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THE LAST OF US PART II : Le test garanti sans spoiler !

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Naughty Dog frappe fort avec The Last of Us Part 2 !

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Au moment d’écrire ces lignes, je viens tout juste de terminer The Last of Us 2 et je suis encore bouleversé par l’aventure que j’ai vécue. Il y a tellement de choses à dire sur le dernier jeu de Naughty Dog, par où commencer ?!

Bon… Je vais d’abord couper court au suspens, ce jeu est une pépite, le studio s’est surpassé pour nous offrir une expérience qu’on ne voit qu’une fois par génération.

Avec ce test, je vais essayer de vous expliquer pourquoi ce jeu est exceptionnel à bien des égards. Evidemment, avec le minimum de spoilers.

Cinq ans après les événements de The Last of Us, Ellie et Joel mènent une vie tranquille dans la ville de Jackson dans le Wyoming. Dans cette petite communauté bienveillante digne de la famille Ingalls, l’ado du premier épisode a bien grandie. Ellie a pris ses distances avec Joel et du haut de ses 19 piges, elle s’aventure régulièrement hors du camp pour effectuer des patrouilles, accompagnée de ses nouveaux amis.

Mais au cours de l’une de ses escapades de routine, un événement viendra bouleverser son quotidien et propulsera les protagonistes dans une spirale effroyable de violence.

Comme l’explique le directeur Neil Druckman dans la vidéo ci-dessus, Ellie n’aura qu’un seul objectif après ce drame, se venger à tout prix, quitte à en perdre son humanité.

Au fil de l’aventure, le studio nous embarque dans un roller-coaster émotionnel incroyable : peur, haine, amour, désespoir, rire, solitude…  Un cocktail explosif de sentiments qui devrait toucher même les joueurs les plus impassibles.

Faire passer autant d’émotions exige une excellente mise en scène et des personnages profonds. Et pour ça, on peut compter sur le savoir-faire de Naughty Dog.

Comme dans le premier épisode, tous les protagonistes sont authentiques et affichent chacun leurs forces et leurs fragilités. A aucun moment le studio tombe dans la facilité avec des rôles manichéens, on en vient presque à ressentir de l’empathie et des remords pour ses ennemis (pas pour les infectés, faut pas déconner non plus).

Côté mise en scène, c’est du grand art ! Les transitions entre le gameplay et les cinématiques sont simplement parfaites, chaque séquence vient s’emboîter naturellement comme dans un bon film. Troy Baker et Ashley Johnson, qui reprennent les rôles de Joel et Ellie, sont toujours aussi justes. D’ailleurs, les performances de tous les acteurs sont remarquables et, chose rare, les voix françaises sont également excellentes !

Cette qualité de narration ne se retrouve pas seulement dans les cinématiques mais aussi à travers les dialogues lors les phases de gameplay. Notre personnage sera bien souvent accompagné d’un ou de plusieurs acolytes avec qui il échangera tout le long de l’aventure et façonnera une solide complicité.

Il faut dire que l’écriture incisive du directeur créatif Neil Druckman et d’Halley Gross (Westworld) est diablement efficace et n’hésite pas à aborder des thèmes peu fréquents dans les jeux vidéo : dépression, homosexualité, torture…

Bien que justifiée par les événements et la période apocalyptique dans laquelle vivent nos personnages, la violence physique et psychologique est omniprésente, à tel point qu’elle pourra déstabiliser certains joueurs. Tout comme l’histoire qui ne manque pas d’audace, mais qui divisera à coup sûr les fans du premier épisode !

L’infection par Cordyceps

Dans l’univers de The Last of Us, 60% de la population a été tuée ou infectée par le champignon cordyceps. Ce champignon se développe chez son hôte progressivement en rongeant d’abord son cerveau et ses yeux, c’est pour cette raison que la plupart des infectés sont aveugles. L’infection gagne ensuite le reste du corps et peut produire d’énormes mutations.
En mourant, l’hôte reste dangereux car son cadavre commence à dégager des spores hautement contagieux. L’infection peut se propager si un individu respire ces spores ou s’il se fait mordre.

La mise en scène est évidemment sublimée par les compositions subtiles et discrètes de Gustavo Santaolalla qui a remporté deux Oscars de la meilleure musique de film pour Le Secret de Brokeback Mountain et Babel. Les thèmes à la guitare accompagnent toujours aussi magistralement l’aventure. Cet instrument occupe justement une place spéciale dans l’histoire qu’il vous faudra découvrir en jeu.

Encore une fois, les artistes de Naughty Dog ont frappé fort avec une direction artistique aux petits oignons. On retrouve cet univers post-apocalyptique déjà brillamment dépeint dans le premier épisode avec une nature qui reprend ses droits sur les vestiges de la civilisation.

Visuellement, c’est simplement magnifique avec des textures, une modélisation et des jeux de lumière exceptionnels. D’autant plus que les environnements sont variés, en particulier les intérieurs qui ne sont absolument pas génériques. Pas question de copier/coller dix fois les mêmes pièces. Magasins de disques, appartements, salle d’arcade, hôpital… Chaque endroit visité immortalise une part de vie des anciens occupants avec moults détails graphiques, mais aussi à travers des notes ou des artefacts à collectionner.

L’occasion d’en apprendre davantage sur le lore mais également de récupérer des indices, comme des codes pour déverrouiller des coffres souvent garnis de ressources.

Le level design pousse d’ailleurs à l’exploration avec des zones plus grandes et plus riches que dans le premier épisode. Cependant, soyons clairs, The Last of Us Part 2 n’a rien d’un jeu en monde ouvert. Mais à l’image d’Uncharted The Lost Legacy, les joueurs auront l’occasion, le temps d’un chapitre, d’arpenter le centre-ville de Seattle, une vaste zone à explorer à cheval, qui viendra casser un peu la linéarité de l’aventure.

On peut s’extasier longtemps devant les graphismes et en profiter pour prendre des clichés avec le mode photo, mais la prouesse technique vient surtout des animations. Je n’avais jamais vu des visages aussi bien retranscris depuis L.A. Noire. Les émotions véhiculées par la gestuelle et les visages sont incroyables de réalisme. Par exemple, en fonction des efforts ou de l’émotion des personnages, les veines ressortent, le teint de la peau change et les muscles se contractent. Le jeu fourmille de ces petits détails visuels et sonores qui rendent particulièrement satisfaisantes des actions anodines, comme briser une vitre ou recharger ses armes.

Bref, techniquement le titre est sublime et tourne sans sourciller à 30 fps sur PS4 et PS4 Pro, c’est d’autant plus impressionnant qu’aucun écran de chargement ne vient casser le rythme de l’aventure, jamais. Par contre, comme pour God of War, la console tire langue et souffle fort pour afficher une telle débauche visuelle, à tel point qu’il faudra parfois monter le son de la TV.

Parlons maintenant du gameplay qui reprend les bases du premier épisode. Il s’agit toujours d’un TPS qui fait la part belle à l’infiltration. Arc, couteau, 9mm avec silencieux… Ellie ne manque pas d’options pour tuer en toute discrétion. Cependant on aurait aimé plus d’innovations de ce côté là, il est par exemple toujours impossible de déplacer les corps de ses victimes.
Dommage, d’autant plus que si un ennemi tombe sur le cadavre de l’un des siens, il hurlera son nom (« oh non ils ont tué Kenny ! ») et lancera immédiatement des recherches. Dans ce cas, rien n’empêche de la jouer bourrin ou de choper un ennemi en guise de bouclier humain, cependant l’option la plus simple reste de prendre la fuite, le temps de réévaluer la situation. Et c’est là où réside la richesse du gameplay avec tout un tas d’options à disposition pour gérer ces rencontres.

Un mot sur les mises à mort qui sont très violentes, tirer au fusil à pompe dans le genou d’un pauvre gus enverra sa jambe virevolter alors qu’il agonisera en se tordant de douleur. Je pourrais aussi vous parler du geyser de sang et de chaire lorsque vous plantez une flèche explosive au milieu d’un groupe, âmes sensibles s’abstenir ! Il arrivera également que des ennemis vous supplient de les épargner, les imbéciles !

Les combats ont gagné en intensité grâce à une nouvelle palette de mouvements. Notamment une esquive au corps à corps façon Muhammad Ellie du plus bel effet.
Mais ce n’est pas tout, désormais, notre héroïne peut également sauter et nager, ce qui apporte une plus grande verticalité au level-design qui tire parti de ces nouvelles capacités. En plus de pouvoir se déplacer accroupie, il est possible aussi de ramper pour se dissimuler sous une voiture ou dans les herbes hautes afin de mieux surprendre ses ennemis.

Puisqu’on évoque les ennemis, l’IA est clairement plus agressive et vous devrez ajuster votre style de jeu selon les factions auxquelles vous ferez face. Par exemple, le groupe paramilitaire Wolf utilise des chiens pour pister leur proie, impossible de rester statique trop longtemps ! Ça ne va certainement pas plaire à 30 millions d’amis mais il faut absolument se débarrasser des cabots en priorité.

Ellie croisera aussi les Scars, des fanatiques endoctrinés, amoureux de la nature qui, accessoirement, pendent et éviscèrent tous les étrangers qu’ils leur tombent sous la main… Bref, des types finalement assez peu fréquentables, avec leur look tribal et leur sale manie de chasser en sifflant. Prenez quand même garde à leurs archers, car s’ils parviennent à vous toucher, il faudra marteler R1 pour extraire la flèche sous peine de subir des dégâts en continu.

Du côté de la team des Infectés, on retrouve les créatures du 1er opus : Coureurs, Rôdeurs, Colosses ou encore ces saloperies de Claqueurs toujours aussi flippants avec leurs horribles caquètements. Mais ils ont aussi pensé à recruter quelques collègues comme les Puants qui s’amusent à balancer des boules de spores ou encore des sortes de Gollum très agiles qui se déplacent en bande, sans faire de bruit, donc quasi invisibles même avec le mode Écoute.
Pour ceux qui n’ont pas joué au premier épisode, le mode Écoute permet de détecter la présence des ennemis à travers les murs grâce aux sons.

Evidemment, aucune de ces factions ne s’apprécie, les Wolf sont en guerre ouverte avec les Scars et les Infectés bouffent tout ce qui leur passe sous le champignon. Et comme Naughty Dog aime les choses bien faites, il est possible d’en tirer parti. Balancer une petite bouteille au milieu d’un groupe de Wolf quand les Claqueurs rôdent, ça fait des étincelles ! Et puis, les voir s’entretuer est plutôt satisfaisant. En plus ça permet d’économiser ses balles ! « Y a pas de petits profits » comme disait mamie !

Pour calmer tout ce petit monde, vous pourrez jouer les McGyver du dimanche en fabriquant des pièges, des cocktails molotov, des kits de soin, des munitions et autres joyeusetés. Pensez à récolter un max de bibelots (bouteilles, ciseaux, rubans…) au cours de vos pérégrinations. L’interface de craft est d’ailleurs la même que dans le premier, vous fabriquez vos objets sans jamais interrompre l’action.

Si les combats et l’infiltration représentent une bonne partie du gameplay, on note tout de même une certaine répétitivité dans le déroulement du jeu : baston, phase de loots, cinématique et on recommence ! Heureusement Naughty Dog dynamite parfois ce rythme pas toujours maîtrisé avec des phases de course poursuite frénétiques ou des séquences plus relaxantes.

Notamment avec des énigmes simples (trop simples ?) mais plutôt bien ficelées qui font appel au moteur physique du jeu. Par exemple, Ellie sera amenée à trouver un point d’accroche pour jeter un câble et s’en servir comme d’une liane.

On retrouve aussi de très nombreuses cinématiques et les fameuses séquences de jeu contemplatives si chères à Naughty Dog. Les joueurs les plus pressés trouveront peut-être ces moments un peu longs, les autres en profiteront pour faire davantage connaissance avec l’univers et les protagonistes.

Un univers qui, comme dans Life is Strange, s’enrichira grâce aux dessins et aux notes personnelles que consignera Ellie dans son carnet.

Le système de progression fait également son retour avec la possibilité d’améliorer ses armes en ramassant un peu partout des pièces détachées. Vous devrez ensuite dénicher un établi pour augmenter la réserve de munitions de votre fusil à pompe ou encore les dégâts de votre carabine. L’occasion d’admirer encore une fois le superbe travail d’animation du studio lorsqu’Ellie bricole ses flingues. En parlant des armes, les gunfights sont plus satisfaisants et nerveux qu’auparavant malgré une certaine difficulté à coller des headshots quand l’action s’emballe.

Il est également possible de personnaliser les capacités de notre personnage. Au début de l’aventure, on ne possède qu’une poignée de talents mais en progressant, vous trouverez des manuels qui débloqueront de nouvelles capacités actives et passives. Par exemple, avec le manuel d’entrainement explosif, Ellie pourra apprendre à fabriquer des flèches explosives ou des pièges plus efficaces.

Ces talents s’achètent ensuite avec des pilules appelées Stimulant que vous trouverez ici et là. Ce petit côté light-RPG est très sympa et permet de personnaliser son style de jeu. Par contre, il ne sera pas possible d’obtenir tous les talents en une seule partie, alors choisissez bien et ouvrez l’œil pour ne pas louper les ressources !

Et si comme moi, vous avez un TOC qui vous oblige à ratisser deux fois une zone pour être sûr de ne pas oublier le moindre rouleau de scotch, vous risquez de passer un certain temps avant de finir le jeu.  Pour les joueurs qui ne veulent pas perdre de temps à farfouiller, sachez qu’une option permet de détecter tous les objets interactifs aux alentours.
Perso, j’ai eu besoin de 35 heures pour en venir à bout en mode normal, c’est presque deux fois plus que le premier épisode (un mode New game + se débloque une fois l’aventure terminée).

D’ailleurs je vous conseille de jouer en Difficile afin de vivre l’aventure à fond ! Le mode Normal est finalement assez simple et le mode Survivant oblige à jouer presque exclusivement en furtif. Il est de toute façon possible de changer la difficulté à la volée et de paramétrer tout un tas d’options d’accessibilité : commandes, indices sonores, aides visuelles, affichage daltonien, synthèse vocale, aides à la navigation et au combat, etc. La personnalisation de l’expérience est considérable, je crois même que c’est du jamais vu dans un triple A.

Un dernier mot sur l’absence de multijoueur. Naughty Dog s’est concentré exclusivement sur l’expérience solo. Cependant, le studio indique que le mode Factions du premier épisode pourrait revenir mais à travers un jeu séparé.

croix petit Positif Points Positifs

  • Une mise en scène géniale et une histoire audacieuse.
  • Un univers réaliste et authentique.
  • Des personnages qui ne manquent pas de personnalité.
  • Un gameplay modernisé.
  • Visuellement superbe.
  • Des animations et un niveau de détail ahurissants.
  • Une très bonne durée de vie.
  • Une tonne d’options pour personnaliser l’expérience.
  • La partie audio très soignée (musique, voix, effets sonores).

croix petit Négatif Points Négatifs

  • Un rythme pas toujours maîtrisé avec quelques longueurs.
  • Une violence et une atmosphère pesante qui pourront déstabiliser une partie des joueurs.

The last of us part II

Notre avis - 10

10

Épique

Grandiose, touchant, audacieux, sublime… The Last of Us Part II collectionne les superlatifs pour nous embarquer dans une aventure viscérale à couper le souffle. Naughty Dog signe là sans aucun doute sa plus belle réussite, un chef d’œuvre à ne manquer sous aucun prétexte.

User Rating: 3.65 ( 13 votes)

THE LAST OF US PART II
Plateforme : PlayStation 4
Développeur : Naughty Dog
Éditeur : Sony

Genre : Action-aventure
Sortie : 19 juin 2020
Testé sur PS4 Pro à partir d’une version fournie par l’éditeur.

A propos de Djin

Lorsque le Djin des cavernes n’est pas en train de s’énerver sur Destiny, vous pouvez le trouver sur Reddit, il sort parfois de sa tanière pour décompresser avec le dernier event UFC. (Twitter : @Djin_Nxt)

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