Attention : le premier ministre japonais dénonce Assassin’s Creed Shadows (c’est choquant)

Le premier ministre japonais réagit à Assassin's Creed Shadows : ce qu'il faut savoir

Le premier ministre japonais Shigeru Ishiba a récemment abordé le sujet d’Assassin’s Creed Shadows lors d’une conférence gouvernementale officielle. Cette prise de position intervient dans un contexte particulier où le jeu de Ubisoft situé dans le Japon féodal suscite déjà plusieurs controverses. Contrairement à certaines interprétations médiatiques, la situation s’avère plus nuancée qu’une simple critique directe du jeu.

La controverse autour d’Assassin’s Creed Shadows au Japon

Avant même sa sortie prévue le 20 mars 2025, Assassin’s Creed Shadows a dû faire face à plusieurs polémiques au Japon. Ubisoft a présenté plusieurs excuses concernant la représentation du Japon féodal dans le jeu, précisant que le titre n’est pas une « représentation factuelle de l’histoire » mais plutôt une « fiction historique captivante ».

Les controverses se sont multipliées ces derniers mois :

  • Utilisation sans permission d’un drapeau appartenant à un groupe japonais de reconstitution historique
  • Représentation controversée d’un torii (portail traditionnel) à une seule jambe, évoquant celui du sanctuaire Sannō à Nagasaki, situé près de l’épicentre de la bombe atomique
  • Inquiétudes concernant la représentation des sanctuaires et le respect des lieux sacrés dans le jeu

Ces éléments ont conduit à des réactions diverses, y compris le retrait d’une figurine collector par le fabricant PureArts en raison de la représentation du torii à une jambe, considérée comme inappropriée par certains Japonais. Malgré ses consultations avec des historiens et des spécialistes de la culture japonaise, Ubisoft a reconnu que « certains éléments promotionnels ont suscité des préoccupations au sein de la communauté japonaise ».

L’échange entre Hiroyuki Kada et le premier ministre

C’est dans ce climat tendu que le politicien japonais Hiroyuki Kada, membre de la Chambre des conseillers du Japon, a interrogé le Premier ministre lors d’une réunion budgétaire gouvernementale. Sa question portait sur les implications potentielles du jeu sur le comportement des touristes visitant le Japon :

« Je crains que permettre aux joueurs d’attaquer et de détruire des lieux réels dans le jeu sans permission puisse encourager des comportements similaires dans la vie réelle. Les responsables des sanctuaires et les résidents locaux sont également inquiets. Bien que la liberté d’expression doive être respectée, les actes qui dévalorisent les cultures locales devraient être évités. »

Le Premier ministre Ishiba a répondu :

« La façon d’aborder légalement cette question doit être discutée avec le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, le ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie, et le ministère des Affaires étrangères. Dégrader un sanctuaire est hors de question – c’est une insulte à la nation elle-même. Lorsque les Forces d’autodéfense ont été déployées à Samawah, en Irak, nous avons veillé à ce qu’elles étudient les coutumes islamiques au préalable. Respecter la culture et la religion d’un pays est fondamental, et nous devons clairement indiquer que nous n’accepterons pas simplement des actes qui les ignorent. »

Préoccupation Contexte japonais Réponse d’Ubisoft
Représentation des sanctuaires Lieux sacrés dans la culture japonaise Patch day-one rendant indestructibles les meubles dans les sanctuaires
Violence dans les lieux sacrés Considéré irrespectueux dans la culture japonaise Réduction des représentations de violence dans les sanctuaires
Utilisation sans permission de lieux réels Sanctuaire Itatehyozu dans la circonscription de Kada Protection légale probable sous la Constitution japonaise

Le contexte japonais du tourisme de masse

Pour comprendre pleinement cette situation, il est essentiel de considérer le contexte actuel du tourisme au Japon. Le pays connaît un afflux record de visiteurs étrangers depuis la réouverture des frontières après la pandémie, encouragés par la faiblesse du yen.

Dans cette réunion budgétaire gouvernementale, Hiroyuki Kada a associé ses préoccupations concernant Assassin’s Creed Shadows à la question controversée de ce qu’il appelle le « surtourisme » et à une augmentation perçue des actes de vandalisme et de graffitis au Japon. Son argument repose sur l’idée classique que les jeux vidéo pourraient inspirer des comportements similaires dans la vie réelle.

La réponse du Premier ministre Ishiba ciblait davantage d’hypothétiques actes réels d’imitation plutôt que le jeu lui-même. Le sanctuaire Itatehyozu à Himeji, dans la préfecture de Hyogo, qui figure dans des vidéos de gameplay de Shadows, se trouve dans la circonscription de Kada. Selon le politicien, les représentants du sanctuaire affirment qu’Ubisoft n’a pas demandé leur permission pour utiliser le nom et l’image du lieu dans le jeu.

Les ajustements d’Ubisoft et les implications futures

Face à ces préoccupations, Ubisoft semble avoir fait preuve de réactivité. Selon le site Automaton, l’éditeur a prévu un patch day-one pour Assassin’s Creed Shadows qui apportera plusieurs modifications importantes :

  1. Les tables et étagères situées dans les sanctuaires du jeu deviendront indestructibles
  2. Les représentations non essentielles d’effusion de sang dans les sanctuaires et temples seront réduites
  3. Il n’y aura plus de représentations de sang lors d’attaques contre des PNJ non armés

Ces modifications témoignent d’une sensibilité accrue de l’éditeur face aux préoccupations culturelles japonaises. En revanche, on ignore encore si ces changements seront spécifiques à la version japonaise du jeu ou s’appliqueront mondialement.

Pour Ubisoft, les enjeux sont importants. Après plusieurs échecs commerciaux récents, notamment Star Wars Outlaws, et face à des licenciements, fermetures de studios et annulations de jeux, Assassin’s Creed Shadows représente un titre crucial. Malgré ces controverses, le jeu a reçu des critiques positives, IGN lui ayant attribué une note de 8/10, soulignant qu’il offre « l’une des meilleures versions du style de monde ouvert qu’il affine depuis une décennie ».

Cecile
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