a attiré de nouveaux participants aux jeux de rôle sur table
  • Il a créé une communauté soudée et bienveillante
  • Il a touché des personnes aux parcours très divers

« J’ai rencontré toutes sortes de personnes, des thérapeutes qui utilisent Donjons et Dragons dans leurs séances aux soldats souffrant de SSPT qui me donnent leurs médailles de défi en raison de ce que Karlach représente pour eux », raconte Béart avec émotion.

Cette réception dépasse largement ses attentes initiales. « On entre dans ce métier pour divertir, peut-être faire réfléchir, mais rarement pour toucher les gens aussi profondément. C’est un privilège extraordinaire. »

L’héritage de Karlach et les nouveaux horizons

Interrogée sur ce que lui a appris cette expérience, Béart répond sans hésiter : « J’ai appris à faire davantage confiance à mes instincts. Souvent, nous gardions la première prise parce qu’elle semblait plus authentique, comme si je prononçais ces mots pour la première fois. »

Cette leçon résonne avec la philosophie qu’elle perçoit chez Karlach. « Le personnage nous demande ce que nous ferons de notre vie. Karlach n’a rien et pourtant elle choisit de réagir comme elle le fait. C’est l’essence même du stoïcisme et de la thérapie moderne : changer ce qu’on peut changer et ne pas s’inquiéter du reste. »

Aujourd’hui, Béart poursuit son chemin dans l’industrie du jeu vidéo avec plusieurs projets en développement. Elle travaille notamment sur Fading Echo, où elle interprète un personnage nommé One, et sur Absolum, un beat ’em up roguelike prévu pour octobre 2025.

Deux ans après la sortie de Baldur’s Gate 3, l’empreinte de Karlach reste indélébile, tant pour les joueurs que pour celle qui lui a prêté sa voix et ses mouvements. À travers ce personnage, Samantha Béart a non seulement trouvé une échappatoire à son quotidien mais aussi une philosophie de vie qu’elle partage désormais avec des millions de fans à travers le monde.

Retour en haut