Destiny 2 : premières impressions sur l’extension The Edge of Fate

L’univers de Destiny 2 s’enrichit d’une nouvelle extension avec The Edge of Fate, marquant un tournant dans la saga après la conclusion de l’histoire originale dans The Final Shape. Après plusieurs heures de jeu intensif, voici nos premières impressions sur cette extension qui prend des risques mais peine parfois à convaincre.

Une narration ambitieuse mais inégale

The Edge of Fate ne fait pas dans la simplicité narrative. Si vous n’avez pas suivi chaque bribe de contenu saisonnier de l’année écoulée, vous risquez de vous sentir désorienté. Les premiers moments de l’extension souffrent d’une surcharge d’informations techniques où les termes « matière noire » et « ténèbres » s’entremêlent dans un jargon parfois confus.

Malgré ce démarrage laborieux, l’intrigue prend progressivement de l’ampleur grâce à l’introduction du personnage de Lodi. Ce nouveau protagoniste, enveloppé de mystère et lié au voyage temporel, s’intègre remarquablement bien à l’univers de Destiny. La révélation des origines d’un membre de longue date du casting apporte une profondeur inattendue à l’histoire.

L’antagoniste principal suscite en revanche des réserves. Dans une tentative de le rendre intimidant, les développeurs ont recours à un procédé narratif discutable : tous les événements passés feraient partie de son plan machiavélique. Cette approche, bien que classique, enlève une certaine authenticité aux aventures précédentes.

Voici les forces et faiblesses narratives de l’extension :

  • Le personnage de Lodi, véritable réussite d’intégration
  • Des révélations captivantes sur certains personnages établis
  • Une surcharge d’informations techniques en début d’aventure
  • Des personnages secondaires parfois sous-exploités comme Orin
  • Un antagoniste dont la construction narrative repose sur des procédés convenus

Kepler et gameplay : entre innovation et déception

Kepler, premier voyage de Destiny au-delà de notre système solaire, aurait pu offrir un cadre vraiment novateur. Malheureusement, cette nouvelle zone déçoit par son manque d’originalité visuelle. Les environnements recyclent de nombreux éléments déjà vus, avec des falaises rocheuses et des grottes ornées d’excroissances jaunes peu inspirées.

Pour masquer la taille limitée de cette zone, les développeurs ont remplacé le véhicule Sparrow par de nouvelles capacités contextuelles. L’une d’elles transforme le gardien en petite sphère lumineuse pouvant se faufiler dans des passages étroits, rappelant Samus d’un célèbre jeu de Nintendo. Une autre permet de créer des portails, tandis qu’une troisième modifie l’environnement pour créer des plateformes.

Ces mécaniques apportent une dimension puzzle intéressante dans certaines missions, mais leur intégration au combat s’avère maladroite. Se transformer en boule lumineuse pendant un affrontement pour activer certains mécanismes expose le joueur aux tirs ennemis sans réelle possibilité d’esquive. De surcroît, ces trois capacités sont exploitées de façon répétitive tout au long des 14 missions principales.

Le bestiaire ne renouvelle guère l’expérience. Malgré l’introduction de quelques nouveaux ennemis comme les corsaires volants et des essaims de robots, 90% des affrontements se déroulent contre les mêmes Déchus et Vex que nous combattons depuis plus d’une décennie.

Aspect Innovation Exécution
Nouvelle zone (Kepler) Faible Décevante
Nouvelles capacités Moyenne Inégale
Ennemis Très faible Répétitive
Puzzles Bonne Trop simpliste

Refonte du système d’équipement et problématique du grind

The Edge of Fate réinvente le système d’armes et d’armures de Destiny 2. Un nouveau système de classification par paliers clarifie la valeur de l’équipement obtenu, permettant de décider plus rapidement quelles pièces conserver. L’ajout de bonus de set pour les armures, fonctionnalité longtemps attendue, offre enfin une raison de rechercher différentes combinaisons d’équipement.

Malheureusement, le contenu à chasser reste limité. Avec seulement une poignée d’ensembles d’armures et une trentaine d’armes ajoutées, l’incitation à remplacer son équipement actuel demeure faible. Mais le problème majeur réside dans la méthode d’obtention de ce nouvel équipement.

Après avoir terminé la campagne principale, les joueurs sont dirigés vers des playlists d’activités anciennes à répéter inlassablement pour augmenter leur niveau de puissance. Cette progression permet éventuellement d’accéder à des activités plus difficiles offrant un équipement de meilleur palier. Le système transforme ainsi l’expérience post-campagne en une boucle interminable de contenu recyclé rendu artificiellement plus difficile.

Ce grind représente potentiellement le plus brutal et le moins gratifiant de l’histoire de Destiny, exigeant un investissement en temps disproportionné par rapport aux récompenses obtenues. Ce déséquilibre risque de décourager même les joueurs les plus assidus.

Perspectives d’avenir pour The Edge of Fate

Malgré ses défauts, cette extension prend des risques intéressants qui pourraient servir de fondation à de futures améliorations. Les mécaniques de puzzle et les nouvelles capacités, bien qu’imparfaites dans leur implémentation actuelle, suggèrent une volonté de faire évoluer la formule du jeu au-delà de son excellent gameplay de tir.

Le raid « The Desert Perpetual », récemment complété par les premiers joueurs, pourrait révéler d’autres surprises et innovations. Historiquement, les raids de Destiny ont souvent représenté le meilleur contenu des extensions, combinant mécaniques uniques et défis stimulants.

Pour l’instant, The Edge of Fate se positionne comme une expansion moyenne qui expérimente de nouvelles directions. Son histoire intrigante est desservie par une campagne peu inspirée, tandis que ses innovations de gameplay prometteuses sont entravées par une exécution inégale et un système de progression post-campagne particulièrement punitif.

La façon dont Bungie ajustera le tir dans les prochaines mises à jour déterminera si cette extension marque véritablement un nouveau départ prometteur pour Destiny 2 ou simplement une période transitoire difficile, comparable au flottement créatif que d’autres franchises ont connu après la conclusion d’un arc narratif majeur.

Retour en haut