Bungie : nouvelles accusations dans le procès Destiny 2, un auteur dénonce un plagiat dans Curse of Osiris

L’affaire judiciaire opposant un écrivain à Bungie prend une nouvelle ampleur avec des accusations élargies concernant le contenu de Destiny 2. Kelsey Martineau, auteur louisianais, intensifie sa bataille juridique contre le développeur du jeu vidéo en ajoutant de nouvelles revendications à son dossier initial.

L’expansion du procès Destiny 2 : nouvelles accusations contre Bungie

Le 24 mars 2025, Kelsey Martineau a déposé une plainte amendée contre Bungie, élargissant considérablement la portée de ses accusations initiales. L’écrivain, utilisant le pseudonyme « Caspar Cole », avait initialement affirmé en octobre 2024 que la campagne Red War de Destiny 2 s’inspirait directement de ses œuvres de science-fiction non publiées, sans son autorisation ni reconnaissance.

Cette nouvelle plainte de 56 pages ne se limite plus aux allégations concernant la campagne Red War. Martineau accuse désormais Bungie d’avoir également plagié son travail pour l’extension Curse of Osiris sortie en décembre 2017. Selon lui, le développeur aurait systématiquement copié ses idées, personnages, dialogues et éléments d’univers pour les deux contenus majeurs du jeu.

Bungie avait catégoriquement nié les premières accusations en décembre dernier, demandant au tribunal de rejeter l’affaire. La société affirmait qu’il n’existait aucune similitude réelle entre ses créations et les histoires de Martineau. Ces nouvelles allégations intensifient considérablement la pression juridique sur le studio de développement.

Ce litige s’ajoute aux difficultés juridiques actuelles de Bungie, qui fait également face à une poursuite de Chris Barrett, ancien directeur du jeu Marathon, pour licenciement abusif présumé contre Bungie et sa société mère Sony.

Similitudes troublantes entre les œuvres de Martineau et Destiny 2

Dans sa plainte amendée, Martineau détaille de nombreuses similitudes qu’il juge « frappantes » entre ses histoires et le contenu de Destiny 2. Ces ressemblances concerneraient non seulement des concepts généraux mais aussi des éléments spécifiques comme les personnages, les intrigues, les noms et les dialogues.

Concernant la campagne Red War, Martineau affirme que Bungie a copié son idée d’un groupe militariste extraterrestre appelé la « Légion Rouge », dirigé par un paria assoiffé de pouvoir devenu seigneur de guerre. Dans Destiny 2, les joueurs affrontent également une faction nommée « Légion Rouge », menée par Dominus Ghaul, qui présente une origine et des objectifs très similaires.

Les parallèles entre les antagonistes principaux sont particulièrement mis en avant :

  • Les deux leaders sont considérés comme des « dieux » par leurs disciples
  • Tous deux sont guidés par des érudits en disgrâce
  • Les deux cherchent à contrôler un immense objet céleste au-dessus de la Terre
  • Leurs histoires personnelles suivent des trajectoires remarquablement similaires

Martineau souligne également des similitudes textuelles troublantes : « Dans mon œuvre, j’écris : ‘La Légion Rouge a marché dans notre commune et tué presque tout le monde.’ Destiny 2 Curse of Osiris indique : ‘Quand la Légion Rouge a attaqué, cela nous a presque tout coûté.' »

Les allégations spécifiques concernant l’extension Curse of Osiris

La nouvelle plainte étend considérablement les accusations initiales en intégrant l’extension Curse of Osiris de Destiny 2. Martineau affirme que Bungie a poursuivi son appropriation en utilisant des thèmes et personnages directement inspirés de ses œuvres.

L’écrivain établit notamment des comparaisons directes entre son personnage Exemplar Forinis et Osiris de Destiny 2 :

Caractéristique Exemplar Forinis (Martineau) Osiris (Destiny 2)
Nature Figure prophétique Légendaire Warlock voyant
Capacités Manipule les chronologies pour éviter les catastrophes Peut voir l’avenir grâce à son étude des Vex (race manipulant le temps)
Statut Figure mythique guidant les autres Figure mythique guidant les autres

Martineau cite également son histoire intitulée « Infinite Programming » comme source d’inspiration pour la destination « Infinite Forest » et la mission « Beyond Infinity » de Curse of Osiris. Il souligne des similitudes conceptuelles importantes comme l’utilisation du terme « Echoes » dans les deux œuvres pour décrire des entités qui contrôlent et manipulent la perception de la réalité.

Les similitudes s’étendraient également aux aspects visuels. Martineau affirme que sa description de la Légion Rouge comme « Rouge, Cramoisi Foncé, et Bleu Maléfique » correspond exactement à la palette de couleurs utilisée pour représenter la Légion Rouge dans la zone « Twilight Gap » de Destiny 2.

Correspondances nominatives et thématiques alléguées

Les accusations portent également sur des similitudes de noms entre les personnages. Martineau compare notamment son personnage Torka au personnage Ikora de Destiny 2, qu’il décrit comme « visuellement et phonétiquement similaires ».

L’écrivain identifie une série de thèmes communs aux deux œuvres :

  1. L’utilisation du concept de « Projections » mêlant contenu scientifique et surnaturel
  2. Des références à la foi et au destin dans des contextes similaires
  3. L’exploitation narrative de la manipulation temporelle
  4. Le transfert de conscience comme élément narratif central
  5. Des dialogues traitant de la nature cyclique de l’univers

Implications juridiques et prochaines étapes du litige

Cette plainte amendée représente une escalade significative dans le conflit juridique entre Martineau et Bungie. En élargissant ses accusations à une deuxième extension majeure du jeu, l’écrivain renforce considérablement son dossier et augmente les enjeux potentiels de cette bataille judiciaire.

La cour devra désormais examiner ces nouvelles allégations pour déterminer si Bungie a effectivement utilisé sans autorisation les créations intellectuelles de Martineau. Si ces accusations étaient confirmées, cela pourrait avoir des implications majeures pour le développeur et ouvrir la voie à des compensations financières substantielles.

Bungie n’a pas encore réagi officiellement à cette plainte amendée. Le studio avait précédemment rejeté fermement les accusations initiales, demandant leur rejet pur et simple. Face à ces nouvelles allégations plus détaillées et plus étendues, la stratégie défensive du développeur pourrait devoir évoluer.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de protection de la propriété intellectuelle dans l’industrie du jeu vidéo, où la frontière entre inspiration et appropriation fait l’objet de débats constants.

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