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[TEST] Prison Architect

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Ah ! Voilà un jeu qui ravira les bâtisseurs et les gestionnaires ! Comme le titre l’indique vous incarnez dans Prison Architect un constructeur/gérant de prison, américain, missionné pour faire d’un terrain vague un établissement carcéral exemplaire, rentable et dont personne ne s’échappe !

Si vous êtes amateurs de séries télévisées carcérale comme  »Orange is the new black » ou « Prison Break », vous trouverez un certain plaisir à vous retrouver du bon côté des barreaux. Deux choix s’offrent alors à vous, soit vous êtes altruiste et essayez de satisfaire à tous les besoins de vos prisonniers pour faire de votre création un établissement modèle et humain : grande cellule, emploi du temps peu contraignant, divertissements, repas réguliers et de qualité. Ou bien, vous êtes d’un naturel répressif, vous pourrez mâter vos détenus à coups de matraque et d’isolement. Allez ! Quelques jours au frais dans 50 cm² ! Personne ne tue personne, dans cet établissement, à part moi et Z.

Une sensation toute particulière de satisfaction vous étreint à mesure que vous faites de vos quelques blocs insalubres un joyau inexpugnable de sûreté et d’organisation.

Au commencement Dieu créa les grilles.

La présentation du jeu rappelle celle des vieux Sim City avec une vue en plongée et en 2D. Vous commencerez par établir vos fondations, vos murs – que vos ouvriers bâtiront plus ou moins vite selon leur nombre – et attribuez des fonctions à vos structures (cellules, salles dédiées au personnel administratif, cour des prisonniers, cantine, etc.). Le temps se déroule selon une journée classique de 24 h durant laquelle toutes les personnes de la prison bossent, mangent (à l’heure dite !!), dorment, se battent, dérobent, trafiquent ou creusent pour se faire la malle.

Gardiens ! Coincez moi cet enragé !
Gardiens ! Coincez-moi cet enragé !

Les développeurs d’Introversion Software ont arrêté leur choix sur un style graphique minimaliste, qui permet d’afficher clairement à l’écran chacun de vos employés et de vos pensionnaires.

L’atmosphère sonore est assez sobre, on note l’absence de musique qui rend l’ambiance maussade et tristounette (une prison quoi !). Cela dit, les sons d’ambiance, des émeutes en particulier, et de l’interface sont tout à fait corrects.

Je ne veux voir aucune ride à la surface de l’eau, ni aucun trouble incongru.

Les joies de la privatisation vous permettront d’adopter une foule de paramètres et de règlements, organisant au poil près l’élaboration de votre prison : administration, travail carcéral, permissions, emplois du temps de vos détenus, heures et itinéraires des tours de garde, maîtres chiens, nombre de repas, fouilles, punitions, programme de réinsertion ou de désintoxication, caméras, portes automatiques ou blindés et j’en passe, de quoi faire de votre établissement une véritable forteresse aux mécaniques bien huilées… Trop bien huilées. On aurait, en effet, aimé rencontrer plus de résistance, plus d’émeutes, de dilemmes, d’événements aléatoires.

Tiens voilà du boudin
Tiens voilà du boudin !

Une fois que vous avez saisi les étapes clés de la construction, le jeu offre un intérêt moindre. Les développeurs ont bien tenté de corser l’affaire avec un « mode évasion » dans lequel vous vous confrontez à la sécurité de votre propre établissement, mais même si c’est une bonne idée, on sent bien qu’il s’agit là, d’un « bricolage » de la part des créateurs étant donné l’absence d’IA. Il sera amusant de tester les interactions possibles avec les objets de contrebande ou de trouver la relative faiblesse de sa propre prison… Cela vous occupera 2 heures.

Un bon règlement réduit la récidive !
Un bon règlement réduit la récidive !

Des psychopathes, des pervers, des violeurs… Toute la pouillerie de la terre.

Avant de vous lancer dans de nouvelles constructions, il vous faudra payer vos employés, rubis sur ongle. D’ailleurs on peut déplorer la docilité bien excessive de ces derniers : pas de risque de grève, pas d’absence, de congé maladie, d’employés violents, tout cela collerait bien à cet univers réaliste mais nous pouvons reposer pas mal d’espoirs sur les futures mises à jour.

Les détenus, quant à eux, sont bien mieux gâtés. En effet, vous possédez un dossier pour chacun de vos pensionnaires qui vous permet de vous enquérir sur leurs antécédents judiciaires, leur type de personnalité, le nombre d’années qu’ils leur reste à tirer. Il vous est aussi possible de décider de sanctions exceptionnelles, et à cet égard, de profiter de leur petit stage en isolement pour les recruter en tant qu’informateur secret. Ils vous communiqueront alors de précieuses informations sur les caractéristiques de vos détenus les plus dangereux. Attention néanmoins, si votre indicateur est soupçonné d’être une balance, « toute la pouillerie de la terre » risque de lui tomber dessus.

Recruter des informateurs peut sauver des vies
Recruter des informateurs peut sauver des vies

Ton flouze, ton oseille, ton pognon, ton pèze, ton fric, ton blé.

Vous devrez évidemment prendre soin d’équilibrer votre budget. Pour ce faire, profitez des subventions fédérales, sortes de mini-quêtes (par exemple trouver 30 objets de contrebande) qui une fois accomplies, vous permettront de remplir vos caisses. Limitez le nombre de vos employés, faites travailler vos prisonniers pour une somme modique, n’oubliez pas que chaque bagnard supplémentaire admis dans votre établissement vous apporte une prime et un revenu supplémentaire, proportionnel à leur dangerosité définie par un code couleur sur leur vêtement qui va du blanc au rouge vif.

Débloquer réduction de responsabilité vous permettra de réduire le nombre de procédures d'appel dont peut bénéficier un condamné à mort, chouette non ?
Débloquer réduction de responsabilité vous permettra de réduire le nombre de procédures d’appel dont peut bénéficier un condamné à mort, chouette non ?

Les développeurs ont également mis à notre disposition un arbre technologique qui nous autorise, contre quelques milliers de dollars, à débloquer toutes ces possibilités. Cela dit, en l’état actuel du développement du jeu, le choix de déblocage de nouvelles possibilités n’offrent au joueur aucune approche stratégique : la plupart des améliorations coûte peu chère, mettent peu de temps à se déverrouiller et sont toutes déblocables. Pas vraiment d’enjeux ici donc, même si vous devez gérer les priorités.

Mes chers concitoyens,

Le mode campagne vous permet d’accéder progressivement à la subtilité du jeu, avec en fil rouge scénaristique, la question de la réinsertion des prisonniers et le destin des membres d’une famille de la pègre. Sans être très fouillée, la trame apporte un peu de cachet à une ambiance de cimetière, mais pour être très franc ce n’est clairement pas dans l’intrigue que l’énergie des développeurs a été déployée.

Tandis qu'Oberlerchner va servir de dinde a Thanksgiving la campagne suit son cours
Tandis qu’Oberlerchner va servir de dinde à Thanksgiving la campagne suit son cours

En substance voilà l’intrigue de la campagne qu’on pourrait résumer de deux façons :

  • « Adeptes de Foucault ! Faites de nos prisons des écoles de vie, des sanctuaires de resocialisations, des temples de la réinsertion. Des égarés, faites des citoyens ! Des marginaux faites des responsables ! A la fatalité apportez l’espoir ! La prévention voilà le maître mot.
  • Adeptes de Hobbes ! L’homme est un loup pour l’homme, telle est la nature humaine. Neutralisez les récidivistes, punissez les récalcitrants, ils doivent payer pour leurs victimes, ils sont incompatibles avec notre société. Faites régner l’ordre et la sécurité. Ne soyez pas bon jusqu’à la faiblesse, la répression est la meilleure des bergères. »

Idéal pour pimenter un cours d’éducation civique et morale… Au moins cet aspect du jeu a le mérite de nous interroger sur la question, puisque vous aurez le choix d’installer ou non les infrastructures nécessaires à l’application de la peine capitale.

croix petit Positif  Points Positifs :

  • Une importante diversité et une grande richesse d’action.
  • Les fiches des détenus.
  • Diminuer la contrebande et empêcher les tentatives d’évasion, un régal !
  • Les subtilités de l’univers carcéral bien retranscrites.
  • La gestion de votre espace, des salles communes, et des quartiers de haute sécurité.

croix petit Négatif  Points Négatifs :

  • Un personnel qui ne se plaint jamais (de vrais robots !)
  • Pas de musique
  • Un mode évasion brouillon
  • Pas de choix de difficulté
  • Trop facile !

Prison Architect

Notre avis - 7

7

Bon

Prison Architect fait partie de ces jeux rafraîchissants aux concepts originaux que peuvent nous apporter les studios indépendants. L'aspect gestionnaire et administratif est brillamment réussi, les possibilités sont nombreuses, l'architecture de votre prison peut varier à l’infini. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'importante diversité des détenus et la question de leur cohabitation met au défi votre imagination et vos talents d'organisateur !

User Rating: 4.48 ( 3 votes)

Prison Architect
Plateforme : PC, Mac
Développeur : Introversion Software
Genre : Gestion
Éditeur : Introversion Software
Sortie : 6 octobre 2015

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