Les abonnés PlayStation Plus mécontents envisagent d’annuler leur abonnement

Illustration officielle du jeu PlayStation 5

**L’augmentation drastique des tarifs PlayStation Plus en 2023 provoque une vague de mécontentement parmi les abonnés. Beaucoup envisagent de ne pas renouveler leur abonnement, estimant que la qualité du service ne justifie pas cette hausse des prix. Sony risque-t-il de perdre gros face à cette fronde des joueurs ?**

La hausse des prix qui a mis le feu aux poudres

Je vais être cash : la pilule ne passe toujours pas. Presque deux ans après l’augmentation tarifaire de PlayStation Plus, j’ai encore du mal à avaler cette hausse brutale. Et je ne suis visiblement pas la seule à m’étrangler en voyant mon compte en banque se vider pour ce service.

En 2023, Sony a décidé de nous asséner un coup de massue financier sans vraiment nous préparer psychologiquement. L’abonnement Essential est passé de 59,99$ à 79,99$ par an. Pour Extra, on est monté de 99,99$ à 134,99$. Et le Premium ? Accroche-toi bien : de 119,99$ à 159,99$ ! Une augmentation d’environ un tiers pour chaque formule, rien que ça.

La justification officielle ? Permettre à Sony de « continuer à proposer des jeux de haute qualité et des avantages à valeur ajoutée » pour le service PlayStation Plus. Mouais, laisse-moi douter. Quand je regarde la sélection de jeux ces derniers mois, j’ai plutôt l’impression qu’on nous sert la même soupe, mais dans une assiette plus chère.

Sur Reddit, les témoignages se multiplient. Une utilisatrice que je suivais, GamerQueenZ, a lancé un fil de discussion explosif : « C’est fini, je laisse mon abonnement expirer sans le renouveler. Cette augmentation de prix est la goutte d’eau. » Et les commentaires ont afflué, tous dans le même sens : « Pourquoi payer plus pour moins ? »

Des joueurs de plus en plus désillusionnés

Je passe des heures sur les forums gaming, et les témoignages que j’y lis me donnent l’impression de vivre un véritable exode des abonnés PlayStation Plus. Beaucoup de joueurs vétérans, fidèles depuis une décennie, semblent jeter l’éponge.

MasterPixel42 explique : « Après réflexion, je me suis rendu compte que je ne touche quasiment jamais aux jeux mensuels que j’accumule depuis plus de 10 ans. Il serait moins cher pour moi d’acheter directement les titres qui m’intéressent plutôt que de payer l’abonnement annuel. »

Je comprends totalement ce sentiment. Combien de jeux ai-je « réclamés » chaque mois pour ne jamais y jouer ? Mon backlog virtuel est devenu une montagne infranchissable de titres que je ne lancerai probablement jamais. À quoi bon continuer à payer pour entretenir cette collection fantôme ?

Un autre témoignage qui m’a marquée, celui de NeonDreamer88 : « J’ai rejoint Extra Plus quand Stray est sorti en day-one, et j’en ai certainement tiré quelques avantages. Mais avec le temps, je réalise que je n’aime pas vraiment le modèle d’abonnement. J’ai laissé expirer le mien en début d’année et je m’éclate à parcourir mon propre backlog de jeux que je possède réellement. »

La propriété contre l’accès temporaire, un débat qui fait rage parmi nous, les joueurs. Personnellement, j’ai toujours préféré posséder mes jeux, pouvoir les ressortir dans dix ans si l’envie me prend. Avec un abonnement, tu paies pour un accès qui disparaît dès que tu arrêtes de payer. C’est comme louer un appartement à vie au lieu d’acheter sa maison.

La stratégie calculée de Sony

Soyons lucides une seconde. Sony n’a pas augmenté ses prix sans faire ses calculs au préalable. C’est une multinationale avec des armées d’analystes financiers, pas un studio indé qui tâtonne.

L’équation est simple et terriblement cynique : si les prix augmentent d’un tiers mais que moins d’un tiers des abonnés se désabonnent… Sony gagne plus d’argent qu’avant. C’est du pur calcul économique. Ils ont probablement anticipé une vague de désabonnements tout en pariant qu’elle resterait insuffisante pour impacter leurs profits.

Tu veux mon avis de gameuse qui ne mâche pas ses mots ? Sony a sciemment décidé de sacrifier une partie de sa base d’abonnés pour maximiser ses revenus. Ils ont préféré avoir moins d’abonnés qui paient plus cher, plutôt que plus d’abonnés qui paient moins. Une stratégie risquée mais potentiellement très lucrative.

Et j’avoue que ça me frustre profondément. Je me souviens encore de l’époque où PlayStation était synonyme de « For the Players ». Maintenant, j’ai plutôt l’impression que c’est « For the Shareholders ».

À moins d’une révolte massive qui toucherait vraiment leur bottom line, je ne vois pas Sony faire marche arrière sur ces augmentations. Et soyons honnêtes, beaucoup vont râler mais continuer à payer, parce qu’on est accros à nos jeux et qu’on veut pouvoir jouer en ligne. Les utilisateurs PlayStation Plus espèrent toujours voir arriver des grosses exclusivités comme Hogwarts Legacy pour justifier cette hausse, mais je n’y crois plus trop.

Que faire face à cette situation ?

J’ai passé des heures à me demander si je devais renouveler mon abonnement, et je suis sûre que tu te poses la même question. Voici mon conseil : fais tes comptes honnêtement.

Analyse combien de jeux « gratuits » mensuels tu as réellement lancés l’année dernière. Regarde combien d’heures tu passes en multijoueur en ligne. Et là, pose-toi LA question : est-ce que ça vaut vraiment le prix que Sony demande maintenant ?

Pour certains, la réponse sera oui. Si tu es un joueur hardcore de Call of Duty ou Fortnite, si tu profites vraiment du catalogue de jeux disponibles, alors peut-être que ça reste rentable pour toi. Mais pour beaucoup d’entre nous, la balance penche clairement du côté du « non ».

J’ai personnellement opté pour une solution intermédiaire : je passe à l’abonnement le moins cher uniquement quand je sais que je vais jouer en ligne intensément pendant quelques mois. Le reste du temps ? Je préfère acheter mes jeux en solde et les posséder pour de bon.

Tout bien considéré, le pouvoir est entre nos mains de joueurs. Si suffisamment d’entre nous votent avec leur portefeuille, Sony sera bien obligé de revoir sa copie. Mais pour l’instant, j’ai bien peur que leurs calculs froids ne se vérifient : même mécontents, nous restons nombreux à payer.

Cecile Garnier
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