Un adolescent roumain de 14 ans a été reconnu coupable vendredi 10 juillet 2026 par le tribunal d’Amsterdam d’actes d’une gravité exclusif contre une jeune Néerlandaise de 13 ans. Tout avait commencé sur Roblox, la plateforme de jeu massivement utilisée par les enfants. Ce que cette affaire révèle dépasse largement le cas isolé : elle pointe une menace systémique pour les mineurs connectés.
Le garçon, originaire de Roșia de Secaș, un village roumain d’environ 1 500 habitants, avait pris contact avec la victime en octobre 2025. Pendant deux mois, jusqu’à la mi-décembre, il a entretenu une relation de confiance feinte. La jeune fille pensait avoir trouvé quelqu’un qui la comprenait vraiment. En réalité, l’adolescent cherchait à intégrer le Com Group, un réseau d’extrémistes misogymes où, selon le tribunal, la violence contre les victimes est encouragée et normalisée.
Extorsion, mutilations et manipulation psychologique
Pour préparer son emprise, le garçon avait utilisé ChatGPT et ses contacts au sein de ce réseau radical pour apprendre des techniques de manipulation. Il a ensuite contraint la victime à se scarifier, à écrire des textes sur un mur avec son propre sang, à graver son prénom dans sa chair, et à tuer son poisson rouge. Il l’a également forcée à tenter de se pendre.
| Fait criminel retenu | Décision du tribunal |
|---|---|
| Mutilations et actes d’automutilation forcés | Condamné |
| Actes sexuels à distance contraints | Condamné pour viol (sans contact physique) |
| Tentative de suicide de la victime (saut d’un viaduc) | Acquitté, lien de causalité non établi |
| Circonstance aggravante terroriste | Rejetée par le tribunal |
Il avait menacé de diffuser des images intimes et des vidéos compromettantes, puis avait mis sa menace à exécution en envoyant ces contenus à la famille et aux camarades de classe de la victime via WhatsApp et Snapchat. La jeune fille a finalement sauté d’un viaduc, se blessant grièvement.
Peine prononcée et conditions de libération strictes
Arrêté en Roumanie, extradé aux Pays-Bas en janvier 2026 grâce à un mandat d’arrêt européen, le garçon était détenu depuis le début de l’année. Le tribunal l’a condamné à 12 mois de détention provisoire pour mineurs, dont 6 mois avec sursis, ce qui correspond en pratique à la durée déjà purgée. Il devra également verser près de 12 000 euros à la victime néerlandaise.
Après sa libération, les conditions imposées sont les suivantes :
- Interdiction des réseaux sociaux jusqu’à décision de son référent thérapeutique
- Interdiction de détenir ou consulter des contenus extrémistes
- Rupture totale de contact avec les membres du mouvement Com
- Obligation scolaire et suivi psychiatrique légal en Autriche, où réside sa mère
- Contrôles réguliers de ses appareils numériques par les services de protection de l’enfance
Trois autres victimes présumées, dont une Britannique de 13 ans, ont été évoquées durant le procès. Le tribunal d’Amsterdam a par contre estimé ne pas avoir compétence pour juger ces affaires, faute de lien établi avec les Pays-Bas. Ces dossiers restent donc ouverts.

